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Author Notes:

 

Les mots soulignés et en italique sont en français dans le texte. Les mots seulement en italique représentent seulement des inflexions de voix lorsqu’un personnage parle (insistance par exemple).

 

 

 

« Hermione, est-ce que Ron et vous pourriez venir je vous prie ? » demanda Jean aux deux visages qu'il pouvait distinguer parmi les flammes dans la cheminée.

Ils hochèrent la tête, et il se recula de quelques pas pour leur céder la place. Après la sortie plus que dramatique de Harry, il avait fait réinstaller par les Aurors les champs protecteurs qui avaient été si aisément brisés, et avait demandé à son jardinier de faire ce qu'il pouvait pour le verger à présent en cendres. Sa femme et sa fille ainée, pendant ce temps, s'étaient employées à consoler Gabrielle, qui semblait plus confiante que ce à quoi il se serait attendu étant donné ce qui s'était produit.

Il mena le jeune couple dans le salon et s'installa à côté d'Aimée. Gabrielle se trouvait à côté de Fleur, qui était assise à proximité de Bill.

Ron et Hermione s'assirent sur l'autre canapé.

« J'ai bien peur, » commença Jean en anglais, sachant que Ron ne parlait pas français, « d'avoir mal interprété votre message la nuit dernière. Aussi, étais-je… » il marqua une pause pendant une seconde, « non préparé pour une conversation que j'ai eue ce matin. »

« Que s'est-il passé ? » interrogea Hermione.

« Harry a demandé à me parler en privé, il semblait nerveux. Il a mentionné à quel point Gabrielle l'avait aidé à s'acclimater à notre pays. Je croyais savoir où il voulait en venir et j'étais quelque peu impressionné par la vitesse avec laquelle Gabrielle s'était manifestement fait une place dans son cœur. Il m'a demandé, comme tout jeune homme qui se respecte le devrait, la permission de sortir avec ma fille. »

Hermione grimaça.

« Exactement. » acquiesça Jean. « Un piège plutôt ingénieux avait été posé à mon intention et j'ai marché tout droit dedans. Aussitôt après lui avoir donné mon entière permission, Harry a changé d'attitude. Envolé le prétendant potentiel, à sa place se trouvait un homme déçu, solitaire et plus que las des vicissitudes de ce monde. Son seul regard m'a fait me sentir coupable. »

« Qu'est-ce que Harry a fait ? » s'enquit Ron.

« Il a exprimé, d'une façon plutôt crue, son incrédulité face à la maladresse que j'avais commise et a exigé de connaître la vérité. Malgré tout mon désir de la lui révéler, ma promesse faite à ma fille était plus forte et j'ai agi comme elle l'avait requis. Je lui ai dit de parler avec elle. »

Ron et Hermione tournèrent vivement leur cou pour faire face à Gabrielle.

« Et ? » pressa Ron.

« Je lui ai parlé. » informa doucement Gabrielle. « Et je lui ai tout révélé. » Elle prit une profonde inspiration. « Y compris le Lien. »

« Quel lien ? » s'enquit Hermione, affichant une expression de perplexité qui paraissait quelque peu déplacée sur son visage d'ordinaire sagace.

« Lorsqu'une Vélane s'unit à une personne, un petit lien est formé entre la Vélane et le Compagnon qu'elle a choisi. » expliqua Aimée d'une voix sereine. « C'est un dispositif d'auto-préservation qui empêche le Compagnon de se connecter sur un plan émotionnel avec tout autre fille. »

Il y eut un petit moment de silence tandis que Ron et Hermione échangeaient un regard et semblaient assimiler mentalement cette information.

« Donc, » conclut Hermione d'une voix douce. « En plus de tout le reste, Harry te blâme maintenant, et à raison, pour sa solitude de ces dernières années ? »

Gabrielle opina.

« Pourquoi diable ne nous as-tu pas parlé de ça ? » s'écria Ron, faisant de la sorte se recroqueviller Gabrielle. Ron prit une profonde inspiration, essayant manifestement de se calmer. « Toute cette pagaille est comme un gâteau qui ne finit jamais – il y a plus de couches que tu ne saches quoi en faire. »

« J'avais espéré que cela n'ait jamais à être révélé. » avoua doucement Gabrielle.

Ron grogna légèrement et secoua sa tête. « S'il y a une chose que tu dois savoir à propos de Harry, c'est qu'il finira par tout découvrir, et ce sera toujours au pire moment possible. Parfois je jurerais qu'il est maudit. »

« Ron a raison. » approuva Hermione. « Qu'est-ce que Harry a fait ? »

« Il a détruit la plus grande partie de mon verger et a ensuite transplané à travers ce qui était supposé être des champs infranchissables. » répondit Jean. « Et à présent, nous ne savons pas où il se trouve. »

Ron leva les yeux vers Hermione, qui hocha de la tête. Elle sortit sa baguette et murmura un sort en la lançant en l'air. La baguette se suspendit dans les airs et tournoya pendant un moment, avant de s'arrêter, pointant vers l'ouest. Un petit drapeau sur lequel était affiché un nombre apparut.

« Où sommes-nous, Jean ? »

« Près de la Basse-Normandie. »

Hermione opina et réfléchit pendant une seconde.

« Il va bien. » révéla-t-elle succinctement.

Ron se mit à sourire et se détendit un peu. « Il possède un petit coin où il se rend quand il est contrarié à propos de quelque chose et désire réfléchir, c'est dans le Devon. Il ira bien. »

« Devrions-nous aller le rejoindre ? » demanda Gabrielle.

« Non. » répondit immédiatement Hermione. « Nous l'avons appris à notre dépend. Harry reviendra lorsqu'il désirera parler à quelqu'un ; aller le voir à présent ne fera qu'aggraver les choses et nous ne désirons pas ça. » Elle leva les yeux vers son mari, lui posant une question muette.

Ron lui renvoya son regard et soupira. « Nous avons signé pour une Noise autant aller jusqu'au Gallion. »

Hermione lui sourit et posa ses mains sur les genoux de son mari.

« Y-a-t-il autre chose dont tu ne nous as pas parlé ? » interrogea-t-elle.

Gabrielle secoua sa tête.

« J'ai une question. » intervint Ron. « D'après ce que j'ai compris, il y a huit ans, Gabrielle a décidé de se lier à Harry, et cela a causé quelque chose qui le rendait mal à l'aise en présence d'autres filles, c'est ça ? »

« En effet. » acquiesça Jean.

« Et avec cela, » continua Ron, « Gabrielle a obtenu une sorte de … point d'ancrage ? Pour les changements qu'une Vélane endure en grandissant ? »

« C'est correct. » confirma Gabrielle.

« Et si Gabrielle n'obtient pas Harry, elle devient folle, mais si elle réussit, elle obtient tout ce qu'elle a toujours désiré et tout ce dont elle a rêvé, n'est-ce pas ? »

Hermione hocha la tête.

« Donc, » conclut Ron, « ce n'est pas pour insister sur la question, mais qu'est-ce que Harry gagne exactement dans tout cela ? Ne vous vexez pas, mais il semble que Gabrielle obtient la meilleure part du marché. »

Gabrielle ouvrit sa bouche, mais la referma instantanément après un regard de sa mère.

« Je suis contente qu'au moins quelqu'un ici a à cœur les intérêts de Harry. » dit sèchement Aimée. « Ronald, vous semblez avoir une bonne relation avec Hermione, une basée sur l'amour et la confiance, si je ne m'abuse ? »

« Absolument. » acquiesça Ron.

« Lorsqu'une Vélane Etablit le Lien, c'est comme cela, mais aussi, beaucoup, beaucoup plus. Cela représente tout – le centre de l'existence d'une Vélane. Et lorsque Harry l'acceptera, le Lien grandira, et il recevra tout ce que ressent Gabrielle. Il saura, sans plus aucun doute, qu'il est aimé davantage que n'importe quelle personne en ce monde. »

« Il y a aussi, bien entendu, la question des rapports amoureux. » ajouta-t-elle, presque comme une réflexion.

Jean dissimula un sourire lorsque tout d'abord Gabrielle, et ensuite, les autres, presque à l'unisson, commencèrent à rougir significativement. Pour une certaine raison, les jeunes étaient toujours quelque peu perturbés à l'idée que des personnes de la génération de leurs parents puissent parler de sexe comme s'ils avaient une connaissance personnelle, et récente du sujet. Bien entendu, le fait qu'Aimée maîtrisât avec brio le ton de voix sec et clinique pour discuter de pareils sujets rendait les choses plus difficiles encore pour les pauvres jeunes gens.

« Les Vélanes se lient rarement, en raison de l'inégalité de pouvoir dans ce genre de relation. Une Vélane qui est liée a une compréhension intuitive de ce dont a besoin son Compagnon, et plus important, ce qu'il désire et elle est biologiquement prédisposée à le lui fournir. Il n'y a pas de limites à ce que le Compagnon peut désirer la Vélane qui lui est liée y répondra avec enthousiasme quoi que ce soit. Les Vélanes liées à des hommes particulièrement violents et brutaux ne peuvent se défendre uniquement qu'en brisant le lien, ce qui bien entendu les plonge dans la démence. Cela s'est produit peut-être une ou deux fois au cours de ces cinq cents dernières années. C'est la raison pour laquelle nous encourageons une longue et profonde réflexion avant de s'engager dans quelque chose dont seule la mort peut vous délivrer. »

Elle fit une pause pendant quelques secondes. « Est-ce que cela répond à votre question, Ronald ? »

« Euh oui. » couina Ron. « Changeons vite de sujet. Quelle est la prochaine étape ? »

« Madame Maxime. » décréta Hermione, son propre rougissement s'effaçant graduellement. « Jean, vous devez lui dire ce qui s'est passé, parce qu'il est plus que probable que le prochain mouvement de Harry soit de découvrir s'il a réellement un travail ou pas. »

Jean opina du chef. « Je peux faire ça. » agréa-t-il.

« A part ça. » termina Hermione lentement. « La seule chose que nous pouvons faire est d'attendre. »

« Attendre ? » répéta Gabrielle.

« Harry sait où nous sommes tous. » dit gentiment Hermione. « On vient juste de lui révéler que tout ce qu'il sentait qui n'allait pas dans sa vie peut t'être attribué. Il a besoin de temps pour assimiler ça. Ron et moi lui enverrons un hibou lui rappelant que nous sommes là pour lui s'il désire nous parler dans quelques jours, mais à part cela, nous lui laisserons l'intimité et l'espace dont il a besoin. »

Gabrielle soupira doucement. « Cette journée a vraiment été horrible. »

« Cela aurait pu être bien pire. » affirma sévèrement Aimée. « Sois reconnaissante d'avoir encore une chance. »

« Oui, Maman. »

Aimée sourit à sa fille, un peu avec contrition. « Viens Gabrielle, allons aider à préparer du thé pour nos invités. »

Gabrielle opina et se leva, alors qu'Aimée s'avançait vers elle et enroulait son bras confortablement autour de sa fille.

« N'y a-t-il rien que je puisse faire ? » tenta Jean, alors qu'il observait sa femme et sa fille cadette quitter la pièce.

« Excepté raconter à Madame Maxime ce qui s'est passé, il n'y a rien qu'aucun d'entre nous puissions faire. » répondit Ron avec un haussement d'épaules. « Alors, Bill, comment est la vie ? »

Bill parut surpris pendant une seconde avant de sourire. « Pas mal. Je vois que tu as grandi un peu. »

« Un peu ? » s'enquit Ron avec un sourire malicieux. « Vraiment ? Et comment va ton français en ce moment, Bill ?J'ai entendu dire que tu ne l'as pas encore maîtrisé ? »

Bill cligna des yeux puis se mit à grogner.

« Tu es toujours une canaille, par contre. »

Ron haussa les épaules et élargit son sourire espiègle. « C'est vrai. Et fier de l'être. »

« Eh bien, comme vous êtes là, et qu'il n'y a rien d'autre à faire, Fleur et moi ferions mieux de vous faire visiter un peu. »

« Bonne idée. » approuva Jean. « Je dois aller parler à Olympe. »


Harry observait les vagues s'écraser sur les rochers en dessous de lui. Il se sentait toujours apaisé lorsqu'il contemplait l'océan. Quelque chose de si puissant et insouciant ; cela semblait être une parfaite représentation de sa vie.

Il était assis à sa place favorite, à mi-hauteur d'une falaise, un endroit qui nécessiterait un balai ou tout un équipement du parfait alpiniste s'il prenait l'envie à une personne d'y accéder – a moins d'avoir une maîtrise parfaite du Transplanage.

Il était tellement furieux qu'il était parvenu à apparaître à cet endroit alors même qu'il effectuait un transplanage international. Une chose peu aisée à faire, et bien qu'il ne le révélerait jamais à personne, il n'en était pas peu fier.

Il resserra les pans de la couverture qu'il avait créée autour de lui pour se protéger des vents mordants de l'Atlantique et essaya de décider ce que diable il allait faire.

Il était resté assis là pendant la majeure partie de la nuit, se tenant au chaud grâce à sa magie et observant la lumière s'installer graduellement autour de lui.

Il savait à présent exactement pourquoi il n'avait jamais été capable de ressentir quelque chose de sérieux pour aucune femme, et ce n'était pas aussi romantique qu'il l'avait espéré. Il avait espéré que c'était parce qu'il n'avait jamais rencontré la bonne fille, et que lorsqu'il le ferait, le vide effrayant en lui serait comblé.

Eh bien, d'une certaine manière, c'était exactement ça.

Gabrielle était cette femme. La mauvaise chose était que c'était un petit sort qui avait provoqué ce sentiment. Il n'était même pas certain si c'était un sort où une malédiction car cela semblait certainement l'empêcher d'avoir une relation avec quelqu'un d'autre.

Il avait été prêt à rompre le lien, les conséquences pouvant aller au diable, quand elle avait levé les yeux vers lui, ses mains devant elle, et qu'elle l'avait imploré.

Il avait ressenti quelque chose effleurer son cœur, et il avait instantanément élevé ses barrières mentales si violemment que cela lui en avait fait mal à la tête.

Seulement pour en arriver à une subite réalisation.

Elle n'utilisait pas ses pouvoirs de Vélane. Pas du tout.

C'était juste elle, Gabrielle, qui le suppliait de ne pas agir avec précipitation. Ses yeux étaient immenses, comme le ciel en un jour d'été dénué de tous nuages, et pendant une seconde, il avait eu l'impression de plonger en eux. Ils lui avaient demandé une chance, rien d'autre, rien de plus et rien de moins.

Et il s'était retrouvé incapable de leur dire non. Il ne pouvait pas le faire. Il ne pouvait pas la condamner à la folie, peu importe ce qu'elle avait fait.

Et bien qu'il ait essayé de la blâmer pour beaucoup de choses, il ne pouvait pas ignorer la petite voix en lui, qui lui faisait remarquer, avec insistance, que oui, elle avait fait une erreur. Une petite fille de huit ans avait fait une erreur et avait dû vivre avec depuis lors.

C'était encore une chose qui était si merveilleuse avec le Monde Magique : le fait que la magie puisse accorder à une fille de huit ans autant de pouvoir, mais pas la sagesse pour l'utiliser avec discernement.

Il soupira. La seule chose qu'il savait c'était qu'il n'en savait pas assez à propos des Vélanes pour décerner le grain de l'ivraie. Et bien qu'il eût à sa disposition plusieurs personnes qui pourraient le renseigner, y compris Hermione, il ne se sentait réellement pas d'humeur à leur parler, ou à elle, à ce moment. Ce qui ne lui laissait qu'un seul endroit où se rendre. Autant il détestait avoir à le faire, il avait expressément besoin d'informations. Il allait devoir se rendre à Poudlard.

Il soupira et transplana à Pré-au-Lard. Les champs protecteurs de Poudlard étaient autrement plus puissants que ceux du domaine de Jean, et cela ne l'enthousiasmait pas vraiment de se forcer un chemin à travers eux à moins que ce ne soit d'une importance vitale, et ce n'était pas le cas.

Il agita sa main laissant la couverture autour de lui se fondre en une paire de jeans et un tee-shirt, recouvrant ainsi le maillot de bain qu'il portait toujours depuis la veille. Des bottes brunes apparurent à ses pieds tandis qu'il prenait une profonde inspiration avant de s'avancer vers les portes de Poudlard.

Il n'était jamais revenu depuis sa victoire contre Voldemort – trop de mauvais souvenirs, ainsi qu'un vieil homme par bien trop importun qu'il évitait comme la peste.

Les portes s'ouvrirent devant lui, et il entra calmement, ignorant les quelques professeurs qui discutaient entre eux dans la Grande Salle. Le semestre ne commençait pas avant quelques jours encore, aussi n'y avait-il pas d'élèves dans les environs pour pousser des exclamations excitées sur son passage.

« C'est si bon de te revoir, Potter. » déclara le visage narquois de Drago Malefoy tandis qu'il se plaçait devant Harry, lui coupant la voie. « J'ai entendu dire que tu apprenais à ces Français comment perdre avec grâce. »

Harry effectua un petit mouvement, semblable à celui d'un homme chassant avec désinvolture une mouche, et Drago fut propulsé dans les airs, avant de s'écraser contre un mur et tomber, inconscient, au sol.

Il esquissa un demi-sourire ; se défouler sur Drago lui remontait toujours le moral, et la fouine n'avait toujours pas appris que le genre de crasses qu'il avait endurées étant élève n'allaient plus être acceptées.

Mais cela ne faisait que quelques années, et Drago était bien connu pour être lent à la détente.

Il se rendit à la Bibliothèque et continua tout droit vers la section des Créatures Magiques, retirant des étagères tous les livres qu'il pouvait trouver sur les Vélanes, avant d'aller s'asseoir à l'un des pupitres.

Avec un léger soupir, il enclencha un compteur de trente minutes et se mit à étudier.

Le compteur révélait que vingt-huit minutes s'étaient écoulées lorsqu'il leva les yeux pour voir Albus Dumbledore qui lui souriait bénignement.

« Bon retour à Poudlard. » lança jovialement Dumbledore.

Harry haussa lentement un sourcil.

« Puis-je vous aider ? »

« Certainement serait-ce à moi de te poser cette question. »

« En ce cas. » répliqua Harry. « Non, vous ne pouvez pas. »

Il baissa de nouveau son regard vers ses livres et entreprit de reprendre sa lecture à l'endroit où il s'était arrêté.

Il était conscient que Dumbledore n'allait pas bouger d'un iota mais il l'ignora, espérant qu'il finirait par s'en aller. Cela lui avait pris beaucoup de temps, mais il avait finalement découvert l'information qu'il recherchait.

« J'exige qu'il soit arrêté. » tempêta Rogue en entrant en trombe dans la Bibliothèque. « Pour avoir attaqué un professeur de Poudlard. »

« Harry ? » interrogea Dumbledore.

Harry leva les yeux avec irritation. « Quoi ? »

« As-tu quelque chose à dire ? »

« A propos de quoi ? »

« Les allégations que le Professeur Rogue vient de faire ? »

Harry reporta son regard sur le graisseux Professeur de Potions. Il secoua sa tête lentement. « Si je voulais communier avec les damnés, j'aurais opté pour la Nécromancie. »

Rogue en eut le souffle coupé.

Il tourna la page et poursuivit sa lecture.

« Je ne peux pas te permettre d'attaquer mes professeurs. » dit Dumbledore, l'interrompant encore.

« Alors n'engagez pas des personnes qui font subir le Doloris à mes amis. »

« Nous en avons déjà parlé. » déclara Dumbledore avec lassitude. « Il était sous Imperium. »

« Oh ? » fit Harry, en levant les yeux. « Tout va bien, alors. Rogue m'a soumis à l'Imperium lorsque je suis arrivé pour donner une leçon à la fouine. »

« Qu-Quoi ? » balbutia Rogue.

« Je suis désolé. » continua Harry. « Aimeriez-vous que j'utilise des mots plus simples pour vous ? La sénilité semble affecter la population mâle de Poudlard bien précocement. »

Rogue semblait sur le point d'imploser alors qu'il prenait une couleur violacée, avant de porter sa main à sa baguette.

« Dégainez seulement votre baguette si vous désirez un véritable combat. » déclara tranquillement Harry, en retournant à sa lecture. « Parce que si vous le faites, le combat s'achèvera seulement avec la mort de l'un d'entre nous, et rappelez-vous, j'ai tué Voldemort. »

Rogue se pétrifia et lança un regard à Dumbledore. « Directeur ! »

Dumbledore soupira. « Tu me déçois énormément Harry. »

Harry leva de nouveau la tête. « Est-ce que votre approbation est supposée m'importer ? » s'enquit-il sincèrement intéressé par la réponse que lui donnerait son interlocuteur.

Dumbledore ne répondit pas immédiatement, et Harry hocha la tête pour lui-même.

Quand il releva la tête, ils étaient partis.

D'après ce qu'il avait pu lire jusqu'à présent, tout concordait. Les Vélanes pouvaient s'Unir, même à un jeune âge, et même si ce n'était pas commun, cela s'était déjà produit. La description de la folie causée par la mort du Compagnon était plus que choquante. Le Monde Sorcier n'était rien sinon exhaustif dans la documentation de certains phénomènes ayant trait à la douleur ou aux conséquences de mauvais usages de la magie.

Il referma le livre d'un bruit sec et s'adossa contre sa chaise, essayant de décider ce qu'il allait faire à présent.

La première option était d'aller à Gabrielle et faire ce qu'il avait à faire.

La seconde était de ne rien faire, et laisser la folie la prendre – ce n'était pas quelque chose avec laquelle il pourrait vivre.

La troisième était de voir s'il pouvait tomber amoureux d'elle.

Le problème était qu'il ne pouvait pas suivre cette option sans savoir à quel point Gabrielle était sérieuse à propos de toute cette histoire. Il devait savoir si elle désirait sincèrement, comme elle l'avait clamé, faire en sort qu'il tombe amoureux d'elle, ou si ses protestations n'avaient été que des mots désespérés pour l'empêcher de briser le Lien.

Il n'y avait qu'une seule manière pour le découvrir.

Il remit les livres à leur place et sortit de Poudlard, ignorant les personnes qui tentaient de lui parler. Aussitôt qu'il le put il transplana et fit de son mieux pour oublier le fait qu'il avait visité son ancienne école.

Il arriva à l'extérieur de la résidence Delacour et y entra d'un pas ferme. A présent qu'il savait que le Lien existait, il pouvait l'utiliser pour la trouver. Il monta les escaliers, notant distraitement que certains des employés de la demeure l'observaient avec un certain effroi avant de faire volte-face pour s'éloigner d'un pas empressé.

Il toqua à la porte de ce qu'il présumait être sa chambre et patienta.

Gabrielle l'ouvrit, sans aucun signe de surprise inscrit sur son visage.

« Entre. » dit-elle d'une voix douce, en se reculant pour lui céder le passage.

Il entra dans la pièce et s'arrêta en remarquant l'un des posters produits par son équipe de Quidditch sur un mur. Il reporta son regard sur elle et elle se mit à rougir.

Il se retourna complètement pour lui faire face.

« Très bien. » entama-t-il à brûle-pourpoint avec un haussement d'épaules. « Faisons-le. »

« Faire quoi ? » demanda Gabrielle, paraissant confuse.

« Te sauver. » élabora Harry avec un autre haussement d'épaules. « Afin que tu ne deviennes pas folle. »

« Je ne comprends pas. » répondit Gabrielle.

« Je n'ai pas exactement le choix. » déclara Harry. « Je ne peux pas avoir le fait que tu deviennes folle sur ma conscience pour le reste de ma vie, alors faisons ce qui doit être fait et passons outre. »

Gabrielle se recula de lui. « Non. » souffla-t-elle, en secouant sa tête. « Non. »

« Non ? » demanda-t-il, la poussant délibérément dans ses retranchements. « C'est la bonne chose à faire, n'est-ce pas ? Je suis là, consentant, nous faisons ce qui est nécessaire, et tout sera terminé. »

« Non. » répéta-t-elle, cette fois-ci un peu plus fermement. « Pas comme ça. »

« Quoi ? » s'exclama Harry. « Je t'offre ce que tu désires, et tu dis non ? »

Elle hocha la tête et leva son menton. « J'aurai ton amour, consenti librement, ou rien du tout. » dit-elle avec fierté. « Tu mérites au moins ça. »

« Foutaises. » renifla Harry. « Le mérite n'a rien à voir avec tout ceci. Il s'agit de faire ce qui est juste. »

« Non, ce n'est pas le cas. » contredit Gabrielle. « Je ne te laisserai pas faire ça, poussé par un sens de l'honneur ou de noblesse. »

« Tu ne me laisseras pas ? » répéta lentement Harry, délibérément.

« Exactement – si nécessaire je briserai le lien moi-même. » déclara-t-elle, en le regardant droit dans les yeux. « Je n'aurai pas un tigre encagé comme Compagnon. »

« Tu parles d'un choix. » gronda Harry. « Soit je tombe amoureux de toi, ou tu me condamnes à une honte éternelle quoi qu'il en soit. »

Gabrielle se recula comme s'il l'avait frappée, et ses magnifiques yeux s'emplirent de larmes, des larmes qu'elle ne laissa pas couler sur ses joues.

« Je suis désolée, » murmura-t-elle, « tellement désolée. Mais cela ne serait pas une honte éternelle, Harry. » continua-t-elle presque avec enthousiasme. « Lorsque le Lien sera brisé, tu seras capable de ressentir l'amour avec une femme qui en sera digne, et je disparaîtrais de ta mémoire comme un rêve d'été. C'est ce qui se passe pour le Compagnon lorsque le Lien est brisé : tu oublieras tout de moi. Tu seras de nouveau libre. »

« Et qu'en est-il de toi ? » demanda doucement Harry.

« Moi ? » rit-elle amèrement. « Je paierai seule pour mes erreurs, comme cela aurait dû être le cas depuis le début. »

« Es-tu certaine de ne pas vouloir faire ça ? » demanda-t-il encore. « J'ai fait quelques recherches sur les Vélanes tout à l'heure. Nous pourrions aller dans ton lit, et dans quelques heures, tu seras de nouveau complète. » Il posa ses mains sur sa taille et retira son tee-shirt. Il se déplaça pour aller s'appuyer contre le mur les bras croisés. C'était une posture de l'une des séances photos auxquelles il avait dû participer pour son club, seulement il avait porté une chemise à ce moment-là.

Il pouvait voir le désir le plus nu dans ses yeux, tandis que ses pupilles se dilataient, et qu'un léger rougissement apparaissait sur ses joues. Il la regarda se faire violence pour lui répondre. Pour la première fois, il regretta la mettre dans cette position, mais c'était la seule façon pour lui de se voir avancer dans une relation avec elle.

Si elle disait oui, il le ferait, décida-t-il. Il obtempérerait et il passerait la nuit avec elle. Ce ne serait peut-être pas de l'amour, mais il la trouvait au moins attirante, même si elle était encore un peu jeune.

« Non. » finit-elle par lâcher d'une voix torturée, en se mordant la lèvre. « Non. »

Les larmes commençaient à présent à couler le long de son visage, et elle se détourna, se dirigeant vers la porte.

« Alors tu ne me laisses pas le choix. » conclut Harry, un léger sourire sur son visage.

Elle s'arrêta mais ne se retourna pas pour le regarder.

« Nous devrons donc nous y prendre différemment alors. »

« Pardon ? » demanda-t-elle.

« Nous disposons de quoi, sept ou huit mois ? »

« Avant que je ne devienne folle ? » demanda-t-elle avant d'acquiescer, son dos toujours tourné vers lui.

« Alors nous devrons voir si je peux tomber amoureux de toi durant le temps imparti. »

Elle se retourna lentement. « Est-ce que tu joues avec moi ? » interrogea-t-elle faiblement, ses yeux à présent emplis de douleur.

« Plus maintenant. » répondit-il. « Je devais savoir si tu étais sérieuse lorsque tu affirmais me désirer de mon plein gré. Je ne suis pas désolé de t'avoir fait endurer ça, parce qu'à présent je sais que tu l'es. Tu n'es pas exactement repoussante, Gabrielle, et je t'apprécie réellement. Ne pense pas que j'ai tiré un trait sur tout ce qui s'est passé. C'est loin d'être le cas. Tout ce que je te propose c'est que, eh bien, voyons ce qui va se passer entre nous. Nous pouvons continuer comme nous le faisions depuis que nous nous sommes rencontrés, et voir ce qui se développe. »

« Vraiment ? » demanda-t-elle, l'expression de son visage se transformant en une expression d'espoir.

Il opina. « Je vais aller parler à Madame Maxime et passer quelque temps à Beauxbâtons. »

« Puis-je quand-même revenir à l'école demain ? »

Il pencha sa tête sur le côté en lui lançant un regard curieux. « Tu peux faire comme il te semble, Gabrielle. Tu vas devoir être toi-même, parce que le seul conseil que je puisse te donner c'est que je ne tomberai pas amoureux d'une illusion. »

« Il faut que je te demande, » murmura-t-elle, « qu'en est-il de mon âge ? »

Harry secoua lentement sa tête. « Si nous ne pouvons pas surmonter le problème de l'âge, alors rien ne se produira. Il n'y a pas de pré-requis à cela, Gabrielle. Si je peux tomber amoureux de toi, je le ferai. »

« Merci. » dit-elle en se mettant lentement à lui sourire.

Son sourire sembla s'élargir, et une fois de plus il sentit une petite caresse sur son cœur. La même que lorsqu'elle l'avait supplié. Il s'admit à lui-même qu'il se pourrait que ça ne soit pas si difficile que ça, mais là n'était pas vraiment la question. Cela n'allait jamais être une relation normale – non pas qu'il en ait vraiment eu une en premier lieu – à cause des circonstances. S'il acceptait cette Union, c'était le genre d'engagement qui faisait paraître le mariage temporaire et évanescent. Certains livres avaient mentionné comment certaines Vélanes croyaient que l'Union pouvait aller au-delà de la mort et jusque dans l'éternité.

Il hocha la tête à son intention. « Je vais aller voir ton père et aérer l'air entre nous. »

« Tu es sûr ? » s'enquit Gabrielle.

Il opina du chef. « J'apprécie Jean. »

Elle s'avança de quelques pas, hésitant pendant une seconde avant de bondir vers lui et l'étreindre avec force. « Merci. » souffla-t-elle encore, en se reculant de quelques pas.

Il hocha la tête et se dirigea vers la porte. « Je te vois bientôt. » dit-il avec un peu d'embarras, puis il s'interrompit pendant une seconde quand une idée le frappa. « Gabby. »

Elle lui lança un sourire éclatant et opina du chef.

Il se retourna et sortit de la chambre avant de descendre les escaliers, pour se diriger vers le bureau de Jean.

« Puis-je avoir un mot Harry ? » demanda Aimée Delacour, en l'interceptant dans le couloir.

Il opina et la suivit dans la pièce qu'elle lui indiqua. Elle ressemblait beaucoup au bureau de Jean, mais là où le sien était manifestement masculin, celui-ci était tout aussi manifestement féminin. Elle le conduisit jusqu'à une paire de fauteuils se trouvant devant la cheminée.

« Du thé ? »

« Avec du lait, sans sucre. » répondit-il poliment.

Aimée emplit une tasse d'un élégant set de thé Chinois, et la lui présenta, puis s'assit avec lui.

« En oubliant une seconde que Gabrielle est ma fille, comment vous sentez-vous vis à vis de tout cela? »

« Sonné. » répondit-il sincèrement. « Mais mieux que je ne l'étais ce matin. »

« Oh ? »

Harry se trémoussa inconfortablement dans son fauteuil. « J'ai offert de, hum, consommer l'Union avec Gabrielle. »

« Vraiment ? »

« Comme un test. » avoua-t-il. « Je devais savoir. »

« Qu'elle disait la vérité lorsqu'elle prétendait vous désirer de votre plein gré ? »

« Exactement. »

« Et j'imagine qu'elle a dit 'non' ? »

Harry hocha la tête.

Aimée eut un léger sourire. « Ma fille possède parfois une volonté extrêmement affirmée ; têtue, peut-être. Alors qu'allez-vous faire à présent ? »

« Voir ce qui se passe. » répondit-il.

Aimée prit une gorgée de son thé et le contempla pensivement. « Je n'aime pas cette situation, Harry. Dans n'importe quelle autre circonstance, je ne laisserais pas un homme plus âgé que Gabrielle près d'elle à cet âge-là. Mais ce ne sont pas des circonstances normales, et je trouve que la seule bonne chose à propos de cette affaire est qu'au moins Gabrielle a fait un excellent choix. Je croyais qu'il aurait été juste de vous révéler ce qui se passait dès le début, mais ma fille a persuadé son père que c'était la meilleure marche à suivre. Je ne suis toujours pas convaincue. »

Harry acquiesça.

« Et pourtant, je me trouve curieusement reconnaissante envers vous, malgré tout. Cela a été une tâche des plus difficiles pour moi, une sorcière humaine, que d'élever deux filles Vélanes. Voyez-vous, lorsque Fleur est allé à l'école, cela a été, » elle marqua une pause, comme si elle cherchait le terme approprié. « explosif. Une Vélane qui mûrit peut être une chose très difficile à gérer. Il y a des dramatiques sautes d'humeur, des périodes de mélancolie suivies par des périodes d'étourderies des plus consternantes. Et c'est sans parler des problèmes que la manifestation des pouvoirs Vélanes aux mauvais moments peut causer. Fleur a appris à user de ses pouvoirs pour faire face aux problèmes qu'ils causaient, et bien que ce fut tumultueux parfois, nous en avons vu le bout. »

Aimée s'interrompit et posa sa tasse de thé.

« Gabrielle a été très différente. La meilleure explication que je puisse vous donner est que Fleur était sauvage, atteignant tout le monde avec son pouvoir, même accidentellement. Gabrielle vous avait comme point d'ancrage dans son cœur. Elle était capable d'user de cela pour garder presqu'un parfait contrôle sur elle-même, et cela facilita de beaucoup sa maturation. Cela signifiait qu'à chaque fois qu'elle usait de ce point d'ancrage, elle tombait davantage amoureuse de vous. »

Harry hocha la tête. « D'après ce que j'ai lu aujourd'hui, cela a du sens. » il s'interrompit. « Je ne vais pas permettre que Gabby devienne folle. » déclara-t-il lentement.

« Vraiment ? »

« Non. » affirma-t-il. « Si je ne suis pas tombé amoureux d'elle d'ici à l'échéance, je le ferais quoi qu'il en soit, malgré elle. »

« Elle ne désire pas cela. » fit doucement remarquer Aimée.

« On obtient pas toujours ce que l'on veut. »

« En effet. » accorda Aimée. « Dites-moi Harry. Qu'a fait Gabrielle lorsque vous l'avez appelée Gabby ? »

« Elle m'a sourit. » répondit Harry.

Aimée poussa un léger soupir. « La dernière fois que Jean a tenté d'appeler Gabrielle 'Gabby' nous avons eu une crise de rage Vélane qui a duré une semaine entière. »

Harry eut un sourire désabusé. « Je suppose qu'être le Compagnon Choisi me confère certains privilèges. »

« En effet. »

« Puis-je me joindre à vous ? » demanda Jean depuis le pas de la porte.

Aimée lança un regard à Harry, qui hocha la tête.

Jean attira un autre fauteuil et sourit à sa femme qui lui emplissait une tasse de thé. Il regarda directement Harry dans les yeux.

« Je suis désolé. » s'excusa-t-il avec un haussement d'épaules typiquement Français.

« Mince, Jean. » soupira. « Vous devriez me connaître mieux que cela. »

« Le temps, Harry, peut obscurcir bien des choses, particulièrement lorsqu'elles reposent sur un évènement que nous préfèrerions oublier. »

« La majorité de ma vie est comme ça. » répondit Harry avec une pointe d'amertume. « Il n'y a pratiquement jamais eu une année où je n'ai pas eu à me battre pour ma vie, ou à finir à l'hôpital. Ma vie a été excitante, certainement, mais il y a des fois où je souhaite que cela n'ait pas été le cas. » il regarda Jean dans les yeux. « J'aimerais pouvoir oublier qui je suis, être autorisé à laissé le passé s'obscurcir de lui-même, être libre des manipulations des personnes qui sont convaincues qu'elles ont mes meilleurs intérêts à cœur, et pourtant aucune d'entre elles ne fait mine de demander ce que je désire vraiment. Et il y a des fois où je suis convaincu que c'est un espoir futile, qui ne sera jamais voué à être réalisé. »

Jean détourna le regard après quelques secondes, et baissa la tête tandis qu'Aimée plaçait sa main légèrement sur son bras.

Il leva les yeux vers elle et sourit faiblement.

« Grandir est difficile n'est-ce pas ? »

« Ca l'est. » acquiesça-t-il avec un hochement de tête. « Et le faire autour de personnes qui tendent à oublier que vous êtes plus âgé rend la chose plus difficile encore. »

« Vous parlez de vos amis ? »

Il opina.

« J'ai parlé à Ron et Hermione la nuit dernière. D'après ce que j'ai compris, Harry, vous n'êtes pas le seul à grandir j'ai été très impressionnée par Ronald. Il semble très loyal. » commenta Aimée d'une voix tranquille.

Harry cligna des yeux de surprise. S'il lisait correctement le message d'Aimée, elle n'était pas autant impressionnée par Hermione. Cela signifiait donc, que Hermione avait mené tout cela, et Ron avait essayé de la réfréner. C'était une tâche qu'il savait difficile et dont Ron lui avait beaucoup parlé en privé. Il lui avait raconté comment être marié à une fille à la volonté affirmée était plus dur que cela semblait. C'était étrangement rassurant de savoir qu'il avait au moins un ami qui croyait encore en lui.

« Merci. » dit-il à Aimée, avant de se retourner vers Jean. « N'essayez plus de me manipuler je vous prie. C'est la seule chose que je ne supporterai pas. Si vous avez un problème, faites m'en part directement ; vous découvrirez que même une mauvaise réaction de ma part est préférable à ma réaction lorsque j'apprends que j'ai été traité comme un mouton. »

Jean hocha la tête. « J'en veux pour preuve mon verger. »

Harry grimaça. « Je suis un peu désolé pour ça. » dit-il.

« En considérant ce que vous auriez pu faire à mes terres et à ma fille, je me dois d'admirer votre restreinte, même sous le coup d'émotions aussi profondes. »

« Et sur cette note, je vais devoir vous quitter. » conclut Harry, en se sentant un peu embarrassé. « J'ai besoin de parler à Olympe et passer ensuite un peu de temps seul, à travailler. »

Jean ouvrit sa bouche, mais un regard sévère de la part d'Aimée l'interrompit.

« Vous êtes plus que le bienvenu ici, à tout moment Harry. »

« Merci. » acquiesça Harry et il sortit de la pièce.

Quelques minutes plus tard, il avait quitté la résidence.


« Que s'est-il passé? » interrogea Fleur en entrant dans la pièce.

« J'ai une chance. » expliqua Gabrielle qui s'effondra sur son lit. « Il m'a torturée avant d'accepter de continuer. »

« Torturée ? » demanda Fleur.

« Il se tenait là, où tu te trouves, torse-nu, ses bras croisés d'une façon désinvolte, et m'a offert de coucher avec moi. C'était la chose la plus érotique que j'aie jamais vue. »

« Et tu n'as pas dit oui ? » s'exclama Fleur avec incrédulité.

« Je le voulais. » avoua Gabrielle. « Tellement. Pas à cause de l'Union, mais parce qu'il était magnifique et que chaque part de moi, Vélane et Humaine, le désirait. Mais j'ai résisté. » Elle se tut pendant une seconde. « C'était la chose la plus difficile que j'aie fait de ma vie et je ne veux plus jamais avoir à lui dire non. »

« Et ? »

« Il m'a révélé que cela avait été un test. Et à présent que je l'avais réussi, nous pouvions continuer normalement. Et que peut-être nous finirons par tomber amoureux après tout. »

« Cela ne ressemble pas vraiment à Harry. »

Gabrielle se tourna pour se coucher sur le côté. « Combien de temps as-tu passé avec Harry ces trois dernières années ? »

« Que veux-tu dire ? »

« Pendant ces trois dernières années combien de temps as-tu passé avec lui ? »

« Pas beaucoup. » avoua Fleur avec un adorable haussement d'épaules.

« Alors tu bases tes réactions en fonction de ce qu'il était il y a des années ? »

Fleur hocha lentement la tête.

« Ne penses-tu pas que jouer au Quidditch Professionnel, voyager à travers le monde, et être une star, ont pu le faire grandir un peu ? »

« Je n'avais pas pensé à cela. »

« Ni moi non plus. » soupira Gabrielle. « Mes recherches sont pratiquement inutiles. Mais tu sais quoi, j'en suis heureuse, d'une façon étrange. »

« Comment cela ? »

« Cela veut dire que je vais devoir apprendre à le connaître, que je serai surprise et étonnée par ce qu'il fera et comment il réagira, et cela signifiera que je n'aurai pas à suivre l'un de mes scripts avec lui. Je n'aurai qu'à être moi, juste Gabrielle, et espérer que je pourrai ainsi gagner son cœur.

« Cela semble beaucoup plus…honnête. »

« Mais effrayant. » fit observer Fleur.

« Cette entière histoire a été effrayante. » admit Gabrielle. « Mais j'ai de l'espoir, et sans ça, je ne suis rien. » Elle s'interrompit pendant quelques secondes puis ajouta. « J'ai aimé lorsqu'il m'a appelée Gabby. »

Fleur trébucha et dut se rattraper à un fauteuil qui se trouvait heureusement près d'elle.

« Quoi ? Mais tu détestes ce surnom ! »

« Pas quand il le dit. » sourit sa petit sœur. « Maman m'a raconté une fois que Papa aime l'appeler Aim, un nom que personne d'autre n'utilise. Elle dit que c'est parce que ça lui donne un sentiment de possession et d'unicité – qu'il est la seule personne à l'appeler ainsi. Je pense que c'est un peu pareil. Pour lui, je serai Gabby, mais pour personne d'autre, jamais. »

Fleur éclata de rire et secoua sa tête.

« Tout cela me pose des problèmes. » admit-elle doucement.

« Avec Bill ? »

« Oui. Il se demande pourquoi je ne me Lie pas à lui, et bien qu'il comprenne pourquoi il se peut que ne le désire pas, je peux le voir dans ses yeux. »

« Que vas-tu faire ? »

« Je ne sais pas. » soupira Fleur. « Je ne me Lierai à aucun homme qui n'est pas mon mari, et pourtant il ne semble pas pressé de faire de moi sa femme. »

« As-tu considéré de lui demander ? »

« Absolument pas. » répondit sévèrement Fleur. « C'est entièrement ma vie, et s'il ne peut pas poser une question aussi simple, alors peut-être n'est-il pas la bonne personne pour moi. »

« Où est Bill ? »

« En bas avec Ron et Hermione. »

« Pourquoi n'irais-tu pas les rejoindre, j'ai à travailler sur quelques projets scolaires. »

« Travailler sans se divertir fait de Gabrielle une fille terne. »

« Je ne pourrais jamais paraître terne, ma chère sœur. Et cela me permet de me détendre, et après les dernières trente-six heures, me détendre est quelque chose dont j'ai vraiment besoin.


Harry traversa le hall d'entrée de Beauxbâtons et fit route vers le bureau d'Olympe. Cela le surprenait un peu de se rendre compte à quel point il se sentait à l'aise dans cette école, quand il la comparait à Poudlard. Il y avait une sorte de sérénité au sein de l'école à laquelle il s'identifiait.

Il frappa à la porte et entra après en avoir reçu l'autorisation, prenant un siège devant l'immense bureau.

Olympe le regarda droit dans les yeux. « Je vais mettre les choses au clair, Harry. Personne, pas même Jean-Sébastien, ne pourrait me faire engager un professeur que je n'estimerai pas compétent. Bien que je fusse disposée à plier quelque peu les règles à cause de la condition infortunée de Gabrielle, je ne vous aurais jamais autorisé à être professeur seulement à cause de cela. »

Harry acquiesça et changea le sujet. « Je souhaitais vous demander quelle était la relation exacte de Jean avec Beauxbâtons ? »

« Les Delacour sont l'une des premières familles de France. Ils sont similaires en terme de pouvoir à ce qu'étaient les Malefoy en Angleterre, avant qu'ils ne perdent leur argent et leur influence. Ils ont aidé à fonder Beauxbâtons et disposent d'un siège héréditaire, similaire à celui d'un membre du Conseil d'Administration. Jean lui-même est globalement considéré comme le futur Ministre de la Magie, bien que certains conservateurs n'apprécient pas son ascendance – les préjudices ont un fort impact dans notre Société Sorcière, tout comme en Angleterre. Cependant, la défaite de Voldemort, et son implication dans la bataille, l'ont remis dans la course. »

Harry hocha lentement la tête. « Savez-vous pourquoi je ne me suis pas désisté ? » interrogea-t-il.

Olympe secoua sa tête.

« Parce que vous avez demandé mon aide pour la Coupe de Throbus, vous n'avez pas essayé de me piéger pour me forcer la main, vous m'avez présenté le problème et laissé prendre ma propre décision. J'apprécie cela plus que tout autre chose. »

La directrice sourit. « Je dois dire qu'agir autrement ne m'est pas venu à l'esprit. »

« En ce cas. » commença Harry en se levant. « Je vais y aller. Je désire passer les prochains jours à mémoriser les noms de mes classes. »

« Savez-vous ce que vous allez leur enseigner ? »

Il acquiesça. « Je vais commencer par leur faire oublier tout ce qu'ils connaissent, et leur apprendre à s'amuser d'abord, et jouer ensuite. Si vous n'aimez pas voler, vous n'apprécierez jamais de pratiquer un sport qui nécessite un balai. »

« Cela semble être un excellent plan. J'ai eu une réunion avec les Directeurs d'année hier, et nous allons employer le plan que Gabrielle et vous avez élaboré. La maison gagnante obtiendra un trophée. »

« Et des tickets pour le prochain match international de Quidditch, ainsi qu'une chance de rencontrer les joueurs. »

Olympe haussa ses sourcils.

Harry haussa les épaules. « Beaucoup de personnes me doivent des faveurs, autant les leur rappeler à leur bon souvenir. »

« C'est très généreux de votre part, Harry. »

Harry sourit et hocha la tête. « Je vous vois plus tard. »


Harry était assis à même le sol dans sa chambre, des documents étalés devant lui tandis qu'il essayait de se tester sur les noms des élèves dont il aurait la charge.

D'une manière étrange, c'était presque comme étudier pour un examen quand il était à Poudlard, seulement cette fois-ci il n'avait pas ses deux acolytes avec lui.

En partie parce qu'ils étaient probablement au lit à cette heure-ci, et en partie parce qu'il était encore sacrément irrités contre eux. De toutes les personnes qu'il connaissait, ils auraient dû savoir à quel point il détestait être manipulé, et le fait qu'ils aient consenti à le faire continuait de le ronger.

Peu importait si ce qu'ils avaient fait été 'pour le mieux' – un leitmotiv qu'il haïssait avec autant de passion qu'il en éprouvait pour les membres de la famille Malefoy. Ce qui importait était que plutôt que de lui présenter le problème, ils avaient essayé de le lui faire résoudre à son insu.

Le problème qui le tiraillait était que sa méthode usuelle qu'il employait en pareille situation comprenait une bonne dose de colère et une pincée de paroles bien senties. Bien qu'il contemplât avec une certaine satisfaction l'idée d'opter pour cette méthode, il n'était pas certain que ce fût la manière la plus adulte de gérer la situation.

Ce qu'il désirait était l'absolue promesse qu'ils ne recommenceraient plus jamais, quelques soient les circonstances. Et même si tempêter et vitupérer pouvait accomplir ça, ce n'était pas une manière adulte d'obtenir ce qu'il voulait.

En dépit de cette aberration, Ron et Hermione étaient ses meilleurs amis et il pouvait, et il leur faisait confiance, ce qui rendait leurs agissements d'autant plus blessants.

Et cela avait été son problème toute l'après-midi durant. Il n'avait cessé de tourner en rond dans ses ruminations. A chaque fois qu'il tentait d'aborder l'approche adulte, il se rappelait juste à quel point il était sacrément horripilé par leur manipulation de haut-vol dont il avait été la victime.

Et il ne savait toujours pas exactement ce qu'il allait faire à propos de Gabrielle.

Oui, elle était sublime, mais là encore, il n'avait jamais vu de Vélane qui ne l'était pas. Mais de l'amour ? Ce n'était pas comme s'il était même certain de ce qu'était l'amour. Quelques escapades nocturnes ne constituaient certainement aucune indication de ce que l'amour pouvait, ou ne pouvait pas, être.

Il parlait de tomber amoureux, et c'était sans se risquer sur la question de l'âge, avec quelqu'un qui n'était que partiellement humain.

Ses recherches à Poudlard lui avaient révélé plusieurs choses intéressantes, parmi elles, la description d'un homme sur ce qu'on ressentait quand on était le centre d'une Union Vélane et à quel point il trouvait cela merveilleux.

L'idée d'un amour comme ça était quelque chose qui intéressait énormément Harry, ce qui, considéré sa vie, n'avait rien de surprenant. Mais il ne désirait pas se précipiter et prendre de mauvaises décisions à cause de cela.

Et il ne savait toujours pas ce qu'il allait faire à propos de Ron et Hermione.

Tout ce qu'il savait, c'était que quoi qu'il fasse, sa parole n'allait pas dépasser sa pensée. Il ne perdrait pas ses deux amis à cause de cette histoire.


Olympe Maxime observa les rangées d'élèves devant elle. Le début d'une année l'emplissait toujours d'espoir et de joie.

« Bienvenue, mes chers élèves, pour une nouvelle année à Beauxbâtons. » elle marqua une pause pendant que les élèves applaudissaient comme il convenait. « Cette année marque un nouveau début pour Beauxbâtons, et sera, sans nul doute, la plus excitante qu'il vous aura été donnée de vivre. »

Elle avait à présent l'entière attention de son auditoire. « Nous instaurons une nouvelle compétition. Tous les étudiants seront séparés selon différentes maisons, et tout le long de l'année, il sera attribué des mérites et des démérites selon le comportement, et les prouesses académiques et sportives. A la fin de l'année, la maison gagnante remportera le Trophée de Beauxbâtons. » Elle agita théâtralement sa baguette, et au bout de la Salle, une lampe illumina un coffret en verre. A l'intérieur se trouvait un trophée en or qui semblait scintiller de mille feux sous la lumière. « Ainsi que, » continua-t-elle, « une journée de sortie pour aller voir l'équipe Nationale Française de Quidditch jouer contre l'Angleterre, et rencontrer les équipes avant le match. »

Les élèves commencèrent à murmurer parmi eux, et elle put sentir l'atmosphère s'électriser d'excitation. « En plus de cela, Beauxbâtons va aussi participer à un autre tournoi avec Durmstrang et Poudlard. Un tournoi de Quidditch. »

Des exclamations étouffées et des regards nerveux changèrent de nouveau l'ambiance. Ils savaient, aussi bien qu'elle, qu'ils n'avaient même pas d'équipe, et encore moins une équipe qui puisse participer à une compétition quelle qu'elle soit. Le moment était à présent parfait pour présenter le nouveau professeur. Elle avait eu à parler très vite pour le persuader de faire une entrée comme ça, étant donné que sa réticence naturelle lui faisait éviter soigneusement de causer une scène. Cependant, il avait cédé face à ses affirmations tout à fait véridiques que chaque nouveau membre du personnel disposait d'une introduction similaire.

« Bien entendu, » poursuivit-elle, après avoir laissé la nervosité grandir pendant une seconde. « Je suis consciente que nous ne possédons pas d'équipe de Quidditch. Avec la retraite du Professeur Vol, nous avons trouvé un nouveau professeur, un qui, je crois, vous allez trouver plus que qualifié pour nous aider à non seulement rivaliser avec les autres écoles, mais aussi à gagner.

« Puis-je vous présenter, Harry Potter ! »

La porte s'ouvrit, et Harry, vêtu de robes formelles, ses lunettes les plus transparentes possibles, marcha lentement dans la Salle jusqu'à la table des professeurs. Les élèves semblaient ébahis tandis qu'ils regardaient une personne qui était presque une légende vivante, fouler le sol de leur école.

Elle vit Gabrielle être la première à bouger, se levant et applaudissant. Les autres suivirent rapidement, saisis par le moment et se mirent à l'acclamer. C'était ce qu'elle désirait, la passion pour l'école, et peut-être les premiers signes d'espoir. Parce que c'était un fait admis : Harry ne perdait pas. Il mettait tout dans ce qu'il faisait pour s'assurer la victoire – et elle pouvait voir les élèves penser que s'il les aidait, alors peut-être, juste peut-être, ils seraient capables de l'emporter aussi.

« Merci, Madame Maxime. » déclara Harry, sa voix faisant cesser sans efforts les clameurs, tous se taisant afin de l'écouter. Elle remarqua que son accent et le lexique choisi étaient bien plus sophistiqués que le patois dont il usait d'ordinaire.

« C'est un plaisir d'être ici, et j'attends avec grande impatience de travailler avec vous durant cette année. A Présent, Madame Maxime m'a donné l'honneur de vous répartir dans vos Maisons. »

Les élèves se firent plus silencieux encore, chaque visage dans la Salle était tourné vers Harry, écoutant avec la plus grande attention.

« Votre Maison ne sera pas juste un nom, ce sera un symbole de votre amitié et de votre compétition. En tant que tel, nous avons choisi le nom de chaque Maison d'après un monument de Paris, et chaque Maison fera un rapport sur leur monument respectif à la fin de l'année. » Il se tourna légèrement et leva ses mains. Derrière la table des professeurs, quatre longues bannières apparurent. Rouge, Verte, Bleue, et Jaune, chacune estampillée d'une représentation magique du monument en question.

Il se tourna de nouveau et frappa des mains. Quatre feux apparurent et flottèrent dans l'air au milieu de la Salle.

Olympe sourit doucement, Harry n'aimait peut-être pas l'attention, mais jouer au Quidditch l'avait manifestement aidé à découvrir son sens du spectacle.

Les feux, un de chaque couleur, commencèrent à danser autour de la pièce, et alors qu'ils dansaient, ils se séparèrent en deux, puis chaque partie ainsi créée se sépara, encore, et encore, jusqu'à ce que l'air soit empli de petites flammes dansantes.

Il écarta ses bras, et les flammes semblèrent s'arrêter, avant de descendre en piqué, et d'une manière manifestement aléatoire, allèrent flotter devant les élèves.

« Regardez vos couleurs, et ensuite regardez autour de vous. Les personnes avec les mêmes couleurs que vous sont vos nouveaux camarades de Maison, vos nouveaux amis, et collègues, les personnes qui vous aideront et vous supporteront. » Il frappa de nouveaux des mains, et les feux tombèrent sur les genoux des élèves qui semblèrent tous sursauter, avant de se rendre compte que le feu avait changé les broderies de leur robe, et ils se mirent alors à applaudir et à l'acclamer de nouveau.

Olympe se mit sur ses pieds et sourit à Harry.

« Merci, Professeur Potter. Vous trouverez plus de détails concernant les Maisons ce soir, mais pour l'heure, mangeons ! »


Gabrielle secoua sa tête et se détendit sur son lit, épuisée. Elle ne s'était pas vraiment attendue à ce que les annonces lui causent tant de travail. En tant que Préfète-en-Chef, elle avait été inondée de questions et de requêtes pour plus d'informations de la part de pratiquement tout le corps étudiant.

Et la plus grande part d'entre elles avaient portées sur des sujets dont les élèves ne pouvaient pas réellement discuter avec les professeurs. Le fait, par exemple, que des amis de longue date soient dans différentes maisons et que des garçons et des filles qui sortaient ensemble se retrouvaient à présent en compétition.

« Gabby ? »

Elle se trouva sur ses pieds avant que la seconde syllabe n'ait été prononcée. Elle se dirigea vers son salon et jeta un regard au feu de sa cheminée.

« Harry ? »

« Ca te dérange si je viens ? »

« Je t'en prie. » l'invita-t-elle. Elle n'avait pas vraiment eu de temps seul avec lui depuis le week-end où les choses avaient mal tourné.

Il sortit du feu il s'était mis à l'aise et il portait de nouveau les jeans qu'il semblait préférer porter.

« Aimerais-tu une tasse de thé ? »

« Assieds-toi, je vais le faire. » dit-il. « Tu sembles épuisée. »

Elle acquiesça et s'enfonça dans l'un de ses fauteuils, libérant distraitement ses cheveux de la queue de cheval dans laquelle ils étaient confinés.

Il revint et lui tendit l'une des tasses qu'il tenait en main, en s'asseyant en face d'elle. « Comment tiens-tu le coup ? »

Elle le regarda également. « Avec les élèves ? Ils sont épuisants. »

Il lui sourit avec malice. « Les adolescents, épuisants ? Vraiment ? Je détestais lorsqu'ils faisaient des camps d'été chez les Cannons. Des centaines d'adolescents convaincus qu'ils étaient à deux doigts de devenir professionnel. Comment prennent-ils les choses ? »

Elle prit lentement une gorgée de thé, soufflant un peu sur le liquide chaud. « Ils sont excités et impatientés de jouer le jeu. Il y a plus d'énergie dans cette école cette année que j'en ai vue depuis que je suis ici. Certains des seniors sont déjà en train d'organiser le rapport qu'ils vont faire sur leurs Maisons. »

Harry hocha lentement la tête. « Nous devrons leur donner quelques instructions claires bientôt, nous voulons qu'il y ait autant de magie que d'histoire. »

« Et bien sûr, il y a beaucoup de discussions à propos du sublime nouveau professeur. » elle eut une petite expression de dégoût. « Jusqu'à présent, d'après ce que j'ai dénombré, tu es le récipiendaire de quatorze béguins féminins, avec au moins une fille de chaque année et trois béguins masculins. »

Harry cligna des yeux puis se mit à rire. « Eh bien c'était un peu inattendu. »

Gabrielle haussa les épaules. « Et pas une fois je ne leur ai jeté un sort. »

« J'admire ta restreinte. »

« Et maintenant, tu te moques de moi. » se plaignit Gabrielle avec une légère moue.

« Un peu. » admit Harry avec un petit sourire. « Si ca devient trop, fais-le moi savoir ou à un des autres professeurs, Gabby. Nous ne voulons pas que tu te vides de toute ton énergie. »

Elle lui sourit d'un air rassurant. « C'est seulement le premier jour, et tout est nouveau. Ca va se calmer. »

Il acquiesça et termina son thé. « Si tu as besoin de parler, » déclara-t-il, « tu sais où se trouve ma chambre. » Il sembla déchiré pendant une seconde et il claqua des doigts. Une petite carte apparut dans sa main. « Ma Cheminée est protégée. » il la plaça sur la table et disparut dans le feu.

Elle sauta sur ses pieds et courut vers la table. C'était une clé de sa chambre. Elle effectua une petite danse ainsi qu'une pirouette, sa fatigue oubliée. Elle ne savait pas pourquoi il lui avait donnée la clé mais cela ne lui importait pas vraiment. A ce stade, elle accepterait tous signes de sa part, aussi minimes fussent-ils.

Elle jeta un œil à sa montre et décida que le sommeil était plus important qu'une douche – tout particulièrement comme elle désirait être à son avantage pour sa première leçon de vol le lendemain matin.


Gabrielle sortit du château avec les douze autres élèves pour la première leçon de vol de l'année. Madame Maxime avait changé l'emploi du temps afin qu'elle puisse être présente pour la première leçon de Harry, au cas où il aurait besoin de soutien. Personnellement, elle doutait que ce soit le cas, mais elle n'était pas le genre de personne à refuser pareille opportunité.

Treize balais étaient au sol, et ils étaient tous alignés les uns à côté des autres, comme cela avait été le cas à chaque début de leçon qu'ils avaient eues par le passé. Elle dut se rappeler que Harry était bien loin d'être aussi mauvais que le Professeur Vol, mais elle pouvait voir que les autres élèves ne semblaient pas penser ainsi.

Elle se détendit en remarquant Harry voler vers eux. Il avait la même expression de pure joie sur le visage qu'il avait à chaque fois qu'il volait.

Il vola devant eux et ensuite sembla frapper d'un coup de pied son balai qui se dressa verticalement dans les airs. Il posa ses mains sur le manche et se laissa descendre au sol dans ce qui était une démonstration impressionnante de maîtrise de balai. Elle dut se faire violence pour ne pas pousser une exclamation d'ébahissement avec les autres élèves. Elle l'avait vu volé plusieurs fois, l'observant jouer ses matchs de Quiddtich depuis les tribunes, mais elle n'avait jamais vraiment réalisé qu'il était un professionnel, et qu'en tant que tel, pouvait probablement réaliser des choses avec un balai qui échappait à la compréhension des personnes normales.

« Bienvenue. » accueillit-il avec un sourire. « Dites-moi, quel est le but du vol ? »

« Le but du vol sur un balai est d'aller d'un point A à un point B avec le moins de chichis possibles. » psalmodièrent à l'unisson les autres élèves.

« Faux. » déclara jovialement Harry. « Le but du vol est de s'amuser et de le faire tout en restant en sécurité. Alors la première chose que nous allons faire est de voir ce que chacun d'entre vous pouvez faire sur un balai. Ce que je veux que vous fassiez tous, c'est de vous élever à environ quinze mètres, exécuter une figure en huit, et atterrir. Comme ceci. »

Il sauta dans les airs, montant son balai comme il l'avait fait l'autre jour l'élégance nonchalante dont il faisant preuve la captivant toujours, et il s'éleva rapidement dans les airs avant de se maintenir à la hauteur appropriée. Il sembla ensuite voler à toute allure décrivant une trajectoire en forme de huit, avant de plonger vers eux, en redressant à la dernière seconde.

« Très bien, Simone, tu es la première. Ne fais rien qui t'incommode, et détends-toi simplement, fais-toi plaisir et voyons ce que tu peux faire. »

Simone appela son balai et s'y assit en Amazone.

« Attends. » intervint Harry. « En Amazone ? »

« C'est ainsi qu'on a enseigné aux filles à voler. » expliqua nerveusement Simone.

« As-tu essayé de voler – euh – normalement ? »

Elle secoua sa tête.

« Est-ce que tu veux essayer ? »

« Je peux ? Vraiment ? »

« Je connais beaucoup de joueuses de Quidditch professionnelles, et toutes sont aussi douées que les hommes. Il n'y a aucune raison pour que tu ne puisses pas. »

Simone changea son assise, enfourchant le balai.

« C'est plus confortable. » constata-t-elle avec surprise.

« Je ne suis pas surpris. » approuva Harry. « Les enchantements sont conçus pour cette position. A présent élève-toi doucement et fais attention, ces balais sont beaucoup plus fringants que ceux que vous aviez l'année dernière. »

Simone hocha bravement la tête et s'éleva dan les airs. Harry vola à côté d'elle, et sa voix s'évanouit dû à la distance.

« Ca va être trop cool. » siffla André dans sa barbe. « Est-ce que quelqu'un a vu son dernier match ? »

« Quand il s'est détruit l'épaule ? » demanda Jérôme. « Ouais, c'était le mouvement le plus cool jamais réalisé au Quidditch. Il a montré à Krum ce que cela demandait pour être un vrai gagnant. »

Gabrielle dissimula un sourire. « Est-ce que vous allez candidater pour l'équipe de Quidditch ? » interrogea-t-elle.

« Je vais tenter le coup. » répondit André. « Est-ce vrai que les clubs professionnels se sont impliqués pour essayer d'obtenir une nouvelle génération de joueurs, après le fiasco de la France durant la Coupe du Monde ? »

« Oui. » répondit Gabrielle. « D'après ce que j'ai compris, avoir le Professeur Potter était juste un coup de chance. »

« Ton père n'a-t-il pas quelque chose à avoir avec ça ? »

Elle acquiesça. « Ils sont amis depuis la guerre. »

André et Jérôme cessèrent de poser des questions en voyant Harry et Simone revenir.

« André, tu es le prochain. » déclara Harry. « Souviens-toi d'y aller doucement. »

« Comment c'était ? » pressa Jérôme avec enthousiasme, alors qu'André et Harry décollaient.

« Amusant. » répondit Simone, son visage un peu rouge. « Je comprends finalement pourquoi certaines personnes apprécient ça. »

« Gabrielle, c'est ton tour. » appela Harry une minute plus tard.

Elle appela son balai à elle, le monta et s'envola avec lui.

« Comment je me débrouille ? » demanda-t-il tandis qu'ils volaient en direction de l'autre bout du terrain.

« Très bien. » lui cria Gabrielle à travers le vent. « Ils s'amusent beaucoup. »

« Ca te tente de faire un tonneau ? »

« Bien sûr. » répondit-elle.

« Très bien, garde juste tes yeux sur moi, et fais ce que je fais. »

Comme si garder ses yeux sur lui allait être un problème. Ses yeux fermement fixés sur son derrière, elle le suivit, s'apercevant à peine qu'elle effectuait la figure.

« Bien joué ! »

Elle rougit un peu et descendit avec lui pour rejoindre les autres.

« Jérôme. » appela Harry.

Jérôme tenta de sauter sur son balai comme Harry mais n'y parvint pas et finit les quatre fers en l'air.

André ricana. « Joli !. »

« Ne t'en fais pas. » le rassura Harry. « Si tu veux bien venir me voir plus tard, je te montrerai comment le faire correctement. » Il balaya les alentours du regard et s'avança vers lui, d'une manière de conspirateur. « La première fois que j'ai essayé de le faire, nous étions sur du béton j'ai raté tout comme toi et j'ai dû aller voir un Médicomage parce que j'avais éclaté mon coccyx. »

Gabrielle rit avec les autres, autant à cause de l'expression qu'affichait le visage de Harry que par l'histoire en elle-même.

Jérôme monta sur son balai à la manière conventionnelle, et tous deux décollèrent.

« Chouchoute du prof. » la taquina André.

« Humm ? » s'enquit Gabrielle en rejetant superbement ses cheveux derrière son épaule.

« Tu as fait un tonneau dès ta première session. »

« Oh, » sourit Gabrielle. « Quelques amis m'ont un peu montrée comment voler durant l'été. »

« Alors, tu vas aussi te présenter pour l'équipe ? »

Elle acquiesça. « Je veux être Attrapeuse ! »

André siffla lentement. « Bonne chance. »


« Bonjour, Olympe. » salua Albus Dumbledore à travers l'âtre de la Cheminée.

« Albus. » répondit-elle.

« J'ai pensé que ce serait une bonne idée de s'accorder sur des dates pour le Tournoi. »

« Bien sûr. » approuva-elle, en prenant en main le journal de l'école.

« Puis-je suggérer un format similaire au Tournoi des Trois Sorciers ? Poudlard sera l'hôte des deus autres équipes pendant deux semaines, chacun jouant contre tout le monde, et les deux équipes avec le plus de points disputeront un match final. »

« Quand ? »

« Je pensais à la fin Novembre, pour éviter de perturber les examens de nos élèves de dernière année. »

Olympe baissa les yeux vers son journal et n'émit aucun commentaire sur l'injustice flagrante que cette proposition causait puisque cela ne leur donnait pas assez de temps pour constituer une équipe, et encore moins avoir une chance de gagner. Il jouait manifestement à ses petits jeux, comme toujours.

« Ca sera parfait Albus. » déclara-t-elle formellement. « Nous serons impatients d'y participer. »

« L'enthousiasme est partagé, ma chère, je puis vous l'assurer. »

Elle coupa la connexion et grommela pour elle-même. Il semblait que plus elle connaissait Albus, plus il devenait irritant. Elle ouvrit de nouveau sa Cheminée et invita Harry à pénétrer dans son bureau à travers les flammes verdâtres qui dansaient dans l'âtre.

Quand il fut assis en face d'elle, elle lui communiqua les dates.

« Cela ne va pas nous donner de temps du tout. »

« Non. » approuva-t-elle. « Je suis ouverte à toute suggestion. »

« Ce qui est une bonne chose. » dit-il alors que son sourire carnassier prenait un air totalement diabolique. « Puisque j'ai un plan. »

« Oh ? » fit-elle avec enthousiasme.

« Lorsque j'aurai une équipe prête, je m'arrangerai pour que quelques-uns de mes amis viennent passer un peu de temps avec nous. Donnez-nous quelques semaines et nous serons prêts. »

« Des amis ? »

« Fred et Georges Weasley pour aider les Batteurs, Katie Bell – elle joue avec les Harpies en tant que Poursuiveuse – pour entraîner nos Poursuiveurs. Ensuite j'appellerai Ollie pour montrer à notre Gardien les ficelles du métier, et j'aiderai l'Attrapeur. »

« Ollie ? Voulez-vous dire Olivier Dubois ? »

« Exactement. » confirma Harry.

« Nous aidera-t-il ? »

« Il ne le sait pas encore, mais il le fera. Il me doit quelques grosses faveurs suite à un pari fait il y a environ un an. »

« Excellent. » applaudit Olympe avec enthousiasme. « Pensez-vous que nous pourrions gagner ? »

« Je ne sais honnêtement pas. Je ne suis pas trop inquiet à propos de Poudlard ils joueront comme Drago en avait l'habitude – se reposant sur un jeu sale et violent au lieu de compétences.

« C'est Durmstrang dont je me méfie. Ils ont réellement une bonne académie – ils ont produit Krum après tout, et ils peuvent être l'équipe qui remportera le Tournoi. »

« Il se peut que mon peuple objecte à cela, mais je préfèrerais de loin que Durmstrang l'emporte plutôt que Poudlard. »

Harry sourit. « Moi aussi. »


« Harry ! »

« Olivier ? » s'enquit Harry, en regardant la cheminée avec surprise. « Comment as-tu su que j'étais là ? »

« Oh, j'ai demandé à Fred et George. Ecoute, je voulais te demander une faveur – j'ai besoin de t'aider à entraîner les Frenchies. »

« Quoi ? » s'exclama avec surprise. Il avait juste terminé avec Olympe il y a une heure, et il n'avait même pas encore pensé à approcher son ami.

« Oui, écoute, j'ai entendu parler du tournoi, la presse devient folle à propos de ton retour à Poudlard. »

« Et ? »

« Et Marcus Flint a fait quelques déclarations scandaleuses annonçant la victoire retentissante de Poudlard, et comment le fait qu'il assiste Drago Malefoy a transformé les élèves de Quidditch en champions pouvant battre n'importe quelle équipe au monde. »

« J'aurais pensé que tu considérerais cela comme une bonne chose. » fit remarquer Harry avec curiosité.

« Mais pas du tout mon vieux ! Comment puis-je être fier si des satanés Serpentards dominent l'école ! Ils doivent recevoir une bonne leçon, et s'il y a une chose à laquelle tu es bon, c'est d'enseigner aux Serpentards que leur place est au sol à ramper comme les serpents qu'ils sont. Alors me laisseras-tu s'il-te-plaît t'aider ? »

Harry sourit. « Bien sûr Ollie. Je vais aussi demander à Katie et Fred et George de venir. »

« Merveilleux ! » s'exclama Olivier avec enthousiasme. « Ca sera comme au bon vieux temps. A présent dis-moi, comment as-tu appris à parler français ? »

« Hermione. »

« Bien sûr, très bien, je fais un saut chez elle après. Oh, et une chose encore. »

« Oui ? »

« Krum aide Durmstrang. Ca va être un Tournoi d'enfer ! »

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