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« Gabby ? » retentit la voix de Harry en provenance de l'âtre de la cheminée.

« Oui, Harry ? » s'enquit-elle, en levant les yeux de son bureau, sur lequel voletait diligemment sa plume.

« Que fais-tu demain ? »

Elle adressa un regard las à la pile de paperasse qui se tenait effrontément devant elle, poussa un soupir, et reporta son regard sur lui, un sourcil haussé.

« S'il te faut travailler, que dirais-tu d'avancer sur ton projet de fin d'études ? »

Elle marqua une pause et se tourna complètement vers lui, une expression pleine d'espoir inscrite sur son visage aux traits fins.

« Nous avons tous les deux besoin d'un jour de repos, aussi escomptais-je t'amener quelque part afin de passer une journée où nous discuterions de choses autre que le Quidditch. »

« Cela me semble délicieusement tentant. » commenta-t-elle avec un sourire. « Dois-je porter quelque chose de spécial ? »

« Des vêtements confortables, habille-toi un peu chaudement cependant; il se peut qu'il fasse frisquet. »

Elle acquiesça.

« Je viendrai te chercher à neuf heures. » La tête qui flottait au-dessus des flammes de la cheminée s'interrompit un moment avant de reprendre. « Tu as été excellente aujourd'hui. »

« Merci. » répondit-elle avec un sourire radieux alors qu'il disparaissait. Elle posa sa plume. Il n'avait vraiment aucune idée de l'effet qu'il lui faisait. Il lui serait impossible de rester concentrée sur son travail à présent, puisqu'elle préférait dès lors penser à ce qu'ils allaient faire le lendemain plutôt que de soucier des effets de la Révolution Française sur le traitement des Géants.

Elle se dirigea vers son placard et entreprit de passer en revue les vêtements qu'elle avait à sa disposition à l'école. Elle fut tentée de solliciter l'assistance de Fleur, mais elle préféra essayer de se débrouiller toute seule.

Un jean s'imposait comme une évidence; non seulement étaient-ils chauds, mais ils avaient la propriété appréciable de mettre en valeur ses jambes et son fessier. Le réel problème résidait dans le haut avec lequel l'assortir. Elle parcourut l'ensemble de ses tee-shirts avant de passer à ses pulls.

Elle sortit un pull blanc qu'elle plaça contre elle et secoua la tête devant son reflet; cela la ferait paraître trop pâle à la lueur d'un soleil de fin d'automne. Elle avait besoin de quelque chose de plus sombre. Un pull noir fut écarté tout aussi vite, mais un gilet ouatiné aux couleurs bleu-gris retint son attention. C'était parfait. Il faisait paraître ses yeux plus gris qu'ils n'étaient bleus et les rendaient d'autant plus mystérieux. Une paire de chaussures de sport grises complèteraient parfaitement sa tenue.

Elle opta pour laisser ses cheveux libres, car s'ils allaient se trouver à l'extérieur, ils s'en trouveraient bien plus à leur avantage ainsi dans le vent – ce qui était la raison pour laquelle ses pouvoirs de Vélane créaient une douce brise à chaque fois qu'elle avait recours à eux.

Elle lança un regard quelque peu abattu à son lit. Malgré tout le désir qu'elle avait de dormir, la dissertation qu'elle avait à faire était bien plus importante. Elle n'allait pas risquer l'obtention de son diplôme avec une année d'avance pour seulement quelques heures de sommeil en plus.


A neuf heures tapantes, elle était fin prête. Elle avait été prête depuis plus de quarante minutes bien qu'elle ne l'avouerait jamais à quiconque. Sa tenue avait été changée à maintes reprises, jusqu'à ce que, de guerre lasse, elle ne se décide à s'en tenir à la tenue qu'elle avait choisie la veille, et elle dut s'admettre qu'elle était légèrement nerveuse. C'était la première fois qu'il prenait l'initiative pour faire quelque chose en sa compagnie et elle désirait que tout se passe à la perfection – aussi parfaitement que tout puisse aller avec lui.

Elle jeta un dernier coup d'œil au miroir et sourit à son reflet. C'était l'une des choses pour lesquelles elle était reconnaissante envers son héritage de Vélane; elle paraissait toujours à son avantage et le pull gris qu'elle portait se faisait certainement fort d'accentuer cet état de fait.

« Prête ? » l'interpella Harry depuis le feu de l'être.

« Mais certainement. » sourit-elle en traversant le feu pour se retrouver dans les quartiers du jeune professeur.

« J'ai pensé que nous pourrions nous rendre chez tes parents et Transplaner de là-bas, comme la dernière fois. »

« Très bien. » lui sourit-elle.

Il plaça un bras autour d'elle, et elle se fit violence pour ne pas se blottir contre lui. Elle remarqua à peine le désagréable tourbillonnement que provoquait le voyage par Poudre de Cheminette, préférant mettre ce moment à profit pour se réhabituer au sentiment d'être à nouveau étreinte par son Compagnon.

Elle ne pensait pas que ses parents seraient déjà levés, aussi ne se sentit-elle pas coupable de ne pas s'arrêter pour leur dire bonjour.

Dès qu'ils furent sortis de la maison et qu'ils eurent passés les limites des champs de Protection du domaine des Delacour, il la prit dans une douce étreinte et ils disparurent.

Ils réapparurent sur un sinueux chemin pavé. En face d'elle se trouvaient les ruines de ce qui devait avoir été un bâtiment de facture médiévale. « Où sommes-nous ? »

« Tintagel. »

« Vraiment ? » pressa-t-elle avec excitation.

Il opina du chef. « Que sais-tu de cet endroit ? »

« C'est le domaine légendaire du Roi Arthur sur la côte Ouest de Cornwall. Il a été bâti au cours du treizième siècle. »

Il esquissa un sourire et enlaça ses bras autours d'elle. « J'ai pensé que nous pourrions descendre jusqu'à la plage et jeter un coup d'œil aux environs. »

Elle eut un sourire éclatant et saisit avec ravissement l'opportunité de se blottir contre lui. C'était tout simplement parfait, un lieu qu'elle n'avait jamais vu, riche d'une histoire et de perspectives éducatives, et plus important encore, une occasion d'être seule avec lui, sans avoir à se soucier de personne d'autre.

« Savais-tu que les Moldus ne se prononcent toujours pas avec certitude sur le fait que le Roi Arthur a réellement existé ? » interrogea-t-il. « Ils pensent que ça aurait pu être Geoffroy de Monmouth qui aurait inventé l'histoire principale, et que d'autres après lui en auraient rajouté.

« Nous sommes les seuls à savoir la vérité, grâce à Merlin, le plus grand sorcier de l'histoire. »

« Pourquoi dis-tu cela ? » demanda Gabrielle d'une voix douce.

« Quoi donc ? »

« Que Merlin était le plus grand des Sorciers ? »

« Parce qu'il a fait sortir le pays des Ages Sombres dans lesquels la Communauté Magique l'avait plongé, tout en portant assistance aux Moldus à part égale. Pendant plus de quatre-vingt ans, avec tout d'abord le concours d'Uther Pendragon, puis d'Arthur, il a instauré une ère de stabilité qui, si toutes les archives Moldus n'avaient pas été détruites, serait de nos jours considérée par tous comme utopique. Il était le conseiller du Roi; tout le monde connaissait sa condition de Sorcier mais à une époque où le reste du monde brûlait les Sorciers, il était accepté et reconnu par tous comme le conseiller des Rois. Tandis qu'il aidait le monde Moldu à se construire, il était en même temps en train de créer ce qui est devenu le Ministère de la Magie moderne.

« Les descriptions qu'il a laissées à propos de Camelot sont magnifiques, une société fondée sur la liberté, l'espoir, et l'honnêteté. »

« Du moins jusqu'à ce que les Moldus la ruine avec leurs aventures extraconjugales, leurs trahisons et leurs luttes intestines. » acheva Gabrielle.

« Oh non. » contredit Harry en lui souriant. « La partie sur les aventures extraconjugales n'est pas véridique. Gwenhwyfar ne trompait pas son mari avec Lancelot; elle aimait Arthur de toute son âme, et lorsque Lancelot a tenté de la circonvenir, il a été plus que violemment repoussé. Lancelot n'était pas exactement aussi pur que les légendes le prétendent par ailleurs, en dépit de sa filiation à un Baron Français. Il était un escroc menteur qui dilapidait son argent aussitôt que son père le lui en octroyait avant de s'enrôler comme mercenaire, pour finir par se retrouver à Camelot, où il fut invité à rejoindre la Table Ronde simplement en raison de sa force au combat.

« Et la partie sur le Saint-Graal, ainsi que Galahad ? Je suppose que Merlin ne pourrait pas dire qu'il avait envoyé les meilleurs des Chevaliers pour cette quête car les Moldus des Terres Extérieures prévoyaient d'envahir ce que nous connaissons de nos jours sous le nom de Pré-au-Lard, et il leur avait demandé de le protéger pour aussi longtemps qu'il serait nécessaire.

« Merlin a mis tout son cœur et son âme dans la construction de Camelot; il a prié pour qu'il vive à jamais, mais il n'a pas réalisé qu'il était lui-même la clé de voûte pour que ce souhait se réalise. Ainsi, lorsqu'il mourut, à l'âge de deux cent treize ans, il ne demeura plus que Arthur et Gwenhwyfar. Ils régnèrent en paix pendant un temps, jusqu'à ce que Lancelot, voyant sa chance venue, lève une armée pour assaillir Camelot.

« La bataille fut féroce; une partie se battant pour ses idéaux et ses valeurs, l'autre pour les légendaires richesses de la cour du Roi Arthur.

« Arthur finit par l'emporter, mais il fut grièvement blessé lors d'un duel contre Lancelot. Lancelot fut tué, et Arthur s'éteignit peu après.

« Gwenhwyfar apporta son corps à Nimuë, la Dame du Lac, qui accepta Arthur et le porta à Avalon, où il réside toujours jusqu'à ce jour, son corps préservé pour l'éternité, le seul Moldu à avoir jamais été accordé droit d'entrée.

« Gwenhwyfar quitta Camelot et entra dans un couvent, où elle vécut pendant six mois, avant de mourir d'une pneumonie.

« Sans ses charismatiques souverains, Camelot ne tarda pas à s'effondrer, et quelques années plus tard, le Roi Pellinore ordonna que toutes les traces et archives de l'existence de Camelot, Arthur, Merlin et tous les autres soient détruits, afin que le peuple cesse de parler de l'Ere d'Or.

« Et se faisant, il a assuré la pérennité de La légende Arthurienne, à jamais. »

Gabrielle observait son Compagnon avec un regard proche de la révérence. Elle avait pensé connaître son Compagnon, et pourtant à chaque fois qu'ils se retrouvaient seuls, il parvenait à la surprendre un peu plus. « Comment sais-tu tout ça ? » s'enquit-elle.

« Les carnets de Merlin. » répondit-il d'une voix douce. « Je les ai lus durant une visite l'année dernière. Ils étaient fascinants; certains des sorts décrits étaient saisissants dans leur majesté. Il avait un réel don pour la magie et pour rendre simple les choses les plus compliquées qui soient. »

Il avança de quelques pas et s'arrêta à côté d'un mur délabré, qui vaillant avait subi les siècles avec le stoïcisme de la pierre de granit qui la composait, et qui constituait en un légat fait de roche d'un complexe de légende dont l'existence avait été perdue dans les sables de l'Histoire. Elle sauta sur le mur et s'assit, en tailleur, afin d'être à son niveau. « Je t'ai toujours imaginé comme étant semblable au Arthur des légendes. »

« Moi ? » fit Harry avec perplexité.

« Toi. » confirma-t-elle avec un sourire. « Arthur a été enlevé à ses parents et élevé dans le plus grand secret, sans avoir aucune idée de qui il était réellement. Il a servi comme garçon de cuisine, tandis que son beau-frère se vautrait dans le luxe.

« Et puis un jour, tout changea. Loin d'être ordinaire, on lui informa qu'il était le roi sur lequel tout le monde comptait pour les rallier et les unifier en un seul groupe.

« Il avait un vieux, et vénérable sorcier à qui il faisait implicitement confiance, et en dépit de son âge, il était un héros. Il faisait ce qu'il devait faire parce qu'il n'y avait personne mieux qualifié pour le faire; bien qu'il n'aurait jamais reconnu cela.

« Il était brave et sage; implacable sur le champ de bataille, et au moment où tout le monde s'accorderait à dire qu'ils le connaissaient; il dirait ou ferait quelque chose qui remettrait en cause toutes leurs présomptions. »

Harry rougit un peu. « Je ne suis pas comme ça. » protesta-t-il faiblement.

« Oh, mais tu l'es, Harry. » insista-t-elle, en levant son bras et en saisissant sa main, qu'elle plaça sur ses genoux afin d'y pouvoir faire délicatement courir ses doigts.

« Chacun de vous deux êtes des enfants voués à de grands destins : l'un pour unifier une nation, l'autre pour libérer une nation de la tyrannie du mal.

« Uther Pendragon a confié son enfant à Merlin. Les tiens ont été tués et Dumbledore a pris le contrôle de ta vie. Merlin a placé Arthur en un endroit où il était traité comme une personne ordinaire. Dumbledore t'a placé chez ta tante dans le même but. Mais c'est là ou les choses diffèrent, et nous prouvent que Dumbledore n'était ni aussi sage ni aussi bon que Merlin.

« Merlin a prêté une grande attention à Arthur; il voulait qu'il apprenne l'humilité, mais aussi qu'il ait une bonne vie. Dumbledore t'a jeté comme un déchet et t'a ignoré jusqu'à ce que tu puisses lui être de nouveau utile.

« Merlin a créé l'épée fichée dans la pierre pour donner à Arthur le surplus de confiance dont il avait besoin; Dumbledore n'a pas interféré alors que toi et tes amis sauviez la Pierre Philosophale. A chaque fois qu'Arthur avait besoin de lui, Merlin était présent avec un conseil à lui prodiguer, et une fois qu'Arthur eut conscience de sa destinée, Merlin n'eut plus de secrets pour lui. Dumbledore a continué à te cacher des choses au fil des années, te poussant ainsi à commettre bien plus d'erreurs que tu n'en aurais faites autrement.

« Mais quand vint le moment où tout reposait sur les deux enfants du destin, ils ont tous deux tenu de pied ferme, ils ont refusé de s'avouer vaincu, et on fait ce qu'ils devaient faire. Ils ont trouvé la force en eux, qui leur a permis, quand ils furent seuls et au plus profond des ténèbres, de l'emporter envers et contre tout.

« Arthur l'a emporté grâce à Merlin. Tu l'as emporté malgré Dumbledore. C'est pourquoi je pense que dans les années à venir, si la vérité finit par être révélée, tu deviendras une plus grande légende qu'Arthur, et c'est pourquoi je pense que tu figureras parmi les plus grands Sorciers de l'Histoire aux côtés même de Merlin. »

Il tenta d'enlever sa main, mais elle affermit sa prise, l'obligeant à croiser son regard. Elle tenta de convoyer toute son inébranlable foi en lui dans ce regard, afin qu'il sache qu'elle pensait chacun des mots qu'elle lui avait dits.

« Je ne suis pas un héros. » trancha-t-il avec colère, ses yeux s'embrasant avant de se dérober aux siens.

Soudainement, elle comprit. Son monologue sur les héros lui avait fait croire qu'elle n'était qu'une personne de plus amoureuse de sa célébrité.

« Harry. » l'enjoignit-elle d'une voix douce. « Regarde-moi. »

Il obtempéra avec une réticence marquée. « Je ne t'aime pas à cause de la célébrité que ton héroïsme peut t'apporter. Quand je t'ai rencontré, je t'ai aimé; tu étais déjà mon héros; cela fait partie de toi, à tel point que cela te définit. L'héroïsme est une partie de toi, Harry, et une partie de toi que je ne pourrai jamais perdre. Mais ce n'est pas la seule facette de ton être, ni n'est-ce la seule raison pour laquelle je t'aime. Ce fut la première raison, mais ce ne sera jamais la dernière.

« Je t'aime parce que lorsque tu me souris, cela fait palpiter mon cœur. Je t'aime parce que tu m'emmènes voir un château historique et que tu me racontes des récits oubliés sur les gens qui y ont vécu et qui me donnent envie d'en apprendre plus à leur propos avec toi. Je t'aime parce que tu cette habilité de te concentrer intensément sur ce que tu es en train de faire, et j'aimerais que tu te concentres ainsi sur moi. Je t'aime parce que tu es bon, parce que tu es grincheux, parce que tu peux être une véritable tête de mule obstinée.

« Je suis une petite fille de riche un peu gâtée et je me plais à l'être. Mais quand je suis avec toi, sans même en être conscient, tu me fais me sentir comme la fille la plus chanceuse au monde. Je t'aime parce que tu ne m'as jamais condamnée pour une erreur que j'ai faite à l'âge de huit ans, et que tu me donnes une chance de gagner ton cœur.

« Tu pourrais arrêter le Quidditch aujourd'hui même que je n'en aurai cure. Je t'adjurerais de ne pas le faire, parce que tu aimes ça, mais je t'implorerais pour toi et non pas pour moi. Tu pourrais abandonner tout ton argent et être pauvre que je t'aimerais quand même. Parce que tu ne peux pas abandonner ces parties de toi que je chéris de tout mon cœur. Tu ne peux pas abandonner ta noblesse, ton sens de l'humour, ou ton courage.

« Je t'aime Harry Potter, et si tu voulais bien me le permettre, je passerais tout le reste de nos vies à te prouver à quel point exactement je tiens à toi.

Il avait cessé toute tentative pour retirer sa main vers le début de sa déclaration, et à présent il la contemplait, vulnérable et quelque peu perdu, et elle sentit son cœur se briser un peu plus. A l'intérieur de lui, il était toujours ce petit garçon en manque d'amour et d'affection. Sa haine envers Dumbledore atteignit de nouveaux sommets – quelque chose qu'elle n'aurait pas crue possible quelques instants plus tôt. Car ce qu'il avait fait subir à Harry excédait de loin la manière dont il l'avait inconsciemment livrée aux Etres de l'eau.

Comment les Dursley pouvaient traiter un garçon comme Harry était une question dont le caractère rhétorique continuait à lui donner des cauchemars.

Elle le fit approcher plus près d'elle; il se mut sans résister, et elle glissa sur le côté s'agenouillant sur la pierre dure et rugueuse, plaçant la tête de son Compagnon sur son épaule, et posant ses bras autour de son torse, dans une étreinte silencieuse.

Après une minute, il parut se détendre, ses mains se murent autour d'elle, et il glissa son visage au creux du cou de Gabrielle, puis exhala.

Il poussa un profond soupir avant de se redresser en lui souriant. « Merci. On continue ? »

Elle acquiesça et posa sa main sur le mur pour assurer sa descente. Elle tendit la main et esquissa un sourire quand il s'en empara.

Ils marchèrent dans un silence agréable sur un chemin escarpé qui les fit descendre jusqu'à une plage rocailleuse. Elle contempla les alentours avec le plus vif intérêt, passant autant de temps à observer les Moldus que le paysage.

Une fois arrivés à la plage, il la conduisit en direction de ce qui semblait être un large gouffre creusé à-même la falaise. « Les Moldus appellent ça la 'Grotte de Merlin' » l'informa-t-il. « Alfred 'Lord' Tennyson l'a décrite, dans un des tous premiers récits modernes d'Arthur, comme étant l'endroit où Merlin trouva Arthur avant de l'amener en sécurité. »

Ils pénétrèrent la sombre grotte, s'arrêtant une seconde pour laisser leurs yeux s'habituer à l'obscurité. La grotte était pleine de Moldus examinant les environs et déambulant de long en large, mais Harry les ignora, et la conduisit jusqu'au fond.

Il se déplaça de telle sorte qu'il se retrouva penché contre le mur et il la serra contre lui. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il faisait et s'en souciait tout aussi nullement. S'il désirait simplement rester debout dans une grotte et la tenir contre lui, elle était plus qu'heureuse de se prêter au jeu – il lui semblait que c'était là une excellente idée, d'ailleurs.

Il souffla quelque chose qu'elle ne parvint pas à saisir et elle dut réprimer un cri quand ils tombèrent tous deux à travers le mur contre lequel il s'était appuyé.

« C'est stupéfiant. » murmura-t-elle émerveillée tandis qu'elle contemplait ses alentours. Ils se trouvaient dans une nouvelle grotte qui semblait avoir été taillée dans du quartz naturel. Un petit trou au plafond fournissait la lumière que le quartz reflétait un million de fois, si bien que c'en était presque trop éblouissant.

Au centre de la grotte se trouvait un catafalque funéraire. Dessus, reposait un homme dans une posture de repos traditionnelle – entièrement encastré dans du cristal. L'homme était parfaitement préservé; il paraissait très vieux, avec une petite barbe grise. Ses yeux étaient clos, et son visage donnait l'impression d'une personne qui avait embrassé pleinement la vie mais qui avait été frappé par la tragédie.

« Bienvenue dans la dernière demeure de Merlin. » murmura respectueusement Harry. « Après sa mort, Arthur l'a porté ici et a demandé à un autre sorcier de confectionner ce cercueil. Ils désiraient faire quelque chose pour que les générations futures puissent être en mesure de voir l'homme qui est parvenu à créer l'Utopie.

« Il a reposé ici en toute quiétude pendant presque un millier d'années. »

« Comment l'as-tu découvert ? » l'interrogea-t-elle dans un murmure.

« Je suis venu visité les lieux l'année dernière comme un touriste Moldu, et durant cette visite, j'ai pu sentir que quelque chose clochait avec le lieu, comme s'il aurait dû être plus grand qu'il ne l'était, et il y avait une source de magie qui semblait tracasser mon esprit. Je suis revenu une nuit et j'ai lancé quelques sorts et j'ai trouvé cet endroit. Et ici, » il se dirigea vers un coin, « se trouve la copie originale du Journal de Merlin, la version non éditée. »

« Harry, » s'exclama-t-elle, « pourquoi n'as-tu parlé à personne de cet endroit ? »

Il poussa un petit soupir. « Pourquoi ? Parce qu'il mérite de rester intact, vierge de toute souillure. Je pense à des gens comme Fudge, ou Dumbledore, ou Scrimgeour usant de cet endroit comme un atout politique, ou pire, un million de Sorciers venant s'extasier devant lui et parler de faits dont ils ne savent rien, et cela m'horrifie. Il mérite mieux que ça; il mérite de reposer en paix. »

« Alors pourquoi m'as-tu montrée cet endroit ? » s'enquit d'une voix douce, en levant lentement le bras pour l'effleurer.

« Parce que je veux que tu apprennes à me connaître correctement. » avoua-t-il en saisissant sa main. « Tu m'as dit que tu es amoureuse de moi, mais ça ne peut pas être vrai, parce que tu ne connais qu'une facette de moi. Tu connais le côté que je montre à mes amis, le côté que je montre au publique, mais ce n'est pas moi. Je te l'ai montré parce que j'ai toujours été seul, Gabby, et je ne veux plus être seul.

« Je suis un homme qui est parfois plus à l'aise avec les personnes mortes qu'avec les vivantes, quelqu'un qui aime l'histoire autant qu'il aime le sport et qui dissimule son véritable visage au monde pour sa propre santé mentale. »

Elle secoua sa tête lentement. « Non, Harry, tu ne comprends pas ce que je veux dire. Je peux t'aimer réellement sans te connaître entièrement. C'est une autre facette de toi, et oui, l'apprendre me fera t'aimer davantage, mais cela ne change en rien qui tu es à l'intérieur.

Elle se tut pendant une seconde avant de prendre une profonde inspiration. « Tu as passé la nuit avec quatre filles différentes. »

Il cligna des yeux au brusque changement de sujet et la fixa du regard avec perplexité. « Trois. » corrigea-t-il doucement.

Elle secoua sa tête avec un maigre sourire. « Quatre, Harry, même si tu n'as jamais parlé d'elle à quiconque, et non, elle n'a rien dit non plus. »

« Comment l'as-tu su ? » demanda-t-il.

« Parce que à chaque fois j'en étais malade; je devenais léthargique et apathique, avant de passer la journée dans mon lit, à pleurer. »

« Je suis… » commença-t-il.

« N'ose même pas t'excuser. » lui souffla-t-elle avec chaleur, son index se posant sur ses lèvres. « C'était la réponse du Lien au plaisir que tu éprouvais avec une autre fille et à chaque fois, je me demandais si le Lien allait faillir, s'il allait disparaître complètement. »

« Comment ? » s'enquit-il

« Considère-le comme étant une ligne de canne à pêche, bien que je n'aime pas vraiment cette analogie. Lorsque nous étions séparés, elle était là, me protégeant. Mais si tu en étais venu à soudainement tomber amoureux d'une femme qui en aurait été digne, cela aurait été comme essayer d'attraper un requin avec un jouet pour enfant. Tu aurais brisé le Lien sans même le savoir. »

« Mais… »

Elle secoua doucement sa tête. « Non, le Lien était là, et a fait son office. Tu n'as jamais été à l'aise autour d'autres femmes et donc tu n'es jamais tombé amoureux comme une personne normale. Ma souffrance m'a néanmoins permise de garder espoir car cela signifiait que le Lien continuait d'exister et que si tu n'étais tombé amoureux de personne, cela voulait dire que j'aurais ma chance afin de te montrer que je t'aime et que je pouvais te rendre plus heureux que n'importe qui d'autre au monde.

« Te souviens-tu de ce que tu as ressenti lorsque tu as remporté la Ligue pour la première fois ? »

Il opina du chef et sourit.

« Cette nuit était pour moi un bal d'école, et j'ai dansé toute la nuit. J'étais si heureuse parce que je savais que tu étais heureux, et le matin suivant, alors que tu souffrais d'une gueule de bois, j'ai pensé à rompre le Lien. »

« Pourquoi ? » demanda-t-il, une expression confuse sur son visage.

« Afin que tu puisses retourner à ta vie sans avoir rien su du Lien; je pouvais me rendre folle à en mourir et te rendre la liberté que je t'avais volée. »

« Pourquoi ne l'as-tu pas fait ? » s'enquit-il. Le ton de sa voix était curieux et non accusateur.

« Parce que j'ai senti que c'était lâche de ma part. » confessa-t-elle. « J'ai créé ce problème, je me devais de le résoudre. Mourir t'aurais peut-être libéré, mais cela n'aurait jamais remplacé toutes les années que je t'avais prises. Je ne désire par ton pardon, Harry; je veux la permission de pouvoir tenter de te rendre au centuple ce que je t'ai pris, et ce, autant de fois qu'il le faudra.

« Je sais que ce que je vais te dire va me faire passer pour une mauvaise personne, mais lorsque la presse à commencé à te traquer avec acharnement, cela m'a ravie. Je savais que tu étais malheureux et cela m'a incité à mettre en branle mes plans, parce que je savais que je pourrais te rendre heureux. »

« Qu'en est-il de toi Gabby ? Tu dis que tu veux me rendre heureux, mais qu'est-ce qui te rend heureuse, toi ? »

Elle lui adressa un sourire rayonnant. « Te rendre heureux me rend heureuse. Tu ne peux pas imaginer le sentiment que me confère la certitude de savoir que mon Compagnon est heureux, et savoir que je suis responsable de ce bonheur le rend d'autant plus intense.

« Je serai heureuse lorsque tu me regarderas dans les yeux et que tu me diras que tu m'aimes. Je serai heureuse, quand je me réveillerai dans tes bras. Je serai heureuse quand je serai dans ton lit, exténuée, parce que nous aurons fait l'amour toute la nuit durant. Et si tout se passe bien, dans quelques années, je serai heureuse lorsque nous pourrons fonder notre propre famille de petits garçons aux cheveux noirs et de petites Vélanes aux cheveux blonds.

Il eut un sourire en coin, ses yeux brillants légèrement. « Pas de garçons blonds, et de petites filles aux cheveux noirs ? »

Elle secoua sa tête, avec un regard d'excuse. « Les gènes Vélanes l'emportent toujours, Harry. »

Il hocha doucement la tête.

« Est-ce que c'est ici que tu viens méditer ? »

Il opina. « J'ai parlé à Merlin quelques fois durant l'année passée. Il n'est pas très bavard. »

« Quel dommage. » sourit-elle.

« Je sais que tout le monde pense que je me contente de m'assoir sur une falaise pour réfléchir, et je le fais à l'occasion, mais je trouve cet endroit et ses alentours beaucoup plus fascinants. Ici, je ne suis pas Harry Potter; je suis juste un Moldu de plus visitant un lieu touristique. » Il jeta un œil à sa montre. « Viens, retournons à la surface. Nous pourrons avoir un pique-nique, et tu pourras me poser toutes les questions que tu voudras sur la magie. »

Elle avança d'un pas vers lui, rassemblant résolument tout le courage dont elle disposait. Lentement elle leva son visage et déposa un baiser sur le coin de sa bouche. « Merci. » murmura-t-elle. « Pour m'avoir montrée cet endroit, et plus encore, pour m'avoir montrée une autre partie de toi. C'est un présent que je chérirai toute ma vie. »

Il l'attira doucement contre lui et la prit dans une étreinte avant des les transplaner tous deux hors de la grotte et retourner au sommet de la falaise.


Madame Maxime redressa ses larges épaules et prit une profonde inspiration avant de jeter un peu de poudre verte dans l'âtre de la Cheminée. « Albus Dumbledore. » prononça-t-elle distinctement.

« Ma chère Olympe. » s'exclama avec surprise le Directeur de Poudlard. « Que puis-je faire pour vous ? »

« Je désirais seulement finaliser les quelques détails de notre séjour chez vous. »

Il hocha la tête, ses yeux d'un bleu électrique pétillant. « Les préparatifs vont bon train. » déclara-t-il jovialement. « Nous nous apprêtons à ajouter deux tours pour Durmstrang et vous, et nous agrandissons nos salles au moment même ou nous parlons. »

Olympe hocha la tête. « Cela me parait excellent. » commenta-t-elle. « Nous arriverons à sept heures du soir, heure locale, au jour du Vendredi convenu. »

« Nous attendrons avec impatience de revoir vos carrosses. » répondit Dumbledore.

« Oh, j'ai bien peur que nous ne les utiliserons pas. » révéla-t-elle.

« Vraiment ? » s'enquit-il, le pétillement de ses yeux s'éteignant quelque peu. « Vous avez donc un autre moyen pour déplacer tout ces étudiants d'un pays à un autre ? »

« Je l'espère. » dit-elle. « Mes élèves de dernière année travaillent sur un différent mode de transport pour notre usage. Tout me porte à penser qu'il sera prêt à temps. »

Le pétillement fit son retour avec plus d'intensité encore. « Mais il vous reste tout de même les carrosses, au cas où. »

Elle opina sèchement de la tête.

« Alors nous vous verrons dans quelques semaines. » acheva Albus, et après l'avoir saluée, il coupa la transmission.

Olympe fit violemment volte-face et saisit le couteau qu'elle employait pour ouvrir ses lettres. Elle s'assura que la porte de son bureau soit bien fermée, avant de pousser un juron sonore et de jeter le couteau contre le mur. Le couteau alla se ficher profondément sur le dessin d'un enfant représentant un bourdon blanc.

Elle se retourna et jeta à nouveau de la poudre et appela Jean.

« Olympe ? »

« J'ai besoin de crier sur quelqu'un et comme vous êtes nominalement mon patron, vous vous portez volontaire. » statua-t-elle, coupant court à toute forme de formalité dont elle faisait preuve d'ordinaire. « Je viens juste de parler à Dumbledore. »

« Vous ressemblez effectivement à une personne ayant eu affaire à quelque chose de fort désagréable. » déclara-t-il. « Reculez; j'arrive. » La silhouette élancée de Jean-Sébastien apparut une seconde plus tard, avec Aimée à ses côtés.

Il plaça trois verres sur la table et versa d'un geste consommé du porto dans chacun d'entre eux. « Comment est Albus ? » s'enquit-il, pendant qu'Aimée et lui prenaient place.

« Huileux et hautain. » grommela-t-elle. « Il n'a pas apprécié le fait que nous voyagerons de manière différente, et était pratiquement en train de jubiler quand il a réalisé que c'était les élèves qui préparaient quelque chose. »

« Pour quelle raison ? » demanda Aimée.

« Parce qu'il ne pense pas qu'ils, ou à plus forte raison nous, en soyons capables. »

« Mais il est sûrement au fait de la présence de Harry ? »

« Je doute qu'il lui soit même venu à l'esprit que Harry suggérerait quoi que ce soit. » grogna Olympe. « Et encore moins travailler avec les enfants. »

« Alors pourquoi laisser cela vous irriter ? » interrogea doucement Aimée.

« Parce qu'il m'horripile au plus haut point ! Il sait quels boutons appuyer pour m'irriter, et il les presse allègrement pour son petit amusement personnel. »

Aimée se mit lentement à sourire. « Et vous réagissez, Olympe, et vous lui donnez la satisfaction qu'il recherche en lui faisant savoir qu'il a réussi à vous provoquer. Il est temps pour vous de renvoyer le Souaffle et ne plus réagir selon son bon vouloir. S'il vous adresse la parole, vous réagirez avec équanimité où vous l'ignorerez simplement selon votre disposition à son égard. »

Olympe prit une profonde inspiration. « C'est plus facile à dire qu'à faire, Aimée. » admit-elle. « Mais vous avez raison, je m'y efforcerai dorénavant. »

« Jean et moi allons venir avec vous cette fois-ci. Officiellement, ce sera pour regarder Gabrielle jouer au Quidditch, mais officieusement, Jean surveillera Albus. Notre Gouvernement commence à s'inquiéter à son propos à présent que Voldemort n'est plus; il semble s'ingérer en des lieux et places au-delà de sa juridiction. »

« Eh bien, puisque vous êtes là, auriez-vous un conseil à me donner concernant mon dernier problème en date? »

« Qu'est-ce donc ? »

« Fred et George Weasley. » soupira Olyme. « Il semblerait qu'ils se soient donnés pour mission de corrompre mes élèves à coup de farces et attrapes. »

« Vraiment ? » s'enquit Jean qui parut intéressé.

« Hier, l'un d'entre eux a glissé quelque chose dans la nourriture qui a donné des cheveux violets à toute l'école ! De vous à moi, j'ai trouvé cela assez amusant, mais Madame Prévoyez a été bien loin de partager cet avis. »


Gabrielle contempla l'océan qui s'étendait à perte de vue devant elle, et comprit finalement ce qui motivait son Compagnon à venir en ce lieu pour se retrouver. Elle était assise sur un parterre herbeux qui se trouvait à mi-hauteur d'une falaise, son dos appuyé contre la poitrine de Harry et ses bras autour d'elle, la pressant contre lui.

Elle pouvait sentir son cœur battre avec une régularité rassurante qui la réchauffait tout autant que ses bras le faisaient. Cette quiétude et cette solitude constituaient un véritable paradis. Elle ne s'était jamais sentie aussi en paix avec elle-même et avec le monde. Bien sûr, il subsistait en elle une culpabilité résiduelle suite à ce qu'elle lui avait fait toutes ces années auparavant, mais à ce moment, cette considération ne lui semblait tout simplement pas de circonstance.

Ils avaient partagé un pique-nique et exploré les ruines du château d'Arthur pendant des heures avant qu'il ne les fasse tous deux transplaner à cet endroit. La précision de sa magie l'avait émerveillée; la façon dont il avait été capable de les Transplaner tous les deux à un emplacement qui était à peine assez grand pour qu'ils puissent s'y tenir debout, lui en avait presque coupé le souffle.

Mais elle commençait à penser qu'il était temps d'essayer de faire avancer les choses dans leur relation. Elle repoussa légèrement ses bras et se retourna précautionneusement, de façon à se retrouver à genoux devant lui.

Elle leva sa main droite jusqu'à son visage et plongea son regard dans le sien, à la recherche de quelque chose, bien qu'elle ne sût exactement quoi.

Lentement, elle se pencha vers lui afin d'accomplir un rêve vieux de huit ans : embrasser Harry Potter.

« Non. » souffla-t-il, sa main se mouvant contre la poitrine de Gabrielle, pour se placer juste sous son cou.

Elle se pétrifia et ressentit un mélange terrifiant de peur et d'appréhension. Mais les yeux de Harry pétillaient joyeusement, et ses doigts caressaient la peau de son cou.

« Oh ? » s'enquit-elle, se faisant violence pour chasser sa peur.

« Pas maintenant, pas ici. » dit-il. « Bien trop de personnes m'ont suggéré de t'embrasser ici, mais ce serait presque artificiel. Reste assurée que je désire vraiment d'embrasser. Par ailleurs, il y a un test que tu dois passer en premier lieu. » acheva-t-il d'un ton espiègle.

« Et qu'est-ce que c'est ? » questionna-t-elle les sourcils haussés.

« Allons manger, et je te le dirai ensuite. »

« Tu es frustrant. » soupira-t-elle.

« Je sais. » dit-il avec un sourire malicieux qui lui fit le pardonner sur le champ et la paya de ses peines. « Mais tu m'aimes quand même, pas vrai ? »

Elle grogna théâtralement. « Je suppose. » dit-elle faussement à contrecœur, en ignorant soigneusement le fait que son âme entière hurlait 'Oui !' aussi fort qu'elle le pouvait.

Il se pencha vers elle, ses bras s'enlaçant autour d'elle de nouveau et ils disparurent, pour réapparaître sur une route pavée qui menait à une petite ville. « Viens. » sourit-il avec malice et il se mit à courir à petites foulées, se dérobant ainsi à elle.

Son enthousiasme était contagieux, aussi se mit-elle à lui courir après. « Ou allons-nous ? »

« Tu verras. » dit-il en riant et il lui prit la main et l'entraîna avec enthousiasme en direction de la mer.

Il s'arrêta à un bâtiment qui sentait la friture d'huile. « Attends-moi ici. » commanda-t-il et il disparut à l'intérieur.

Elle sourit et secoua légèrement sa tête. Il ne réalisait probablement pas que s'il venait à présent à partir sans elle, elle l'attendrait ici, aussi longtemps qu'il le faudrait jusqu'à ce qu'il revienne la chercher. A un certain point elle allait devoir lui expliquer ce phénomène, mais pas ce jour-là.

Il revint et lui présenta ce qui semblait être un journal enroulé en forme de cône. A l'intérieur se trouvait ce qui semblait être un petit tas de frites, avec au-dessus un morceau de ce qu'elle présumait être du poisson trempé dans de la pâte à frire orange fluo – une fourchette en bois avait été plantée dans le poisson.

« Qu'est-ce que c'est ? » interrogea-t-elle.

« Frites et poisson. » sourit-il d'un air béat. « Les frites sont assaisonnées avec du sel et du vinaigre, et le poisson est recouvert de sauce tartare. »

« Et qu'est-ce que tu en fais ? » demanda-t-elle prudemment.

« Le manger, bien sûr. »

« Tu es sûr ? » questionna-t-elle encore en reniflant délicatement la 'nourriture'. « Parce qu'on aurait dit que quelqu'un s'est donné beaucoup de mal pour frire des pommes de terre autrefois parfaitement respectables afin de leur enlever tout ce qui les rendait saines et bonnes. Et ce poisson…le orange n'est pas une bonne couleur pour de la nourriture. »

« Gabby. » grogna Harry tandis qu'il plaçait prudemment son journal à terre avant de la soulever pour la poser sur un muret qui lui offrit une vue imprenable sur le bord de mer. « C'est l'Angleterre, et tu as entre tes mains le poisson-frites traditionnel. Tu peux sentir le sel marin dans l'air – cela ajoute au goût, je te le promets. »

« Mais le poisson est toujours orange ! »

« C'est de la pâte due à la friture; crois-moi, ça ne va pas te tuer. »

Elle planta prudemment sa fourchette dans le poisson tandis que Harry s'asseyait à côté d'elle, ses jambes frôlant les siennes. « Au moins, il est mort. » marmonna-t-elle.

« Essaie. » l'invita-t-il d'un ton enjôleur. Il tendit la main et saisit la fourchette de sa main et coupa d'un air expert un morceau de poisson – il avait une rassurante apparence blanche sous la pâte, et il le lui présenta.

« Ouvre la bouche. » intima-t-il.

Elle obtempéra, s'efforçant de son mieux de dissimuler son sourire triomphant.

Il plaça le poisson à l'intérieur de sa bouche. « Mange. »

Elle accrocha son regard tandis qu'elle fermait la bouche et suça la fourchette en bois d'un air séducteur, passant avec lenteur sa langue entre les dents de la fourchette. Harry déglutit très visiblement et elle gouta finalement le poisson. En considérant qu'il avait été spectaculairement mis à mal par le processus de cuisson, ce n'était pas si mal. Anton s'évanouirait probablement en voyant ça.

« C'est étrangement réconfortant. » commenta-t-elle, un peu confuse.

« C'est la nourriture la plus réconfortante qui soit. » approuva-t-il. « C'est facile à préparer et à manger, relativement bon marché, et c'est roborant. Et quand on la mange devant la mer, cela devient le repas idéal. »

Elle n'irait pas jusqu'à qualifier cette nourriture d'idéale, mais elle semblait en effet bien correspondre avec le caractère de la ville dans laquelle ils se trouvaient. Elle tenta l'une des frites et trouva, que cela aussi, était mangeable. Pas brillant pour ainsi dire, mais il y avait quelque chose en elles qui les rendaient appréciables.

« Voilà qui est mieux. » sourit joyeusement Harry avant de se mettre à manger avec voracité.

« Affamé ? »

Il hocha la tête, trop occupé pour daigner parler.

Elle éclata de rire et s'installa confortablement, mangeant son repas à un rythme plus humain. Quand elle eut fini, il prit le journal de ses mains et le froissa en boule avant de la jeter dans une poubelle qui se trouvait à une bonne quinzaine de mètres de leur emplacement.

Ses mains étant graisseuses, aussi Gabrielle laissa-t-elle un soupçon de ses pouvoirs de Vélane se manifester.

« Pourquoi as-tu fait ça ? » demanda Harry avec curiosité.

« Cela élimine la graisse de mes mains. » expliqua-t-elle.

Il eut un petit rire et sauta du mur, avant de l'aider à descendre. « A présent, il est temps de te présenter à une autre institution Britannique des plus remarquables: Le crazy golf. »

« Le golf est un sport fou. » approuva-t-elle. « Comment les Moldus parviennent à trouver cela intéressant, n'aura de cesse de m'étonner. »

« Non. » rit-il doucement. « Ce n'est pas ce que je voulais dire. » Il saisit sa main et l'entraîna doucement jusqu'au bord de la mer. Là, il alla s'arrêter devant une cabine en bois et revint vers elle avec dans ses mains deux putters et deux balles aux couleurs vives.

Elle lui lança un regard déconcerté. Il se dirigea jusqu'à une pelouse artificielle et posa l'une des balles à terre. « Le crazy golf est communément nommé mini-golf, l'idée est de mettre la balle dans le trou avec le moins de coups possibles. »

« Mais le parcours n'est pas plat. » fit-elle observer.

« Bien sûr que non, c'est du golf après tout. » sourit-il d'un air malicieux.

« Et c'est amusant ? »

« Du poisson-frites suivis d'un mini-golf te feront toujours passer un moment agréable. » lui assura-t-il. Il lui présenta un des clubs et frappa nonchalamment sa propre balle qui alla rouler jusqu'au bout du parcours et rentrer dans le trou. Cela ne paraissait pas bien difficile.

Elle prit sa balle et la plaça à l'endroit où il avait posé la sienne avant de prendre la même posture que lui. Elle baissa le regard sur la balle, positionna correctement son club, vérifia l'emplacement du trou, avant d'effectuer un swing plein de compétence…

…Et de complètement manquer la balle.

Harry éclata de rire, et elle lui jeta un regard torve.

« Laisse-moi te montrer. » proposa-t-il.

Puis subitement, elle comprit exactement pourquoi ce sport était le meilleur au monde.

Les bras de Harry étaient au-dessus des épaules de Gabrielle, ses mains légèrement en place sur les siennes, sa poitrine de nouveau contre son dos, sa tête contre la sienne, et son corps fermement pressé contre le sien. Elle se sentait entourée par toute sa personne, et cela lui procurait un intense sentiment d'adéquation.

« Comme ça. » dit-il, ses mains repositionnant légèrement les bras de Gabrielle. « Garde tes yeux sur la balle et frappe la en plein milieu, comme ceci. » il la fit balancer ses bras, et cette-fois ci son club frappa la balle qui alla rejoindre celle de Harry dans le trou.

« Tu vois. » sourit-il avant de l'étreindre fermement. « A présent allons faire le deuxième trou. »

« Celui avec la maison au milieu ? »

« Absolument ! »

La maison, une représentation d'une maison Américaine de plantation, était traversée par trois tunnels. Elle choisit le tunnel du milieu et frappa la balle vers cette direction, et eut un large sourire quand sa balle rentra.

« La chance du débutant. » la taquina Harry, tandis qu'il faisait rentrer sa propre balle dans le tunnel de gauche. « Que penses-tu des idées qu'ont trouvées les élèves ? »

« Pour la visite à Poudlard ? » s'enquit-elle.

« Oui. »

Elle se pencha au-dessus de sa balle et la frappa dans le trou. « Pas aussi excitantes que je l'avais espéré. » avoua-t-elle. « Le problème est que, avec les champs de protection autour de Poudlard, nous ne savons pas ce que nous pouvons faire, si bien que toutes les idées qui nous viennent à l'esprit se révèlent être des variations de procédés déjà existants. »

Harry hocha la tête et frappa sa balle qui alla obligeamment rentrer dans son trou. « Il y a un procédé que j'ai trouvé dans l'un des carnets de Merlin. Il serait difficile à exécuter mais… »

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Nous amenons Beauxbâtons avec nous. »

Gabrielle se releva lentement de sa position accroupie qu'elle avait adoptée pour positionner sa balle dans le troisième trou et reporta son regard sur lui. « Amener Beauxbâtons avec nous ? » répéta-t-elle.

Il hocha la tête avec enthousiasme.

« Est-ce même réalisable ? »

Il acquiesça. « Tout à fait, mais l'école entière va devoir travailler ensemble. Les plus jeunes seront requis pour travailler avec Fred et George, tandis que les années suivantes se chargeront du transport. »

« Pourquoi Fred et George ? » interrogea-t-elle, en se mordant la lèvre inférieure lorsque sa balle ne parvint pas à passer une bosse et revint vers elle.

« On ne comptera pas cette tentative. » la rassura Harry. « Et parce que si tu veux faire une déclaration retentissante, ils sont de loin les meilleurs à ce jeu. L'école apparaissant simplement de nulle part ne serait pas aussi spectaculaire en soit, pas si on compare cela au fait de faire apparaitre l'école dans un déluge de feu d'artifices, bruits retentissants, accompagné de tonnerre, d'éclairs, et tout le reste. »

« C'est ton sens du spectacle qui réapparait de nouveau, n'est-ce pas ? » accusa-t-elle avec un sourire, en frappant sa balle un peu plus fermement que précédemment. Cette fois-ci la balle passa joyeusement la bosse.

Il hocha la tête. « Qu'en penses-tu ? »

« Je pense que c'est une idée géniale. » déclara-t-elle pensivement. « Parce que cela fera sensation de façon spectaculaire, mais aussi parce qu'ainsi, nous n'aurons pas à voir notre enseignement être dérangé par le fait d'être dans une école différente, et même si nous mangeons avec eux, nous n'aurons pas à nous soucier des autres écoles, ni à vivre dans une tour frigorifiée. Pour ce qui est des élèves ils adoreront la perspective de participer à quelque chose d'aussi unique. Tu vas nous enseigner les enchantements ? »

« Oui, car pendant que vous vous occuperez de la partie la plus facile, je vais devoir me soucier de la partie la plus délicate. »

« Déplacer l'école est facile ? »

Il opina. « Comparé au fait de faire un trou dans les champs de protection de Poudlard afin que nous puissions entrer, sans rien détruire ? »

« Peux-tu le faire ? »

« Je l'espère. » répondit-il. « Ou sinon je vais me retrouver fort embarrassé. »

« Voldemort n'aurait-il pas pu faire la même chose ? »

« Je ne sais pas. Probablement. Manipuler des champs protecteurs est toujours chose difficile, et cela ne se fera passilencieusement. Tout le monde sera alerté de ce qu'il se passe, peut-être est-ce pour cela qu'il n'a rien tenté – cela se serait avéré inutile pour une infiltration.


« L'avenir s'est révélé à mon troisième œil » déclara sentencieusement Sybille Trelawney d'une voix voilée tandis qu'elle entrait dans le donjon de Potions du Professeur Rogue.

« Qu'est-ce que vous voulez ? » la rudoya sans préambule Rogue.

« Doucement, Severus. » fit Telawney, le ton de sa voix changeant du tout au tout. « Car contrairement à vous, je suis au courant de ce qui se passe à Beauxbâtons. »

« Vraiment ? » pressa Drago Malefoy avec suspicion. « Et peut-on savoir comment ? »

« Ma collègue, Mme Prévoyez, me tient à jour sur tout ce qui se passe à Beauxbâtons. »

« Pourquoi ? » interrogea Malefoy. « Que veut-elle en retour ? »

« Potter humilié, tout comme il l'a humiliée. »

Malefoy eut un sourire malveillant. « Peut-être pouvons-nous l'aider, en ce cas. »

Trelawney eut un sourire empreint d'amertume. « Il devrait être mort depuis longtemps; il a ruiné ma prophétie, il n'est que juste qu'il paie. Le Quidditch ne devrait pas être un problème; ils ne sont pas très bons. Ils possèdent néanmoins un léger avantage; leur Attrapeur, Gabrielle Delacour est sous la tutelle de Potter, et il est en train de lui apprendre tout ce qu'il peut. »

Drago et Rogue froncèrent les sourcils dans un parfait ensemble.

« Alors il suffira juste de nous débarrasser d'elle pour l'emporter. » fit Drago avec un haussement d'épaules.

« Il y a autre chose. » ajouta Trelawney. « Ma collègue pense qu'il se peut que Potter soit en train de développer des sentiments pour cette fille. »

« Excellent. » commenta Rogue du bout des lèvres. « Drago, lorsqu'ils arriveront, je veux que vous voyiez ce que vous pouvez faire avec elle. »

« De quelle manière ? »

« Vous êtes un Malefoy, usez de ce charme qui caractérise votre lignée. Potter éprouve peut-être des sentiments pour elle, mais il est bien trop noble pour entreprendre quoi que ce soit avec une élève. Vous, en revanche, n'avez pas ce genre de restriction. »

« En effet. » se réjouit Drago avec une pure malveillance. « Ce sera amusant de la lui voler juste sous son nez. »

« Et si elle dit non ? » s'enquit Trelawney.

« Hautement improbable. » renifla Drago.

« Alors il la provoquera en duel. » sourit avec malveillance Rogue, en ignorant le jeune sorcier aux cheveux blonds. « Ce qui obligera Potter à intervenir et cela révèlera au grand jour son marivaudage avec une élève. Et nous nous assurerons que cette Skeeter soit dans les parages pour relater cet incident de la meilleure des façons possibles. »

Trelawney inclina sa tête à leur encontre et sortit de la pièce, dans une bien meilleure humeur qu'elle ne l'avait été en entrant.


Gabrielle avait sa lèvre inférieure entre ses dents dans une expression de concentration intense tandis qu'elle évaluait le parcours qui se tenait en face d'elle. La pelouse partait en pente sur la gauche puis sur la droite sur une descente d'au moins un mètre sur les huit mètres de longueur totale. C'était le dernier trou du parcours et il avait déjà frappé sa balle.

Pour qu'elle puisse l'emporter, il lui fallait faire rentrer sa balle en un seul coup. Il ne se souciait guère du vainqueur, cela n'avait tout simplement aucunement importance. Il avait passé une fin d'après-midi extrêmement amusante.

Bien qu'il eût déjà effectué ces activités, tout seul, c'était la première fois qu'il avait demandé à quelqu'un de venir jouer avec lui au Moldu et il avait éprouvé bien plus de plaisir cette-fois ci que toutes les autres fois précédentes réunies.

La compagnie de Gabrielle était fort agréable et divertissante. Elle lui adressait la parole sans détours, ne demeurait pas en reste lorsqu'il lui arrivait de la taquiner et n'avait pas peur d'expérimenter des choses nouvelles – même si elle avait eu besoin d'être amadouée afin d'essayer les frites et le poisson. Et elle était absolument adorable à se mordiller ainsi la lèvre.

Elle ne se plaignait pas comme ses anciennes petites-amies l'avaient fait. Son désir de descendre à la plage qu'il avait exprimé plus tôt avait été accueillie avec enthousiasme et excitation, sans aucune plainte que ses chaussures n'étaient pas faites pour la marche, ou que c'était trop loin ou qu'il faisait trop froid.

Elle faisait preuve d'une totale insouciance, et ne remarquait même pas comment les Moldus, et tout particulièrement les hommes la fixaient du regard à leur passage. Elle avait été suivie du regard partout où ils s'étaient rendus; les gens l'avaient admirée en raison de son apparence et de son enthousiasme contagieux à la perspective d'essayer de nouvelles choses. Cela l'avait amené à la réalisation flatteuse qu'elle tenait sincèrement à lui. Son langage corporel entier hurlait à la ronde qu'elle était avec lui et qu'elle ne se souciait guère de ce qu'en pensaient les autres.

Certains Moldus lui avaient lancé des regards extrêmement jaloux.

Cela lui avait fait reconsidérer la façon dont il se comportait en public. D'ordinaire les rôles étaient inversés. Il était celui soumis aux regards de l'attention générale, et il en avait horreur. Voir Gabby se contenter de l'ignorer totalement sans laisser cela la perturber, lui avait fait considérer que peut-être il devait en faire de même.

Tout le long de la journée, il avait vu différents aspects de sa personnalité et il commençait à comprendre comment ils s'agençaient ensemble. Elle pouvait passer d'adorable à espiègle à séductrice à studieuse en un clin d'œil et semblait jouir de ces facettes de sa personnalité à part égale. D'après ce qu'il pouvait en voir, ce n'était pas feint, ni artificiel; elle réagissait juste naturellement à une situation donnée.

Bien plus encore, il ne se sentait pas seul en sa compagnie. Il lui avait montré des choses qu'il n'avait jamais montrées à personne et elle l'avait simplement remercié pour les avoir partagés avec elle – allant même jusqu'à essayer de l'embrasser pour cela.

Il avait dit non, non pas parce qu'il ne désirait pas l'embrasser – loin s'en faut – mais parce qu'il désirait que ce soit plus naturel que cela. Et c'était pour ainsi dire, assez amusant de laisser les choses se faire toutes seules, à jouer à cette partie de mini-golf tout en jouant simultanément au plus vieux jeu du monde.

Elle balança souplement son putter et frappa sa balle. La balle roula doucement jusqu'au bord de la pente et entama sa descente. Elle gagna de l'élan durant son trajet si bien qu'elle finit par aller trop vite pour rentrer dans le trou. La balle dépassa le trou, ce qui la fit grogner de déception, avant de rebondir contre le mur et de revenir en arrière. Elle vacilla au bord du trou, avant de rentrer.

« OUI ! » s'écria-t-elle avec joie en laissant tomber son putter au sol et en accourant vers lui. Il se pencha un peu vers l'avant et la souleva dans une immense étreinte, en la faisant tournoyer autour de lui pendant un petit moment.

« La chance du débutant. » la taquina-t-il.

Elle lui décocha un sourire malicieux. « Tu es simplement jaloux parce que je t'ai battu à ton mini-golf. »

« Pas du tout. » réfuta-t-il en lui renvoyant son sourire. « Tu as juste eu de la chance. »

« La prochaine fois, Harry Potter, je te battrai encore et tu seras tellement occupé à admettre tes torts que toute excuse ridicule impliquant une quelconque chance ne te viendra même pas à l'esprit ! »

Il la redéposa sur ses pieds et alla ramasser les putters. « Partons d'ici. » suggéra-t-il. Ils retournèrent à la hutte et rendirent les putters et les balles colorées. Le vieil homme passa bien trop de temps à lorgner la poitrine de Gabby à son goût – non pas qu'elle s'en aperçut.

Il prit sa main et dès qu'ils furent hors de vue de la hutte, il les fit transplaner vers une nouvelle plage.

La pleine lune baignait l'endroit d'une lueur qui semblait presque surréelle. Elle s'avança vers lui en se balançant au rythme d'une musique qu'elle seule pouvait entendre et elle saisit ses mains, et rejeta son corps en arrière.

« Danse avec moi. » lui intima-t-elle dans un murmure intense.

Il secoua sa tête avec espièglerie et elle relâcha sa prise, se mettant à danser devant lui.

« Tu es juste jaloux de mon talent. » taquina-t-elle une fois encore.

Presque sans y penser, il tendit un bras et l'attrapa, l'amenant contre lui. Un de ses bras s'enroula autour de sa taille, tandis que son autre main levait son menton, et il l'embrassa.

Elle sembla se pétrifier durant un infime moment, avant que ses mains ne se positionnent autour de lui, son corps moulé contre le sien, et elle lui renvoya son baiser.

Son baiser semblait hurler passion et désir et un besoin primal s'éveilla en lui. Il pouvait sentir les mains de Gabrielle se glisser sous sa veste et son tee-shirt, afin d'accéder à sa peau nue et la caresser délicatement, tandis qu'elle l'embrassait avec tout ce qu'elle avait.

Cela ne ressemblait à aucun baiser qu'il avait expérimenté jusqu'alors; c'était comme si un feu vivant s'était embrasé à travers son sang alors que les ongles de Gabby gougeaient son dos, et elle sembla tenter d'augmenter davantage le contact entre eux.

Il brisa le baiser et scruta les alentours en entendant un bruit. Un peu plus avant sur la plage, se trouvait un pêcheur solitaire, dont le visage fut brièvement éclairé par la cigarette qu'il fumait.

Gabby émit un petit gémissement de protestation et se mit à déposer des baisers sur son cou en se pressant davantage encore contre lui.

« Désolé. » s'excusa le pêcheur avec un haussement d'épaules à peine perceptible.

« Gabby. » dit Harry d'une voix douce. « Nous devons y aller. »

« Non. » murmura-t-elle, en le mordillant légèrement.

« Nous ne sommes pas seuls. »

« Peu m'importe. Je veux davantage de baisers. »

Il eut un petit rire et considéra le fait de modifier la mémoire du pêcheur, mais décida qu'il n'avait aucune raison valable de le faire. Il se pencha légèrement, et souleva Gabrielle dans ses bras. Elle répondit en se lovant contre lui pour s'assurer de ne pas perdre le contact avec lui, tandis qu'il les éloignait du pêcheur.

Dès qu'il le put, il les transplana beaucoup plus loin sur la plage et s'assura qu'il n'y avait personne à au moins un mile à la ronde.

Il la déposa au sol, mais garda son bras autour de ses épaules afin de la maintenir contre lui. Il ouvrit sa bouche, mais n'eut pas l'occasion de dire quoi que ce soit car elle pressa son doigt sur ses lèvres.

« Pouvons-nous parler plus tard et retourner aux baisers ? » s'enquit-elle, en déposant des petits baisers sur son visage tandis que son corps s'assurait qu'il n'y ait aucun centimètre carré qu'il ne touchait pas.

« Où as-tu appris à embrasser comme ça ? » interrogea-t-il avec curiosité.

« Pourquoi faut-il que tu me poses des questions maintenant ? » se plaignit-elle. « Je suis une Vélane, Harry. C'était mon tout premier baiser. A présent, pouvons-nous je te prie recommencer encore quelques fois afin que je puisse me perfectionner ? »

« C'était ton premier baiser ? » répéta-t-il, abasourdi.

« Je suis une Vélane. » grogna-t-elle de frustration. « Je sais ce que mon Compagnon désire et je m'améliorerai avec de la pratique. »

« Ca va être encore mieux que cela ? » Il se sentait quelque peu éberlué.

« Pour peu que tu t'arrêtes de parler et que tu nous laisses le refaire. »

Il eut un petit rire et se pencha pour l'embrasser à nouveau, mais alors qu'il s'approchait de ses lèvres, elle se déroba, ses mains remontants jusqu'à ses épaules, l'incitant à s'asseoir sur le sable. Il se mit à genoux puis suivit la pression qu'elle exerçait sur ses épaules de sorte qu'il se retrouvât couché au-dessus d'elle, entre ses jambes, et se maintenant en équilibre à l'aide de ses bras.

Elle soupira à nouveau et frappa adroitement les bras de Harry qui tomba sur elle; ses bras s'enroulèrent autour de lui, et l'étreignirent fermement, et elle l'embrassa de nouveau.

Il oublia toute inquiétude que leur position avait provoqué en lui telle que le fait qu'il soit trop lourd pour elle, ou que le sable était légèrement humide et glacé, et céda au baiser insistant et exigeant.

Le second baiser fut tout aussi agréable que le premier, si ce n'est plus, en raison de la façon dont les mains de Gabrielle exploraient à présent son dos, l'éraflant légèrement avec ses ongles, et la manière dont sa poitrine pressait contre la sienne. Toutes autres considérations supplémentaires furent abandonnées quand elle ouvrit sa bouche et approfondit le baiser pour la première fois.

Il perdit toute pensée cohérente alors qu'il pouvait ressentir chaque mouvement qu'elle esquissait, chacune des réactions qu'il provoquait en elle. Sa main glissa sur sa hanche et elle ondula sous lui, encourageant ses mouvements.

« Arrête. » souffla-t-il, en brisant le baiser et en respirant lourdement. « Pas ici. »

« Ici, c'est parfait. » insista Gabrielle avec un grognement. Ses yeux étaient assombris de passion et ses lèvres paraissaient légèrement tuméfiées. « Plus, je t'en prie, Harry, plus. »

« Pas sur la plage. »

« Peu m'importe. » dit-elle en frémissant sous son corps, « ici, là-bas, n'importe où. Seulement ne t'arrête pas, je t'en prie, n'arrête pas. »

« Le Lien ? » s'enquit-il, en réalisant pourquoi elle désirait qu'il continue.

« Au diable ce maudit Lien ! » en cria-t-elle presque. « Je le briserai demain, pourvu que tu ne t'arrêtes pas. » Ses yeux lui suppliaient de l'embrasser encore, alors il le fit, mais plus lentement cette fois. Il tentait de comprendre pourquoi elle ne se souciait aucunement du lien, quand aller plus loin – faire l'amour – le rendrait permanent.

« Ne réfléchis pas. » gémit-elle contre ses lèvres. « Tout ton être n'est pas entièrement là – à m'embrasser. » Elle les fit rouler au sol de sorte qu'il se retrouva sur son dos, et elle l'embrassa de nouveau. Ses mains plongèrent sous ses vêtements et commencèrent à caresser son torse.

Il les fit rouler sur le sable à son tour, et elle émit un son de satisfaction quand il se retrouva entre ses jambes. Il lui fit retirer ses mains de sous sa chemise et les maintint au dessus de sa tête. Il put sentir le sourire de Gabrielle sur ses lèvres pendant un court instant.

« Gabrielle. » souffla-t-il, en déposant des légers baisers sur ses lèvres, et refusant toute tentative d'approfondir à nouveau le baiser. « Détends-toi, ma Gabrielle, je ne vais aller nulle part. »

Elle gémit de nouveau et le regarda avec le désir le plus nu dans ses yeux.

Il écarta tendrement les cheveux qui étaient tombés sur son visage. « Reviens à moi, Gabby. »

Lentement, à l'aide de ses encouragements, ses yeux commencèrent à s'éclaircir.

« Pourquoi as-tu arrêté ? » demanda-t-elle, une larme se formant au coin de son œil. « N'était-ce pas agréable ? »

« Ca l'était – c'était le meilleur baiser que j'ai expérimenté de ma vie. » murmura-t-il intensément.

« Alors pourquoi ? » questionna-t-elle alors que la larme créait un sillon argenté le long de sa joue.

« Parce que ce n'est ni le bon endroit ni le bon moment. C'est glacé, humide, et la température ne va qu'aller en baissant au fil du temps. »

« Je – m'en – fiche ! » souffla-t-elle. « Je veux simplement te sentir encore, sentir tes lèvres sur les miennes, sentir ton corps contre le mien, et te sentir me toucher comme je suis née pour l'être.

« Nous venons seulement de nous embrasser. » déclara Harry d'une voix douce. « Nous allons un peu trop vite. »

« Pour une fille humaine, peut-être. » soupira Gabrielle. « Je suis une Vélane, Harry. »

« Ne tiens-tu pas à ce que ta première fois soit quelque chose de spécial ? »

« Ma première fois sera spéciale. Elle sera avec toi. » lui asura-t-elle. « Ou que ce soit. » Elle ferma ses yeux. « Ne me désires-tu pas ? »

« Je te désire. » répondit-il dans un murmure. « Vraiment, vraiment, beaucoup, mais pas comme cela, pas maintenant. »

« Je te désire, » souffla-t-elle, ses paupières toujours closes, « à un point tel que je ne peux le décrire, Harry. Je pensais vraiment ce que j'ai dit, accorde-moi juste une nuit avec toi, et je briserai le Lien demain. Cela n'a rien à voir avec le Lien mais tout à voir avec le désir que j'éprouve pour toi. Je t'en supplie. »

« Non. » dit-il d'une voix douce. « Regarde-moi, Gabby. S'il-te-plaît. »

Ses yeux s'ouvrirent et il put déceler en eux une douleur obscure. Il lui fut douloureux de la voir, et il ne désira dès lors rien d'autre que de la chasser de ce regard azur. « Ne bouge pas. »

Elle continua à le regarder, complètement immobile tandis qu'il faisait appel à sa magie et il les transplana tous deux dans son petit cottage de la région des Lacs, les déposant sur son lit. Transplaner tout en étant en position horizontale était un peu plus ardu que de le faire debout.

Elle poussa une petite exclamation de surprise quand ils arrivèrent avant de sentir le lit sous son dos. Il pointa un doigt en direction de la cheminée, et un feu s'alluma en vrombissant, et eut tôt fait de réchauffer la pièce glacée tout en leur fournissant une source de lumière.

« Je ne suis pas trop lourd ? » demanda-t-il.

Elle prit une profonde inspiration. « Tu me rends les choses tellement difficiles. » murmura-t-elle doucement. « Mais ce n'est pas ta faute, tu ne comprends pas ce que cela signifie d'être une Vélane Liée à un Sorcier. Je semble humaine, Harry, je parais humaine, et en bien des aspects, je suis humaine. Mais les Vélanes sont différentes. Quand tu m'embrasses, je ressens du plaisir, mais je retire en outre davantage de plaisir en ressentant le plaisir que tu éprouves, un peu comme une rétroaction. Je peux sentir ce que tu désires, instinctivement, et je réagis en fonction de toi, et se faisant, je retire davantage de plaisir de tes réponses – et quand cela survient je perds le contrôle de mes pensées et je m'abandonne aux émotions et sentiments ressentis.

« N'est-ce pas une mauvaise chose ? »

« Oh non – pas du tout; c'est la plus merveilleuse des choses qui soit. J'accomplis ma raison d'être. C'est tout ce à quoi j'aurais pu aspirer et plus encore. Tu es si plein de chaleur; tes caresses me marquent comme tienne et c'est parfait. »

Il laissa reposer son front contre le sien et sourit. « Je ne m'attendais pas à ce que cela se produise. »

« J'ai espéré que ça le ferait. » avoua-t-elle dans un murmure. « Je ne désire rien d'autre que de m'abandonner à mon Compagnon. »

« Je le désire également, Gabrielle, mais je ne suis pas encore prêt. »

« Que veux-tu dire ? »

« Je désire ressentir que je fais l'amour à la seule femme dont je serai jamais amoureux, et que le faire représente mon ultime engagement envers elle, et non pas seulement un acte passionné d'abandon. »

« Est-ce que tu le penses vraiment ? » interrogea-t-elle d'une voix faible. Elle paraissait si vulnérable tandis qu'elle plongeait les yeux dans les siens.

Il hocha la tête.

Elle enfouit son visage dans son cou et l'étreignit de toutes ses forces. « Ai-je ruiné notre journée ? » s'enquit-elle.

« Non. » rit-il doucement. « De façon surprenante, me faire embrasser comme je ne l'ai jamais été par une sublime jeune femme, avant de me faire supplier de lui faire l'amour ne contribue pas vraiment à ruiner ma journée. »

Elle pouffa.

« Tu sais, » commença-t-il d'une voix malicieuse, à présent fermement décidé à détendre l'atmosphère, « tu es la première fille à avoir jamais mis les pieds ici. »

« Ou sommes-nous ? » s'enquit-elle, bien qu'il remarquât qu'elle ne le quittait pas du regard.

« Dans mon cottage, dans la région des Lacs. »

« Merci de m'avoir amenée ici. » souffla-t-elle et elle fit parcourir ses mains le long de son dos, ce qui le fit légèrement grimacer lorsqu'elle passa sur les griffures qu'elle lui avait infligées plus tôt.

Elle se dégagea de son étreinte. « Assieds-toi et retourne-toi. » ordonna-t-elle, et elle releva sa chemise tandis qu'il s'exécutait. « Je t'ai blessé. » s'horrifia-t-elle dans un souffle.

« Je ne m'en suis pas exactement rendu compte sur le moment. » dit-il d'un ton désinvolte.

« Enlève ta chemise, et couche-toi. » commanda-t-elle encore.

Il fit ce qu'on lui demandait, laissant reposer sa tête sur ses bras. Il la sentit se mouvoir à côté de lui, de sorte à s'agenouiller au niveau du bas de son dos. « Détends-toi. » souffla-t-elle. « Je vais tenter quelque chose. »

Il hocha légèrement la tête, et sentit des rubans apaisants de fraîcheur se répandre sur son dos. Les griffures cessèrent de le lancer. Il se retourna légèrement et observa des fils de magie émaner des mains de Gabrielle pour venir se poser sur son dos.

« Tu es blessé. » statua-t-elle paisiblement après quelques minutes écoulées à faire passer ses mains au-dessus de son dos.

« Tu viens juste de t'en occuper. » répondit Harry.

« Non, pas ça. Ton épaule. »

« Oh, c'était au cours de mon dernier match de Quidditch. » expliqua-t-il.

« C'était ton épaule gauche – regarder ce match m'a presque tuée. C'est ton épaule droite qui semble poser problème. Puis-je la soigner, s'il-te-plaît ? » demanda-t-elle d'une voix plaintive.

Il ne pensait pas vraiment qu'il y eût un problème, mais il acquiesça tout de même.

Ses mains se positionnèrent au-dessus de son épaule, et la caressèrent doucement dans un mouvement circulaire. « Je vais tenter quelque chose que j'ai lu quelque part. » souffla-t-elle. « Mais j'ai besoin que tu me fasses confiance. S'il-te-plaît, désactive ton Champ Suppresseur. »

Il se rétracta perceptiblement sous ses mains. Le Champ était comme filet de sécurité, il ne le désactivait jamais; il lui permettait de tenir les gens loin de lui, et d'une certaine manière, il le tenait lui, loin des autres. Il prit une profonde inspiration et y réfléchit brièvement. Au final, tout se résumait en une question de confiance; cela avait toujours été le cas. Il ferma les yeux et désactiva le sort.

« Merci. » dit-elle d'une voix douce et il sentit ses lèvres fines effleurer sa nuque.

Elle affermit son assise à côté de lui et ses mains pressèrent violemment contre son épaule. Il sentit une immense pression s'exercer sur sa magie puis quelque chose se mouvoir dans son épaule. Il entendit un 'pop' sonore. Une intense explosion de douleur lui arracha un grognement. La douleur fut rapidement suivie d'une vague de nausée et d'épuisement.

« Tout va bien, Harry. » le rasséréna Gabrielle d'une apaisante voix musicale. « Je te tiens; tu n'as rien à craindre. »

Il gémit tandis que les mains de sa guérisseuse improvisée s'affairaient autour de son épaule; la même douceur apaisante de ses pouvoirs de Vélane eut raison de la douleur qu'il endurait. Les mains de Gabrielle s'éloignèrent et il sentit de nouveau la caresse semblable à une plume de ses lèvres sur sa peau. Elle se dégagea de lui et lui présenta quelque chose dans sa main tandis qu'il se couchait confortablement sur son flanc.

« C'est un os ? » s'enquit-il.

« Peux-tu utiliser ton Détecteur de Magie Noire dessus ? »

Il acquiesça et avec lassitude, lança le sort, tout en réactivant en même temps son Champ Suppresseur. Le sort produisit le pulsatile écho terne d'un fantôme, puis la présence de l'essence vitale qu'il avait si bien apprise à distinguer durant la seconde guerre, s'imposa de façon fulgurante à lui. « Grasnot. » grommela-t-il. « Le chef de l'unique clan Gobelin à avoir rallié les rangs de Voldemort. »

« Les Gobelins adoraient transformer en dagues les fémurs de leurs ennemis. » déclara-t-elle cliniquement. « Tu as conservé cet éclat d'os dans ton épaule durant toutes ces années. »

« Comment as-tu qu'il se trouvait là ? » questionna-t-il, « et comment l'as-tu enlevé ? »

« Tu es mon Compagnon. » répondit simplement Gabrielle. « Je pourrais sentir toute chose à l'intérieur de ton corps qui ne serait pas toi – qui serait étrangère. Je t'ai déjà dit que j'ai joint ma magie à la tienne lors de l'établissement du Lien. Avec ta permission, cela marche dans les deux sens; je peux utiliser ta magie pour réaliser ce dont j'ai besoin. »

Il hocha la tête en signe de compréhension avant de laisser échapper un tonitruant bâillement.

« Tu es épuisé. » commenta-t-elle d'une voix douce. « Suite à cette merveilleuse journée passée et en raison de la quantité de magie que je viens de te solliciter. » Elle se leva du lit et se dirigea vers le placard en acajou qui se trouvait dans le coin de la chambre. Elle l'ouvrit et en sortit l'un de ses jersey. Elle se déroba à son regard, pour enlever son pull, son tee-shirt et son soutien-gorge et les remplacer par le vêtement qu'elle venait de retirer, le lissant sur sa silhouette d'un geste fluide avant d'enlever ses chaussures de sports et de faire glisser son jean le long de ses jambes.

Gabrielle passa ses doigts dans ses cheveux et fit la grimace lorsque ses doigts se retrouvèrent coincés dans certains enchevêtrements. Elle usa de ses pouvoirs de Vélanes et il put voir très distinctement ses cheveux se nettoyer tout seuls.

Elle s'avança vers lui, lui enleva ses chaussures et ses chaussettes avant d'arriver à sa ceinture. Il changea légèrement sa posture afin de lui permettre de l'enlever, puis se déplaça davantage tandis qu'elle ramenait les couvertures pour lui permettre de glisser dans le lit.

« Comment dors-tu normalement ? » demanda-t-elle.

Il se coucha sur le flanc, dans une posture légèrement recroquevillée.

« Ne bouge pas. » lui intima-t-elle en prenant place dans le lit. Elle se retourna et se positionna de sorte que la poitrine de Harry soit pressée contre son dos, et elle lui fit placer son bras autour d'elle. « Qu'en penses-tu ? »

« C'est parfait. » souffla-t-il, tandis que la fragrance enivrante de ses cheveux contribuait à le faire plonger dans un sommeil paisible.

« Harry ? »

« Oui, Gabby ? »

« Je t'aime. »

« Je sais. » murmura-t-il. « Je sais. »

Le sommeil le prit en un instant. Il était heureux, son cœur était en paix. Il n'était plus seul.

 

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