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Author Notes:

Note de lecture : - Les mots soulignés et en italique sont en français dans le texte. Les mots seulement en italique représente seulement des inflexions de voix lorsqu’un personnage parle (insistance par exemple).

Le vent s’engouffrant dans ses cheveux lui faisait toujours oublier ses soucis. Cela lui permettait d’oublier qu’il était, somme toute, très peu heureux dans sa vie. Il n’aurait jamais pensé que sa vie s’empirerait après avoir vaincu Voldemort, mais d’une certaine manière, cela avait été le cas. Il avait perdu la liberté pour laquelle il s’était battu. Partout où il allait il était traité comme une rock star. La presse l’assaillait à chaque fois qu’il mettait le pied en dehors de sa petite maison.

Les relations étaient impossibles en raison de la quantité de pression à laquelle ses petites-amies étaient soumises. Même la tentative de quelque chose de plus que platonique avec Ginny avait duré le temps qu’ils s’embrassent et se rendent compte qu’ils n’éprouvaient réellement pas ce genre de chose l’un pour l’autre. Ses autres petites-amies avaient fléchi sous la pression, ou n’avaient désiré être avec lui qu’à cause de l’autre aspect de sa vie qu’il détestait par-dessus tout : sa célébrité. Il avait pensé à faire une croix sur sa vie amoureuse la première fois où une ex était apparue dans la presse avec un article décrivant leur temps ensemble. Même le fait que cela avait été extrêmement flatteur n’avait été d’aucun réconfort.

La seconde fois que cela se produisit – surtout quand la raison de leur séparation était qu’il ne voulait pas l’amener à toutes les fêtes où elle voulait se rendre – l’amena a complètement effacer les femmes de son existence.

Il exécuta une roulade du paresseux et s’envola à l’encontre des Poursuiveurs adverses, les dérangeant de telle sorte qu’ils ratèrent une passe, et un de ses coéquipiers intercepta avant de voler à l’assaut des buts adverses.

Avec Ron et Hermione filant le parfait amour et mariés depuis déjà deux ans, cela le laissait se sentir très seul avec une liste très restreinte d’amis qu’il pouvait appeler pour un peu de compagnie. Même ses relations avec Ginny s’étaient détériorées ces dernières années, principalement parce qu’elle était encore à l’école quand il avait finalement défait Voldemort, et ils n’avaient jamais regagné cette proximité dont ils avaient bénéficiée avant qu’il ne quitte l’école. Il était toujours le bienvenu chez les Weasley, mais il ne voulait pas s’imposer.

Ce qui n’avait rien arrangé était qu’il s’était engagé dans une carrière dans la seule chose qu’il aimait par-dessus tout – jouer au Quidditch.

La raison pour laquelle cela n’arrangeait rien était qu’il avait prouvé être très bon à ce jeu. Exceptionnellement bon.

Et à présent, trois ans plus tard, il était l’Attrapeur de l’Angleterre pour la finale de la Coupe du Monde. En dessous de lui, des milliers et des milliers de sorciers et sorcières l’acclamaient ; en face de lui Viktor Krum survolait les tribunes, à la recherche du Vif d’or.

Le match était très équilibré, à cent partout, les deux équipes jouant à leur meilleur niveau, et il était évident que le match serait décidé par les compétences des Attrapeurs.

Ce match avait été annoncé comme l’ultime confrontation entre les deux meilleures jeunes stars du monde. Mais où Viktor courtisait la célébrité, Harry l’avait en horreur, mais il composait avec en la considérant comme un mal nécessaire pour pratiquer le sport qu’il aimait.

Alors qu’il passait telle une bourrasque au-dessus des tribunes, il put voir Ron et Hermione l’acclamer. Ron avait surpris tout le monde en entrant au Ministère, tandis que Hermione, ayant passé deux ans dans une Université Moldue, recevait ses diplômes avec les meilleures mentions en un temps record. Elle était à présent Directrice de la Recherche Moldue pour le Ministère, et travaillait actuellement de concert avec les Guérisseurs de Sainte-Mangouste sur un moyen d’intégrer la médecine Moldue à celle Magique.

Il interrompit ses pensées lorsqu’un éclair or attira son œil, mais se ravisa lorsqu’il réalisa que c’était la montre d’un dignitaire.

Il ferma ses yeux et traversa négligemment le terrain, évitant les Cognards sans vraiment se donner de peine. Cette position ne lui était pas tombée toute cuite dans le bec ; il avait été blessé plusieurs fois, une fois ayant eu son épaule détruite en se laissant frapper afin de ne pas manquer le Vif d’or. Cela s’était produit l’année auparavant durant les quarts-de-finales de la Coupe de la Ligue. Les Cannons de Chudley, l’équipe pour laquelle il jouait, avait été éliminée aux demi-finales, comme il avait été incapable de jouer.

Ron ne le lui avait toujours pas pardonné.

Sa célébrité toujours croissante signifiait que sortir de sa maison pour aller ne serait-ce que faire les courses était devenu impossible. Des foules se formaient en un clin d’œil autour de lui, lui posant des questions, exigeant son attention – comme si tout ce qu’il avait sacrifié n’était pas assez. Et la presse était vorace ; tout ce qu’il faisait était digne d’impression et de pseudo analyses psychologiques hypocrites.

Il en était à présent rendu à un point où il se sentait comme un reclus dans son propre pays. Il n’avait pas de liberté, et aucune chance de se faire de nouveaux amis. Même l’A.D, ses vieux amis d’école, le traitaient plus avec révérence qu’avec amitié. La manière dont il avait combattu Voldemort avait été gravée à jamais dans leurs esprits.

Un rugissement de la foule attira son attention, et il aperçut le Vif d’or – il folâtrait à environ dix mètres du sol. Il fit plonger son balai à toute allure, conscient de par sa vision périphérique que Viktor faisait de même.

Il maintint ses yeux fermement sur le Vif d’or tandis qu’il poussait son balai dans ses derniers retranchements. Viktor le bouscula avec son balai, tentant de  le dévier de sa trajectoire, mais il ignora l’autre Attrapeur, toute sa concentration dirigée sur la petite balle en or.

Il tendit le bras, essayant de saisir le Vif d’or, et put voir Viktor l’imiter.

Alors qu’ils s’approchaient, le Vif d’or s’éleva subitement au-dessus de leurs têtes.

Sans réfléchir, Harry se mit debout sur son balai et effectua un salto arrière. A l’apex de son saut il leva son bras, attrapant le Vif d’une main.

Il leva son poing de jubilation avant de se rendre compte qu’il chutait toujours.

Il s’écrasa au sol avec un bruit mat qui résonna dans tout le stade devenu subitement silencieux.

Il leva sa main tremblotante, révélant qu’il avait toujours le Vif d’or, avant de s’évanouir dû à la douleur qui vrillait son autre épaule.


« Hermione, Ron, voizi mon père, Jean-Sébastien. » présenta Fleur avec un léger sourire et une adorable petite révérence. Elle recula de quelque pas et se tint à côté de Bill.

« Enchanté, mais je vous en prie, appelez-moi Jean. » dit Jean, en présentant sa main à Ron, et après l’avoir serrée, embrassa suavement la main de Hermione. « C’est un plaisir de vous rencontrer tous les deux. William m’a beaucoup parlé de vous. »

« Merci. » répondit Hermione. « C’est aussi un plaisir de vous rencontrer. Je me dois de vous complimenter sur votre accent. »

« Ahhh. » sourit Jean. « J’ai bien peur que ma fille apprécie son accent et ne semble faire montre d’aucun désir d’y remédier. Moi, d’un autre côté, n’ai nul besoin d’artifice. »

« Papa ! » se plaignit Fleur.

Jean décocha un sourire innocent à sa fille.

« Mais prenez place je vous prie. »

Ron,  Hermione, Bill , et Fleur s’assirent autour de l’élégante table et Jean s’assit à l’autre bout.

« J’ai un problème. » commença Jean lentement. « Et j’ai besoin de votre avis concernant la marche à suivre. Je suis dans une, comment dites-vous,  délicate situation dans laquelle un homme pourrait se trouver ? »

Hermione échangea un long regard avec son mari et se retourna pour faire face au politicien Français.

« Pourquoi ne nous expliqueriez-vous pas ce qu’est le problème, et comment nous pouvons vous  aider ? »

« Que savez-vous des Vélanes ? » demanda-t-il.

« Descendantes des Nymphes des Montagnes. Les Vélanes ont le pouvoir d’envoûter un homme d’un simple regard, et lorsqu’elles sont furieuses, elles prennent une forme avienne. » récita instantanément Hermione.

« Bravo. » applaudit Fleur. « Elle est excellente, non ? »

« En effet. » acquiesça Jean.

« Cela a un rapport avec votre quatrième année, et la seconde tâche du Tournoi des Trois Sorciers. »

Ron fronça les sourcils.

« Harry m’a sauvé des Etres de l’eau. Et il a sauvé Gabrielle. »

« Oui. » murmura doucement Fleur. « Il a zauvé la vie de ma petite sœur. »

« Mais nous n’étions pas en réel danger. » fit remarquer Ron.

« Vous ne l’étiez pas. » répondit Jean d’une voix douce. « Gabrielle, d’un autre côté, était certainement en danger. »

« Par quoi ? »

« Par zes sales Etres de l’eau ! » cracha Fleur avec colère. « Ils n’aiment pas les Vélanes. Ze sont des cochons jaloux. »

Ron et Hermione tournèrent leurs têtes pour regarder Jean.

« En termes simples, Fleur a raison. » confirma-t-il. « Il n’est pas communément connu que les Vélanes et les Etres de l’eau sont dans un statut d’hostilité permanente depuis des siècles déjà. Lorsque Gabrielle a été placée sous leur contrôle, ils ont persuadé les Strangulots de se concentrer sur Fleur. Ils espéraient qu’avec elle hors du tableau, un ‘accident’ pouvait survenir, et Gabrielle serait morte. »

« Mais pourquoi ? » s’enquit Hermione.

« Pour être franc, je n’en suis pas sûr. » expliqua Jean. « C’est une inimitié qui s’est perpétrée depuis très longtemps, et la vérité sur son origine est enfouie dans les sables de l’histoire. »

« Ils nous ont trahis. » marmonna Fleur, mais se tut lorsque Jean lui lança un regard de reproche.

« J’étais des plus mécontents lorsqu’il m’est parvenu que Gabrielle avait été mise en danger, et j’ai eu une discussion des plus fermes avec Madame Maxime. Elle a été horrifiée lorsqu’elle l’a découvert. Elle avait cru Albus quand il avait assuré qu’il n’y avait pas de réel danger. Elle a consenti à ne plus jamais placer un enfant sous aucune forme de danger, même dans un tel tournoi, sans le total accord des parents. J’ai laissé Gabrielle se rendre à Poudlard parce que je pensais que ce serait éducatif, et non pas mortel. »

« Alors, quel est le problème ? » demanda Ron, en retournant au problème.

« Quand Gabrielle a réalisé qu’elle avait été sauvée par ‘Arry, elle a immédiatement décidé qu’il était son compagnon, et s’est liée à lui. »

Ron baissa sa tête et la frappa doucement contre la table.

« Je n’ai réellement pas envie de connaître la réponse à cela, mais, qu’est-ce que ça signifie exactement ? »

« Les Vélanes ne sont pas humaines Ron. » expliqua Jean. « Une Vélane peut être considérée comme une personne normale, mais lorsqu’elles ont choisi un compagnon, c’est pour la vie. Une Vélane ne quittera jamais son compagnon, ne le trompera jamais, et lui restera fidèle pour le reste de leurs vies. Si leur compagnon meurt précocement, elles s’éteignent lentement. C’est la plus puissante forme d’engagement connue dans le Monde Magique. »

« Mais elle n’avait que huit ans ! »

« L’âge n’est pas une barrière pour les émotions d’une Vélane. » soupira Jean. « Huit ans, dix-huit ans, quatre-vingt ans, cela ne fait aucune différence. Quand une Vélane prend la décision, c’est inaltérable. »

« J’étais chanceux que Fleur n’ait pas pris la décision. » intervint Bill avec un sourire.

« Ne pourriez-vous pas juste amener Gabrielle ; elle flashe ses pouvoirs de Vélane, Harry passe une joyeuse nuit, ils voient s’ils sont compatibles, et si ce n’est pas le cas, on rentre tous chez nous ? »

Hermione donna un coup de coude ferme sur la hanche de Ron.

« Il faut l’excuser, il n’a pas encore émergé du stade de Cro-Magnon. »

Jean pencha sa tête sur le côté et hocha la tête.

« Il y a deux problèmes avec votre scénario. » expliqua-t-il doucement. « Le premier étant que Harry semble immunisé contre les pouvoirs des Vélanes, et le second, que ma fille désire une véritable relation avec lui. Et mes filles ne sont rien sinon têtues. »

« Papa ! » se plaignit Fleur pour la deuxième fois.

« Nous l’avons hérité de toi. » Elle se tourna pour faire face à Ron. « J’ai essayé de placer ‘Arry sous le charme Vélane, avec Bill à côté de moi. Il m’a juste regardée et m’a demandée poliment d’arrêter. »

« Je ne pensais pas que quelqu’un puisse faire ça ? » statua Ron autant qu’il demanda.

« Occlumancie. » expliqua Hermione, ayant rapidement mis un et un ensemble. « Il est à présent un maître pour ce qui est de garder ses pensées fermées. Même nous n’avons aucune idée de ce à quoi il pense la plupart du temps. » Elle reporta de nouveau son regard vers Jean. « Donc les problèmes que nous avons : mettre ensemble Harry et Gabrielle, faire en sorte que Harry passe outre le fait qu’il ait six ans de plus qu’elle, et le persuader d’entrer dans une relation avec elle. »

Jean hocha une fois la tête, sèchement.

« En effet, ce sont bien là les problèmes. »

« Attendez une seconde. » interrompit Ron. « Pourquoi devrions-nous faire ça exactement ? Qu’est-ce que Harry gagne dans tout ça ? Il détesterait vraiment de se voir manipuler dans une relation, et… eh bien, on dirait que Gabrielle obtient ce qu’elle veut, mais qu’en est-il de ce que désire Harry ? »

« Il y a une seconde, tu parlais d’une nuit. » fit remarquer Bille avec exaspération.

« Exactement. » acquiesça Ron. « Un peu d’amusement – rien qui ne changerait sa vie. Toute cette affaire donne l’impression que vous planifiez une sorte de mariage pour lui. Il n’a que vingt-deux ans et ne montre aucun signe montrant qu’il souhaite se caser. »

« Il doit le faire Ron. » dit Hermione d’une voix douce. « Parce que s’il ne le fait pas, Gabrielle deviendra folle. »

« Huh ? » demanda éloquemment Ron.

« Les émotions des Vélanes sont intimement liées à leur magie. Elle s’est liée à lui, et si elle ne l’a pas de façon permanente dans sa vie, sa magie submergera ses émotions et elle perdra l’esprit. »

« Merveilleux. Il y a des fois où je déteste réellement le Monde Magique. » soupira Ron. « Donc, nous révélons juste à Harry quel est le problème, il est le gars le plus honorable que j’aie jamais rencontré, alors il fera la bonne chose, et Gabrielle sera sauvée. Il abandonnerait son futur pour n’importe quelle personne qui aurait besoin de lui. »

« Mais Gabrielle désire ‘Arry comme quelqu’un qui l’aimerait, pas comme un homme faisant son devoir. Elle désire aussi son bonheur. »

« Oui eh bien, c’est bien beau tout ça. » rétorqua sèchement Ron. « Et j’applaudis la pensée, mais comment exactement espère-t-elle gagner le cœur de Harry ? La dernière fois que j’ai vérifié, Harry ne se  balade pas avec des étudiants de Beauxbâtons. »

« C’est là où vous entrez en jeu. » dit Jean avec un petit sourire. « Et c’est pourquoi vous êtes là. »

« Vous semblez être très calme à propos de cette affaire. »  grommela Ron.

« Non, je ne le suis pas. J’ai eu, cependant, huit ans, pour me faire à cette idée. » Il se retourna vers Bill. « Etes-vous sûr que vous voulez vous impliquez avec une Vélane ? »

« Papa ! » se plaignit Fleur pour la troisième fois.

« Tout à fait sûr. » répondit Bill avec un sourire. « Et les avantages éclipsent aisément les inconvénients. »

« En effet. » dit Jean avec un sourire de fierté vers sa fille. « Mais nous digressons. Je veux que ma fille soit saine et heureuse. Pour ce faire, nous devons mettre Harry et Gabrielle dans un même lieu, afin que Gabrielle puisse au moins essayer de gagner son cœur. Je lui ai informée qu’elle a huit mois avant que je ne révèle la vérité à Harry. »

« C’est une mauvaise idée. » soupira Ron. « S’il y a une chose que Harry déteste, c’est d’être manipulé. Je continue de penser que nous devrions juste lui dire la vérité. »

« Nous ne pouvons pas Ron. » répondit Hermione. « Ca pourrait être bon pour Harry. Nous pensons tous les deux qu’il a besoin d’une fille adéquate. Pourquoi pas Gabrielle ? »

« Parce que je la connais à peine ? Parce qu’elle n’a que seize ans ? Parce que nous sommes en train de tenir une réunion afin de discuter comment piéger Harry pour le rapprocher d’elle ? »

« Mais à part ça ? » pressa Hermione.

Ron sourit légèrement.

« Ca pourrait être une bonne idée. » Il leva les yeux vers Jean. « Harry a maintenant une année de libre. La blessure qu’il a reçue durant la finale de la Coupe du Monde a de nouveau détruit son épaule. Les guérisseurs lui ont informé qu’il ne doit plus être frappé par un Cognard avant au moins un an. – si c’est le cas, il perdra l’usage de son bras. Alors au moment où nous parlons, il est en état de choc de voir la seule chose qu’il aime faire lui être enlevée. »

« Il est toujours à Sainte Mangouste, dans une aile privée, afin que la presse ne puisse pas l’atteindre. »

Jean fronça les sourcils. « Voilà de malheureuses nouvelles. Je me trouve quelque peu réticent à me réjouir du fait que cela nous facilite les choses. »

« Oui. » approuva Bill. « Est-ce qu’il peut encore voler ? »

« Oui, mais plus compétitivement. » répondit Hermione. « Son omoplate a été complètement détruite, et même si nous avons été en mesure de la faire repousser, nous ne pouvons pas accélérer la guérison davantage. »

« Alors c’est la solution. Beauxbâtons a besoin d’un nouveau professeur de vol. » déclara Jean.

Hermione fit face à Ron.

« Ca pourrait être une bonne idée, mon chéri. Ignore le problème de Gabrielle pour le moment. Nous savons tous les deux que Harry n’est pas heureux en ce moment. Il pourrait se rendre à Poudlard, mais c’est encore à peine s’il parle à Dumbledore. Il ne peut rien faire d’autre dans ce pays parce que la presse ne le laissera pas tranquille. » Elle fit une pause et se retourna vers Jean. « Vous pouvez garder la presse en dehors de l’école ? »

« Je le peux. » dit-il simplement. « Madame Maxime est totalement consciente de la situation de Gabrielle, et se sent un peu responsable. Si elle n’avait pas autorisé que Gabrielle soit placée au fond du lac, Gabrielle n’aurait jamais décidé que Harry était son Compagnon. »

Hermione reporta son regard sur son mari.

« Donc Harry peut avoir un endroit où récupérer, cela le fera sortir de sa maison, ainsi il ne passera pas l’année à se morfondre, et cela lui fera peut-être réaliser qu’il peut être un peu plus ouvert en compagnie des gens. »

« Il ne parle pas français. » dit Ron.

« Je peux le lui apprendre magiquement. » répliqua instantanément Hermione ave excitation, en réalisant que Ron commençait à céder. « Il le parlera parfaitement d’ici une semaine. »

« Je n’aime quand même pas ça. » soupira Ron. « Mais j’accepterai le fait que, sans compter le problème de Gabrielle, cela pourrait être bon pour lui. Je n’aime pas l’idée qu’il soit aussi loin, mais c’est probablement mieux pour lui. »

« L’école est rattachée au Réseau International de Poudre de Cheminette. » ajouta calmement Jean.

« Et je continue toujours de penser que nous devrions juste dire la vérité à Harry, mais je comprends pourquoi nous ne le pouvons pas. » Il se retourna vers Jean. « Si vous pouvez arranger avec Madame Maxime d’inviter Harry à prendre le poste pour cette année, nous le persuaderons de le faire. »

« Merci. » dit doucement Jean, en inclinant sa tête. « J’attends avec impatience de traiter avec vous au Ministère. »    

Ron devint écarlate et retourna le hochement de tête.

« Excellent. » Fleur frappa des mains avec excitation. « Alors nous pouvons le dire à Gabrielle à présent ? »

« Oui. » acquiesça Jean. Il leva sa baguette et la dirigea à une large porte à double entrée qui se trouvait dans un côté de la pièce. Les portes s’ouvrirent, révélant une jeune femme qui s’était figée, à mi-mouvement tandis qu’elle levait les yeux vers la porte.

Ron siffla pour lui-même et marmonna.

« C’eut été une décision plus facile à prendre si nous l’avions vue en premier lieu. »

Hermione lui flanqua fermement un coup de coude dans les côtes.

« Papa ? » demanda Gabrielle en entrant dans la pièce.

Jean sourit légèrement.

« Ils ont accepté d’aider. Nous allons essayer de persuader Harry d’être votre Professeur de Vol à Beauxbâtons. »

Gabrielle se mit à sourire largement.

« Merci, à tous les deux. » dit-elle dans un anglais parfait. « Je ne peux pas vous dire ce que cela signifie pour moi. »

« Ton anglais est aussi bon que celui de ton père. » complimenta Hermione avec un sourire.

« Bien sûr. » sourit Gabrielle. « Si je dois devenir la femme de Harry Potter, je ne peux me permettre d’écorcher des mots en souriant adorablement à chaque fois que je le fais. »

« Oy. » interpella Fleur. « Mioche. »

Gabrielle lui lança un sourire malicieux. « Si le soulier y sied, ma sœur chérie. » Elle se retourna vers Hermione. « Puis-je demander dans quel état est son épaule ? »

« Omoplate détruite. » répondit doucement Hermione.

Gabrielle soupira.

« Je pensais que ça serait mauvais. La chute était horrible. J’ai eu  l’impression que j’allais éclater lorsque je l’ai vu sauter de son balai. C’était la chose la plus héroïquement idiote que j’ai vue de ma vie. »

Ron éclata soudainement de rire.

« Si ça ne résume pas Harry, rien d’autre ne le fait. » Il regarda Gabrielle droit dans les yeux. « Tu sais qu’il n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler un rayon de soleil ces jours-ci ? »

« Est-ce surprenant ? » demanda Gabrielle, un léger froncement de sourcils apparaissant sur son visage. « Quand vos dégoûtants paparazzi ne le laissent pas se rendre dans sa salle de bain sans avoir sa photo étalée dans la une. »

« Dixit la fille qui possède chacune des zes photos. » sourit Fleur avec malice.

« Je n’avais pas le choix. » protesta Gabrielle. « Puisque certaines personnes ne m’auraient pas laissée approcher Harry lorsque je le voulais. »

«  Il est suffisamment difficile que je doive aider ma fille de seize ans. » dit sévèrement Jean. « En aucun cas je n’allais laisser ma fille de quatorze ans le faire. »

« Je ne suis pas humaine. » fit observer Gabrielle. « Fleur a eu son premier petit-ami à quatorze ans. »

Jean fit volte-face en direction de Fleur.

« Z’était rien. » renifla cette dernière. « Juzte une petite romance. Z’était un idiot – ne pouvait pas azumer une Vélane. »

Jean soupira et secoua sa tête.

« Si tu n’es pas parvenue à un arrangement avec lui deux mois avant ton anniversaire, » rappela-t-il à Gabrielle, « je lui dirais exactement ce qui se passe. »

Gabrielle hocha la tête.

« Je sais papa. » Elle se retourna et s’assit à l’autre bout de la table près de Ron et Hermione. « Est-ce que cela vous dérangerait si nous parlions un peu de Harry ? Je veux vérifier que mes notes de recherche sont à jour. »

Ron la regarda pensivement puis acquiesça.

« Vas-y. »


Harry soupira et fixa d’un œil vitreux le plafond de la pièce dans laquelle il se trouvait. Il contempla l’idée de se lever de son canapé, mais les instructions de son docteur étaient strictes : éviter d’être touché, et ne rien faire de stressant, ou quelque chose de fatigant, comme voler. En fait, il ne pouvait rien faire.

La seule source de lumière dans la pièce provenait d’un mince rayon de soleil qui avait réussi à se faire un chemin à travers les rideaux fermés de la fenêtre. 

Il n’aurait jamais imaginé que sa vie l’amènerait à se retrouver seul comme cela. Il avait pensé que s’il vainquait Voldemort, il serait capable d’avoir une vie normale. Ô combien avait-il eu tort. Au lieu de ça, il se cachait dans son cottage, dans une sorte d’exil qu’il n’avait d’autre choix que de s’imposer à lui-même.

Un grondement lui informa que sa cheminée avait été activée.

« Est-ce que tu élèves la poussière ici. » entendit-il Hermione se plaindre, et quelques minutes plus tard, ses rideaux furent violemment ouverts, inondant la pièce de la lumière du soleil.

« Je suis aussi content de te voir, Hermione. » dit-il sèchement, clignant rapidement des paupières tandis que ses yeux s’habituaient à la lumière du jour.

« Quand t’es-tu rasé pour la dernière fois ? »

« Il y a quelques jours, m’man. » répondit Harry qui sourit en entendant Ron ricaner.

« Ca suffit toi. » marmonna Hermione à son mari.

« Oui, chérie. » sourit Ron avec espièglerie en entrant dans la pièce. « Oh pouah, tu as besoin d’une douche, camarade. »

« Je ne suis pas autorisé à mouiller le plâtre. » marmonna Harry.

« Es-tu un sorcier ou pas ? » s’enquit Hermione. « Franchement, nous te laissons tout seul pendant quelques jours, et tu transformes en un vampire. »

« Hey. » protesta. « Je suis à l’aise au moins. »

« Ron » dit Hermione, ignorant complètement Harry. « Mets-le sous la douche pendant que je nettoie ce fourbi. »

« Viens. » dit Ron en levant Harry par son bras valide. « Tu empestes. »

Harry était sur le point de protester, mais il inhala ensuite.

« Euh…peut-être que tu as raison tout compte fait. » dit-il avec un sourire penaud.

La douche, après que Ron eut appliqué un sort assurant au plâtre de rester sec, fut extrêmement plaisante, et il se trouva de bien meilleure humeur après avoir douché à grand renfort d’eau glacée la morosité qui l’accablait depuis plusieurs jours.

Il parvint à s’habiller de lui-même,  en jetant même un sort d’agrandissement sur un de ses t-shirt afin  de pouvoir y passer son bras emplâtré, et il descendit les escaliers.

Ron était dans la cuisine, à mitonner un repas, tandis que Hermione lançait différent sorts de nettoyage pour se débarrasser des moutons de poussière qui avaient élu domicile à son insu.

« Va t’asseoir dans la cuisine. » ordonna Hermione.

Harry sourit pour lui-même et la dépassa pour entrer dans la pièce qui faisait office de cuisine et de salle à manger. C’était à des moments pareils qu’il se rappelait de  leur temps à l’école, où elle lui ordonnait de faire ses devoirs avec Ron. Cela représentait certains de ses meilleurs souvenirs.

« Assieds-toi, Harry. » sourit Ron. « Les pâtes devraient être prêtes dans quelques minutes. »

« Je ne m’étais pas rendu compte que j’avais faim. »

« Bien sûr que tu ne t’en étais pas rendu compte. Se coucher dans la poussière ne contribue pas exactement à stimuler tes papilles gustatives. »

« Je réfléchissais. » expliqua doucement Harry.

« Tu te morfondais. » corrigea Ron.

« Oui, ça aussi. Je n’ai aucune idée de ce que je vais faire pendant un an. »

« Heureusement pour toi. » sourit malicieusement Ron. « Tes amis en ont une. » 

« Oh ? » demanda  Harry avec précaution. Le sourire malicieux de Ron signifiait normalement qu’il y avait anguille sous roche.

« Nous t’avons trouvé un boulot.» dit-il en rayonnant.

« Vous avez fait quoi ! »

« Te trouver un job ! » répondit jovialement Ron en agitant la casserole devant lui puis en prenant la cuillère pour goûter son contenu avant d’ajouter un peu de sel et de poivre.

« Et je peux savoir pourquoi ? »

« Parce que tu ne peux pas rester assis sur tes fesses à te tourner les pouces pendant une année entière, gros paresseux. »

« As-tu une idée à quel point il est impossible pour moi de me rendre au-dehors, sans mentionner garder une carrière quand la fichue presse ne me laisse pas tranquille pendant plus de trente secondes ? Et c’est si je porte un déguisement. C’est dix secondes sinon. »

« Ce qui est la raison pour laquelle tu as un boulot à un endroit où la presse ne pourra pas t’atteindre. » répondit Ron.

Harry cligna des yeux puis se mit à grogner.

« Si tu entends par là Poudlard… »

« Non, pas du tout. » l’interrompit Ron. « Et range-moi donc ta magie ; tu vas faire tourner le lait. »

Harry fit une pause pendant une seconde, puis éclata subitement de rire. « As-tu idée à quel point tu sonnais comme ta mère là ? »

Ron haussa les épaules et fit sortir trois assiettes du placard.

« Ca a fonctionné, non ? Je te jure, si tu te mettais juste à exploser comme ça en public, la presse te laisserait davantage tranquille. »

« Et me traiterait comme Voldemort. » maugréa Harry. « Mais ne change pas le sujet. Pourquoi donc aurais-je besoin d’un travail ? Je ne suis pas exactement à court d’argent »

« Non, tu es la seconde personne la plus riche du pays. » dit Hermione en entrant dans la cuisine. « Non pas qu’on pourrait s’en douter vu la manière dont tu vis. Dépenser un peu d’argent pour toi n’est pas une mauvaise chose, tu sais. »

Harry haussa les épaules.

« Il n’y a rien que je veuille vraiment. »

« Bref. » interrompit Ron en remplissant les assiettes de pâtes puis en ajoutant la sauce. « Tu as besoin d’un travail parce que si tu ne le fais pas, tu vas devenir de plus en plus misérable et tu finiras pas haïr tout le monde, nous y compris. »

Harry voulut protester puis s’interrompit. Il avait réellement besoin de sortir davantage, il n’arrivait juste pas à trouver un endroit où se rendre – et, eh bien, se complaire dans sa propre misère avait quelque chose d’un peu réconfortant.

« Donc. » dit Hermione, en mangeant ses pâtes. « Tu commences à Beauxbâtons dans trois semaines. »

Harry, qui venait juste de mettre une fournée de pâtes dans sa bouche les recracha violemment.

« Quoi !? »

Ron, glissant sur le côté pour éviter les pâtes volantes, répondit posément.

« Tu es leur nouveau Professeur de Vol. Madame Maxime était des plus reconnaissantes lorsque nous lui avons dit que tu avais accepté l’offre. »

« Mais… »  balbutia Harry.

« Oui, je sais. » le coupa Hermione. « Mais j’ai pris une semaine de congés pour t’apprendre le français, alors tu n’as pas d’excuses. »

« Mais… » essaya encore Harry.

« Ca te fera du bien, et cela veut dire que tu te feras de nouveaux amis ; tu te rappelleras que le Monde Magique a ses bons côtés, et tu seras occupé pendant une année. Ensuite tu pourras retourner gagner la Coupe aux Cannons. Beauxbâtons  est dans le Réseau de la poudre de  Cheminette, donc nous pourrons te rendre visite aussi souvent que nous le faisons présentement. Et si tu as la nostalgie, souviens-toi juste  qui d’entre nous est capable de faire la moitié du tour du monde en Transplanant et ce, sans se donner de mal. »

« Mais… »

« Tout est arrangé. » conclut Hermione joyeusement, en prenant une autre bouchée. « C’est vraiment bon chéri. » complimenta-t-elle, avant de retourner son attention vers Harry. « Tu gagnes ce dont tu as besoin, et ils gagnent ce dont ils ont besoin, et  tu t’amuseras. Bien sûr, si tu ne le prends pas, j’aurai juste à dire à Albus que tu as décliné leur offre, et que tu as besoin d’aide. »

« C’est du chantage ! » protesta Harry.

« Oui, en effet. » acquiesça-t-elle jovialement. « Maintenant, mange tes pâtes. » 

Harry soupira et prit une bouchée. Il n’avait jamais été capable d’argumenter quand ses deux meilleurs amis étaient d’accord sur quelque chose. Et depuis qu’ils s’étaient mariés, ils s’accordaient plus que jamais. Ils avaient cessé les chamailleries entre eux et avaient développé une relation d’adultes où ils se supportaient mutuellement.

Pour être franc, il était un peu jaloux d’eux. Ils avaient le genre de relation dont il avait toujours rêvé, et ils en étaient tous les deux très heureux.

« Les amis. » dit-il, en finissant son repas.

« Oui, Harry ? » répondit Hermione.

« Merci. »

« Y a pas de quoi. » dit Ron. « Mais bien sûr, il te reste encore à apprendre le français. »

Harry se contenta de grogner.


Harry transplana en dehors des limites de Beauxbâtons, et retira immédiatement sa cape. Alors que l’Angleterre avait son été pluvieux, le climat Méditerranéen profitait de son beau temps usuel.

Avec un tapotement du doigt, ses lunettes s’assombrirent, lui permettant de voir sans protection. Après que Hermione eut échoué à guérir sa vue, Ron et elle lui avaient offert de nouvelles lunettes pour son vingt-et-unième anniversaire. Outre le fait qu’elles étaient magnifiques, elles étaient enchantées pour repousser l’eau, se transformer en lunettes de soleil si besoin, et pouvaient être invoquées d’un mot.

Avec un haussement d’épaules, il entreprit sa marche en direction de l’élégant château. Alors que Poudlard semblait avoir été conçue pour tenir un siège, Beauxbâtons semblait tout droit sortie d’un conte de fées.

Devant lui se trouvait un immense jardin avec un sentier immaculé qui menait droit au château. Au milieu du jardin se dressait la plus grande fontaine qu’il ait jamais vue. Derrière la fontaine, se tenait le château entouré de chaque côté par une forêt profonde. La façade gauche du château disposait d’une large tour circulaire qui se dressait de plusieurs étages plus haut que le reste du château. A droite se trouvait une dépendance, conférant au château une forme de L, qui, même s’il n’était pas symétrique, était aussi beau que Poudlard était imposant.

Ses bagages flottaient docilement derrière lui tandis qu’il reprenait son chemin vers le château. Cela lui avait semblé étrange d’avoir à nouveau à faire sa malle, mais cela avait semblé la meilleure façon de ranger toutes les affaires dont il avait besoin. Il n’y avait pas tant de choses, son balai, quelques vêtements et quelques livres. Hedwige s’étaient envolée d’elle-même vers l’école.

Il était conscient qu’il menait une vie simple, mais cela lui convenait.

Il y eut un pop sonore à côté de lui, et il fit volte-face les mains brandies. Les vieilles habitudes avaient la vie dure, et sa réaction face à une surprise était toujours de se préparer à un combat.

« Dobby ? » hasarda-t-il.

« Harry Potter, monsieur ! » s’exclama Dobby avec ravissement. « Dobby a entendu dire que Harry Potter allait travailler pour Beauxbâtons, alors Dobby  a changé d’école, pour s’assurer qu’on s’occupe bien de Harry Potter. »

Harry cligna des yeux.

« C’est bon de te revoir, Dobby. » confia-t-il.

C’était étrangement rassurant, et cela le mettait plus à l’aise vis-à-vis de toute cette histoire, de savoir que quelqu’un qu’il appréciait était dans les parages.

« Dobby va prendre soin de vos bagages. » continua Dobby et avec un autre pop, il disparut, laissant Harry seul.

« Je me demande s’il est venu par lui-même ou s’il a été envoyé par quelqu’un. » murmura Harry pour lui-même, avant de hausser les épaules et de sortir cette question de son esprit pour le moment.

Il poursuivit son chemin jusqu’aux portes du château, faisant bouger distraitement  son épaule à présent libre de plâtre, appréciant le sentiment de pouvoir la bouger à nouveau. Il se fit une note mentale de regarder de plus près à la fontaine plus tard.


 « Alors, es-tu prête ? » demanda Fleur en français.

« Nerveuse. » répondit Gabrielle. « Comment je suis ? »

« Sublime, bien sûr.» répondit Fleur avec un sourire. « Mais comment pourrais-tu être autre chose ? »

« Là n’est pas la question. » soupira Gabrielle. « Je suis sur le point de rencontrer l’homme que je vais épouser pour la première fois en huit ans ; ne suis-je pas autorisée à être un peu nerveuse ? »

« Ne t’inquiètes pas, tu vas très bien t’en sortir. Harry peut être un peu grognon, mais quoi qu’il arrive, il reste toujours  ce charmant et sensible garçon à l’intérieur. »

«  Comment es-tu parvenue à passer ta scolarité sans avoir été amoureuse de quelqu’un? » interrogea Gabrielle, soudainement curieuse. « Cela rend tout beaucoup plus facile pour moi ; j’ai quelque chose qui me soutient lors des changements que nous subissons. »

« C’était difficile. » admit Fleur avec un élégant haussement d’épaules. « Mais j’y suis parvenue en détournant l’attention de la plupart des personnes. C’était la seule chose qui rendait les choses plus faciles. Je détestais être plus adulte que tout le monde, alors je me comportais comme une enfant plus jeune. »

Gabrielle hocha la tête.

« On parle toujours de toi comme d’une légende pour ce qui est d’être difficile. Si tu n’étais pas si belle et charmante, ils t’auraient jetée dehors. »

« Je sais. » sourit Fleur avec satisfaction. « J’ai compté là-dessus. Mes pouvoirs de Vélane m’ont apporté plus de problèmes qu’autre chose. »

« Et tout ce temps Papa pensait que tu étais la petite fille modèle. »

« Je sais. » pouffa Fleur avant de se mettre à soupirer. « Je n’arrive pas à croire que ma petite sœur est liée à un sorcier. »

« Tu pourrais l’être aussi. » fit remarquer Gabrielle. « Laisses-toi juste aller avec William. » 

« J’y ai pensé. » confessa Fleur. « Mais ça m’effraie un peu. J’ai été libre pendant si longtemps que la pensée de me lier à un unique homme est effrayante. »

« Tu es avec lui depuis presque cinq ans maintenant. » dit Gabrielle.

« Je sais, et c’est merveilleux, et j’apprécie tous les moments que nous passons ensemble. » soupira Fleur.

« Alors fais-le, Fleur. »

« J’ai besoin de savoir s’il le veut vraiment. » répondit sa sœur d’une voix douce. « S’il me demande de l’épouser, je m’autoriserais à m’unir à lui. »

« Excellent. » applaudit Gabrielle. « A présent, je dois commencer à m’occuper du mien. »

« Tu sais que tu vas avoir ta tâche prémâchée pour toi ? »

« William a sept ans de plus que toi. » fit observer Gabrielle.

« Mais j’ai rencontré Bill quand j’avais dix-neuf ans. » répondit Fleur. « Et j’avais fini l’école. »

« Je n’ai pas ce luxe. » déclara Gabrielle avec un haussement d’épaules. « Et comme je ne souhaite pas particulièrement devenir folle, il m’est absolument nécessaire de bien faire les choses. »

« Es-tu certaine de ne pas juste tout lui révéler ? »

« Non. » statua Gabrielle, ne laissant place à aucune répartie. « Je ne veux pas d’un tigre encagé. Je veux qu’il soit libre de choisir. »

« C’est un gros pari. »

« Tout comme l’est la vie, de même que se réveiller le matin. Je peux tout gagner, ou je peux tout perdre. Mais si je gagne, cela en aura valu la peine. »

Fleur soupira et l’étreignit fermement.

« Bonne chance, mon petit ange. »

« Merci. » répondit Gabrielle, et elle se détendit dans les bras de sa sœur pendant quelques secondes. Quoi qu’il advienne, elle savait que Fleur serait toujours là pour elle.

Elle quitta l’étreinte de sa sœur, ramassa un porte-documents et redressa ses épaules. D’après ses recherches, Harry était attiré par l’intelligence et la confiance. Les deux femmes principales dans sa vie, Cho Chang et Hermione, avaient toutes deux été exceptionnellement intelligentes. Si elle n’était peut-être pas du niveau de Hermione, et elle était contente d’admettre que peu l’étaient, elle était au-dessus de Cho académiquement parlant. Pour ce qui était de la confiance…eh bien, elle y travaillait.

Les autres filles dans sa vie, n’avaient pas vraiment compté. Cela avait été terminé avec Ginny avant même que cela ait réellement commencé, d’après Fleur qui y avait prêté une attention accrue et qui lui avait fait un compte-rendu.

Elle jeta un coup d’œil à sa montre, sa sœur oubliée, et fronça les sourcils en réalisant qu’elle avait encore quelques minutes avant de le rencontrer.

Avec une efficacité consommée, elle balaya sa nervosité d’une profonde inspiration et repassa brièvement en revue certaines de ses notes. Il était rarement compliqué ; son mets préféré était la tarte à la mélasse. Sans véritable connaissance des arts culinaires, elle-même, cela n’avait pas été bien difficile de persuader Dobby de changer d’école et lui prêter main forte. Cela avait été un peu déloyal de sa part d’user de son charme de Vélane sur un elfe de maison, mais elle n’allait pas laisser ça l’arrêter. Il avait besoin d’un ami pour l’empêcher de se sentir nostalgique.

Bien sûr, c’était pour le cas où il éprouverait de la nostalgie. Ce n’était pas comme s’il avait un chez-soi. Les rapports qu’elle avait sur l’endroit où il vivait révélaient que c’était un modeste cottage qu’il utilisait plus comme une sorte de base que comme une maison. D’après ses notes, il n’y avait aucuns biens personnels dans sa chambre et seulement une photo de lui enseignant à l’A.D dans la pièce principale.

C’était comme s’il n’avait pas de réelles racines. C’était quelque chose qu’elle allait changer. Il était évident qu’il n’avait aucune idée de ce qu’était un chez-soi, et cela allait requérir quelqu’un pour lui montrer  comme en créer un.

Elle regarda de nouveau à sa montre, et fit apparaître un sourire poli sur son visage. Ce n’était pas son plan originel – qui était de lui sauter dessus et l’embrasser jusqu’à ce qu’il cède – mais elle se doutait qu’au moins celui qu’elle était sur le point d’utiliser ne se finirait pas par lui retournant en Angletterre en transplanant  plus vite qu’elle ne pouvait dire ‘Vif d’or’.

 


« Mr Potter, bienvenue à Beauxbâtons. »

« Je vous remercie, Madame Maxime. » répondit Harry en s’inclinant légèrement.

« Je vous en prie, appelez-moi Olympe, en tant que membre de mon personnel, je me dois d’insister. » insista l’imposante Directrice. « Et permettez-moi de complimenter votre accent - très Parisien. »

Harry sourit légèrement. « Merci, mais j’ai bien peur que tout le crédit doive être accordé à mon amie Hermione. Lorsqu’elle est décidée à faire quelque chose, comme enseigner le français, il est bien plus facile de la suivre, que de protester. A vrai dire, j’ai beaucoup apprécié apprendre une nouvelle langue. C’est à mon avis l’un des défauts du Monde Magique que de ne pas apprendre à nos enfants à parler une seconde langue. »

« Eh bien, Mr Potter. » dit Olympe en se mettant à marcher à ses côtés. « Je pense vraiment que nous allons nous entendre à merveille. »

« Nous le ferons. » répondit fermement Harry. « Si vous cessez de m’appeler Mr Potter et commencez à m’appeler Harry. »

La Directrice rejeta sa tête en arrière et éclata d’un rire retentissant.

« Je le ferai, Harry. C’est très aimable de votre part d’avoir accepté de passer une année avec nous. Je ne peux vous dire à quel point les étudiants sont enthousiasmés de recevoir leurs leçons de vol par un Champion du Monde. »

« J’espère juste être à la hauteur. Je n’ai jamais réellement enseigné auparavant. »

« Balivernes. » réprouva fermement Olympe. « J’ai un rapport complet de vos efforts avec l’A.D ; ils sont mondialement célèbres. Le niveau de compétences que vous avez réussi à leur inculquer est vraiment remarquable. »

Harry rougit légèrement. « C’était principalement mes amis, j’étais juste le meneur. »

« Et modeste en plus de ça, Harry. J’ai bien peur d’avoir plusieurs rapports indépendants, et vos deux amis ont pointé très fermement vos infatigables efforts à cette tâche. »

Harry haussa les épaules, ne sachant pas quoi dire à cela.

« Si vous voulez bien avancer par ici, » dit Olympe avec un geste montrant la voie, « nous allons nous rendre à mon bureau. »

« Certainement. » répondit distraitement Harry, alors qu’il contemplait les alentours. « Je ne savais pas à quoi m’attendre. »

Olympe se mit à rire en voyant l’expression de son visage. « Ce château a été construit avant la Révolution Française, et il nous a été donné en 1769. Evidemment il s’est vu améliorer par le Directeur à l’époque, Gaston Robert, qui passa les vingt années suivantes à implémenter la magie nécessaire pour en faire une école magique à part entière. Nous  quittâmes nos anciens locaux  pour y emménager à peu près trois semaines avant la Révolution, nous appropriant ainsi complètement des lieux. »

« La décoration est restée la même depuis ; c’est à présent autant un musée qu’une école et c’est l’un des plus bel exemples de l’œuvre de cet époque. Le Roi Louis XIV lui-même est venu visiter l’école quelques temps avant qu’elle ne soit achevée et s’est émerveillé de la pure magnificence des lieux. »

Harry hocha la tête.

« C’est stupéfiant. »

« Nous avions des artisans exceptionnels à cette époque. Des gens qui pouvaient littéralement peindre la magie ; hélas, cette compétence est tombée en désuétude, et tout ce à  quoi les gens aspirent de nos jours, c’est de jouer au Quidditch ou travailler au Ministère. »

« Hum, désolé ? »

Olympe cligna des yeux avant de le frapper amicalement à l’épaule. La force de la frappe lui rappela douloureusement qu’il traitait avec une demie-géante.

« Je ne parlais pas de vous, Harry. » dit-elle avec un sourire.

« Et pour être franche, je préférerais de loin que mes étudiants vous considèrent vous comme un héros, plutôt que ces incompétents dans notre Ministère. »

« Le Ministère Français n’est pas si mauvais que ça. » dit Harry avec un petit sourire tandis qu’il contemplait les élégants portrais accrochés le long du couloir qu’ils parcouraient.

« Vous n’avez pas vu combien de temps cela a pris pour les convaincre d’aider durant la guerre. Ils étaient convaincus que je déblatérais des absurdités sans fin sur le retour de Voldemort. Ce fut seulement lorsque Jean-Sébastien et certains politiciens de haut rang s’en mêlèrent qu’ils autorisèrent finalement à nos Aurors d’aider. »

Harry sourit légèrement et hocha la tête – il savait que les personnes du Ministère Français étaient loin d’être aussi mauvaises que leurs confrères Anglais. Ils poursuivirent dans un élégant couloir  tapissé, les résidents des tableaux suspendus aux murs les saluant sur leur passage.

Madame Maxime plaça sa main sur la poignée de la porte sur laquelle son nom était inscrit en caractères lumineux et l’ouvrit.

« Vous découvrirez qu’ici toutes les portes sont enchantées, si bien que les mots de passe ne sont pas requis. » expliqua-t-elle « Nous vous installerons dans très peu de temps. Vous jouirez du même accès que le reste du personnel. »

« Merci. » remercia Harry avec un sourire.

« Harry, » commença Olympe en s’asseyant derrière un immense bureau. Il était, en fait, plus grand que celui de Dumbledore. « J’ai bien peur d’avoir plusieurs réunions à Paris durant toute la semaine prochaine. Les bureaucrates tentent de nouveau de réduire mon budget, et j’ai besoin de leur rappeler à quel point ce serait une mauvaise idée. »

Harry hocha la tête, quelque peu surpris.

« Aussi, » continua-t-elle, « je me suis arrangée pour vous procurer un guide. »

« Oh, très bien. » répondit-il avec un haussement d’épaules. Au moins il aurait quelqu’un pour lui faire visiter l’école.

Il y eut un cognement à la porte.

« Entrez. » dit Olympe.

Harry se retourna, curieux de voir qui serait son guide.

La fille qui ouvrit la porte était peut-être la plus belle fille qu’il ait jamais vue de sa vie.

Ses longs cheveux blonds étaient élégamment frisés autour de son visage, et ils cascadaient en une douce vague jusqu’à ses épaules. Sa peau claire était dominée par les plus grands yeux azurs qu’il lui avait été donné de voir, qui reposaient au dessus d’un nez Français régalien et d’une bouche aux lèvres purpurines finement ciselées.

« Gabrielle ? » s’enquit Harry, la reconnaissant soudainement d’après les photographies que Fleur lui avait montré les années passées.

« Harry. » le salua-t-elle en lui souriant chaleureusement.

« Je me demandais si vous vous rappelleriez d’elle. » déclara Olympe avec un sourire.

« Comment pourrait-il oublier la fille dont il a sauvé la vie ? » demanda Gabrielle.

« Oh, je n’ai rien fait. » répondit Harry en haussant les épaules.    

« Je pense que vous découvrirez que si. » lui informa fermement la Directrice. « Nous devrons avoir une discussion sur l’estime que vous vous portez à vous-même un de ces jours. C’est bien beau d’être modeste, mais à un moment, un homme se doit d’être fier de ses accomplissements. »

« Quoi qu’il en soit, Gabrielle vous montrera vos quartiers, et sera votre guide pour les prochains jours. »

« Si tu veux bien venir par là, je te montrerai ta chambre tout d’abord, et ensuite je te ferai visiter l’école. »

Harry acquiesça.

« Vous verrai-je plus tard ? » demanda-t-il à la Directrice.

« Au dîner, oui. » répondit-elle avec un hochement de tête. « Je me rendrai à Paris demain matin. »

Harry opina et sortit du bureau après avoir incliné la tête en signe de respect. Il suivit Gabrielle à travers le couloir pour déboucher à nouveau sur l’entrée principale.

« Pourquoi es-tu à l’école pendant les vacances ? » interrogea Harry pendant qu’ils marchaient.

« Papa est occupé au Ministère. » expliqua-t-elle avec un élégant haussement d’épaules. « Mes parents prévoient d’avoir une seconde lune de miel alors il s’assure de mettre ses affaires en ordre. Fleur est trop occupée avec Bill pour surveiller sa mioche de sœur, alors j’ai décidé de prendre des cours supplémentaires et m’avancer sur mon programme scolaire. »

Harry hocha la tête et sourit.

« Ca ressemble à quelque chose qu’aurait fait Hermione. Cela ne te dérange pas de me faire visiter et interrompre ton travail ? »

« Pas du tout ; j’étais en avance de toute façon. Les quartiers des Professeurs sont au premier étage. » indiqua-t-elle en le conduisant vers l’un des deux escaliers en colimaçon qui dominaient l’immense salle.

« Les quartiers des Professeur à Poudlard étaient très mal dissimulés. » révéla Harry en la suivant.

« A cause des farces ? » interrogea Gabrielle. « L’héritage des Maraudeurs est célèbre même ici, sans mentionner les jumeaux Weasley. »

« Ce n’est pas vraiment ce à quoi je pensais. » dit Harry en éclatant de rire.

« Eh bien, il y a des champs magiques en place aux extrémités du couloir pour empêcher les étudiants d’entrer. »

« Ils ne t’empêchent pas toi. »

« Ahhh, mais je ne suis pas n’importe quel étudiant. Je sui Préfète-en-Chef. » sourit-elle.

« Je pensais que tu avais seulement seize ans, alors tu es dans ta sixième année ? »

« Je suis surprise que tu t’en souviennes. »

« Oh, je me souviens que tu avais huit ans durant le Tournoi. Ce n’est pas difficile de rajouter un autre huit à cela. »

Gabrielle eut l’ombre d’un sourire.

« En effet. Mais oui, j’ai toujours été un peu précoce, et  mes résultats parlaient pour moi. »

« Les septièmes années ne se sont pas plaints ? »

« Un peu, mais un soupçon de charme Vélane a arrangé les choses. »

« Ahhh. » fit Harry avec un hochement de tête de compréhension.

Gabrielle s’arrêta et se retourna pour le regarder dans les yeux.

« Est-ce vrai que tu es immunisé contre les pouvoirs des Vélanes ? »

Harry hocha brièvement la tête.

« Est-ce que ça te dérangerait si je les activais ? Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui n’est pas immédiatement envoûté. Cela serait extrêmement éducatif pour moi. »

Harry sourit légèrement. Il avait été sur le point de dire non, quand elle avait ajouté que c’était pour son éducation, et il pouvait voir en quoi.

« Vas-y. » l’invita-t-il.

« Pouvons-nous le faire à l’intérieur ? » proposa Gabrielle en indiquant la porte. « Je ne veux pas que quelqu’un d’autre soit touché. »

« Bon point. » approuva Harry, bien qu’il n’ait vu encore personne.

« La porte sera charmée avec ta signature magique quand tu l’ouvriras. » instruisit Gabrielle. « Alors touche simplement la poignée. »

Harry leva la main et saisit la poignée puis reporta son regard sur la jeune femme quand rien ne se produisit.

Elle fronça les sourcils, l’expression faciale magnifiant davantage sa beauté.

« C’est étrange. » dit-elle lentement. « C’est supposé reconnaître qui tu es. »

« Oh. » fit Harry, se sentant soudainement embarrassé. Il ferma ses yeux pendant une seconde et désactiva le champ suppresseur qu’il maintenait autour de lui. Il y eut un clic et la porte s’ouvrit, et il pénétra à l’intérieur de la pièce, permettant à Gabrielle de le suivre.

La pièce était probablement la pièce la plus singulièrement stupéfiante dans laquelle il lui  avait été donné de  mettre les pieds. Les murs étaient crème avec des immenses panneaux de même couleur et aux bordures noires. Devant une petite cheminée se trouvait une série de chaises crème et rouge à l’aspect antique, à gauche se trouvait un large bureau avec un fauteuil qui paraissait pour le moins assez inconfortable. Il poursuivit à droite et jeta un coup d’œil à sa chambre.

La chambre était d’une facture similaire, un bureau antique se tenait devant un large miroir ovale en or. Le lit lui-même était drapé de rouge écarlate et possédait quatre coussins jaunes. Le lit était flanqué de deux petits chevets avec des candélabres sur lesquelles des bougies éternelles brûlaient. Deux tabourets assortis se trouvaient au bas du lit.

Il se retourna et trouva Gabrielle assise tranquillement sur l’une des chaises devant le feu, et il décida qu’il explorerait plus en profondeur plus tard et s’assit à l’opposée d’elle. Il fut immédiatement heureux de se rendre compte que le fauteuil disposait d’un enchantement de cousinage, et il s’y enfonça avec joie.

« Puis-je demander pourquoi le sort de la porte n’a pas fonctionné sur toi ? » s’enquit Gabrielle. Elle tenait une plume dans sa main gauche et avait un bloc-notes juché sur ses genoux.

Harry la regarda pendant un moment, tentant de décider s’il devait lui dire ou pas.

« J’apprécierais si tu ne parlais à personne de ça. » il s’interrompit et fut légèrement surpris de voir que la plume semblait avoir disparu de sa main. « Je garde en permanence un enchantement de suppression  de magie de niveau modéré. » expliqua-t-il calmement. « Cela annule les effets de la plupart des appareils magiques et de nombreux enchantement et maléfices. »

« C’est ce qui t’a aidé à vaincre Voldemort. » statua Gabrielle avec excitation. « Je ne savais pas que c’était même possible. »

« Ca ne l’est pas, normalement. » sourit Harry. Il trouvait son enthousiasme contagieux, de même que sa soif d’apprendre. Cela lui rappelait un peu Hermione quand elle était plus jeune. « C’était un sort que Hermione, Ron, Padma Patil et quelques autres ont développé. La plupart des personnes ne disposent simplement pas du pouvoir nécessaire pour le maintenir. Cela rend le vol sur un balai plus difficile pour moi, car je dois inclure le balai dans le sort de sorte qu’il continue de voler. Cela ne me donne pas d’avantage par contre ; j’ai dû laisser les officiels de la Ligue m’examiner avant qu’ils ne m’autorisent à jouer avec. »

Gabrielle opina du chef.

« Comment maintiens-tu un sort de façon permanente ? Normalement, quand tu lances un sort permanent sur un objet externe, tu lui donnes assez de pouvoir pour que cela dure aussi longtemps que tu le désires, puis tu n’as plus besoin de t’en soucier. C’est un sort à usage unique. »

« Celui-ci fonctionne différemment. J’ai incrusté le sort dans le centre de mon pouvoir, de sorte que cela draine de manière permanente mon pouvoir, mais le pouvoir qu’il requiert pour fonctionner aide en fait à augmenter mon niveau de pouvoir. »

« Comment ? »

« C’est comme un entraînement d’endurance. »

« Ahhh. » l’interrompit Gabrielle en frappant des mains avec ravissement. « Donc ta magie a l’habitude de maintenir le sort, et a augmenté pour être capable de le supporter, et si tu le désactives, tu as plus de magie à ta disposition. »

« C’est à peu près ça. » approuva Harry. « Ainsi, je l’ai désactivé pendant quelques secondes et laissé le sort de la porte fonctionner. Cela veut dire que je devrai être plus attentif pour me rappeler de faire ça. »

« Je me demande si tu peux enchanter une carte pour faire office d’identification pour toi. » songea Gabrielle. « Comme une espèce de clé. »

« Bonne idée. » apprécia Harry, un peu impressionné.

Elle lui sourit, et sa plume réapparut dans sa main.

« Alors puis-je activer mes pouvoirs de Vélane ? » 

« Vas-y. »

Il se mit à l’aise dans son fauteuil, et la regarda d’un air songeur. La dernière fois que Fleur l’avait essayé sur lui, cela l’avait légèrement irrité, tout particulièrement parce que Bill avait été dans la pièce.    

Alors qu’il la regardait, il abaissa ses boucliers d’Occlumancie. Il voulait voir ce que ça faisait d’être frappé par elle. La première chose qu’il remarqua fut que ses yeux semblaient s’agrandir, qu’il pouvait voir au plus profond de son âme, et que tout ce qu’elle souhaitait, tout ce qu’elle voulait, tout ce qu’elle désirait, c’était lui. C’était comme si le reste de la pièce disparaissait alors que tout se concentrait sur elle. Ses cheveux semblaient se mouvoir légèrement, comme s’ils étaient pris dans une légère brise.

Il sentit le pouvoir de la Vélane s’augmenter et s’intensifier, et il éleva ses boucliers en conséquence, avant de les remettre fermement en place. La bataille psychologique avec Voldemort l’avait laissé avec plus d’une cicatrice mentale et un bouclier impénétrable. Il avait été possédé et attaqué pendant plusieurs années, et il avait appris à la dure à quoi cela ressemblait. Pas même Albus ne pouvait lui arracher quoi que ce soit à présent.

Il observa Gabrielle le visage impénétrable et réalisa que son aspect n’était que quelque peu magnifié par le pouvoir – l’ondulation de ses  cheveux et l’agrandissement des yeux, mais la vaste quantité de son effet était mentale.

Elle s’arrêta et se rassit, respirant difficilement. Elle le regarda pensivement.

« C’était comme me jeter contre les murs du château. » dit-elle d’une voix douce.

Harry hocha doucement la tête.

« C’était intéressant à observer. »

Gabrielle nota quelques mots sur son bloc-notes et sourit.

« Aimerais-tu une heure pour te détendre et t’installer avant que nous commencions la visite ? »

Harry réfléchit pendant une seconde puis acquiesça.

« Oui s’il-te-plaît. »

Gabrielle se leva et marcha en direction de la porte, avant de s’arrêter et se retourner légèrement, le regardant par-dessus son épaule.

« C’est bon de te revoir. » dit-elle en rougissant un peu et en lui souriant.

Il lui sourit.

« C’est bon de voir un visage amical. »

Elle hocha la tête et sortit de la pièce.

Harry regarda lentement autour de lui, et secoua sa tête. La pièce était plus magnifique que tout ce qu’il avait vu jusque lors, reléguant même le Manoir Malefoy au rang de bicoque. C’était  bien loin de son petit bungalow de la région du Lac.


Gabrielle s’effondra dans un fauteuil et fixa du regard le plafond.

« Alors ? » interrogea Fleur avec excitation. « Comment ça s’est passé ? »

Gabrielle secoua sa tête avec épuisement.

« Quelle quantité de pouvoir as-tu utilisé quand tu as essayé de l’envoûter ? »

« Pas beaucoup – je ne voulais pas prendre Bill aussi. Je me suis concentrée sur lui et ai essayé de le faire réagir. »

Gabrielle hocha la tête.

« Je viens juste d’utiliser toute ma puissance sur lui. »

« Gabrielle ! » hurla Fleur. « Tu sais que tu ne devrais pas faire ça. »

« J’avais sa permission. » répondit avec lassitude la jeune fille. « Et je voulais voir ce que ça faisait de se laisser réellement aller. C’était tout ce que je pouvais faire sans finir par me transformer. C’était comme attaquer du métal brut – il n’y avait pas de fissures, rien par lequel j’aurais pu m’immiscer. C’en était presque douloureux. Je n’ai jamais vu quelque de si puissant, pas même le Professeur Dumbledore. »

« Est-ce que ça t’effraie ? »

« Non. » sourit lentement Gabrielle. « Est-ce que tu sais ce que ça veut dire ? »

« Quoi ? »

« Je peux avoir une vie normale. » sourit Gabrielle. « Je peux me laisser aller avec lui sans me soucier d’éventuels accidents. »

Fleur fut silencieuse pendant quelques instants.

« Je crois que je suis un peu jalouse. » dit-elle doucement.

« Peut-être que Harry pourrait aider et enseigner à William ? »

Fleur sourit faiblement.

« Ca aiderait, mais Bill est juste un sorcier normal. »

Gabrielle opina.

« Et Harry n’est certainement pas ça. J’ai eu un prime exemple aujourd’hui d’à quel point il est extraordinaire »

« Oh ? »

« Désolée, j’ai promis de ne le dire à personne. »

« Je ne suis pas personne ; je suis ta grande sœur. »

Gabrielle balaya son assertion avec désinvolture.

« Alors sois une gentille sœur et donne-moi à boire. Je vais lui faire visiter l’école dans une heure, puis le ramènerai pour le dîner. »

« Son premier repas Français. » sourit Fleur, en se dirigeant vers le buffet et en emplissant un verre de jus d’orange pour sa sœur. « Ce sera un choc culturel pour lui de voir comment les vrais gens se nourrissent. »

« Harry fait parti des ‘vrais gens’. » soupira Gabrielle.

« Je sais, je sais, je plaisante seulement. » répondit Fleur défensivement. « Et pourquoi ne me dirais-tu pas ce que tu voulais dire tout à l’heure ? »

« Parce que je lui ai donné ma parole, et j’ai besoin que Harry me fasse confiance. Et cela ne risquera pas d’être le cas si je dévoile ses secrets à tout va. »

Fleur sourit lentement et hocha la tête.

« Il t’a parlé du champ de suppression. Je suis heureuse qu’il l’ait fait. Cela veut dire qu’il te considère comme une amie, et il n’en a pas beaucoup. »

« Tu es au courant ? »

« Je suis avec Bill ; Harry lui a donné la permission de me le dire. Bill m’a fait jurer le secret avant de me le révéler, mais cela expliquait beaucoup de choses. Comme par exemple pourquoi nous devons utiliser des hiboux spéciaux pour lui envoyer du courrier, étant donné que les normaux n’arrivent pas à le trouver, ceux-là sont entraînés pour trouver sa maison. »

Gabrielle hocha la tête et sourit. Elle se retourna vers sa sœur et d’un coup de pied efficace enleva ses chaussures avant de replier ses jambes contre elle. « Tu as oublié de mentionner qu’il est encore plus beau en personne qu’il l’est sur les photos. »

« Vraiment ? » demanda Fleur avec un sourire espiègle. « Maintenant que tu me le dis… »

« Ce n’était pas juste. » se plaignit Gabrielle en faisant une adorable moue. « Cela a faussé toutes mes recherches et quand je suis entrée, j’en étais presque pétrifiée. »

« La recherche n’est pas tout, mon petit ange. Tu ne peux pas rechercher ton chemin vers son cœur. Tu dois ressentir les choses. »

« Mais je les ressens. » protesta Gabrielle. « Mais si je cède à mes sentiments, je l’effrayerai si bien qu’il me fuira. Je dois approcher ça scientifiquement. »

« Je pense que tu te sous-estimes. »

« Ce n’étais pas toi qui étais assise dans ses quartiers, usant de tous tes pouvoirs, et sentant ses yeux plonger au plus profond de toi, jusqu’à ce que tu réalises qu’il a un pouvoir sur toi que tu n’as pas sur lui. Je suis vulnérable face à lui, et ce n’est pas quelque chose dont j’ai l’habitude. C’est une chose que je n’aurai jamais pensé ressentir. Bien sûr tu prévois de te lier à Bill, mais tu ne comprendras jamais ce que c’est que d’être sans défense devant un homme. Aucune Vélane n’a jamais eu à éprouver ce genre de choses auparavant. En plus de ça, je n’ai pas le choix, je l’ai ou je perds l’esprit.

« Et avec ça, je suis consciente qu’à chaque seconde, je pourrais lui dire la vérité, et je pourrais l’avoir. Je pourrais dormir avec lui demain même et être sauve. Et je sais que si je fais ça je tuerais une partie de lui.

« Il a tout sacrifié jusque-là dans sa vie. Il se sent comme un reclus dans son propre pays, sa famille est morte, il a exactement deux amis proches, et un cercle de bons amis un peu plus large, et il ne peut même plus pratiquer la chose qui le passionne. »

Elle s’interrompit, des larmes aux yeux, sa poitrine se soulevant difficilement.

« Alors s’il-te-plaît ma fleur de cour chérie. » souffla-t-elle. « Ne me dis pas que je me sous-estimes. Je sais exactement ce que je dois faire, et comment je dois le faire. »

Un moment plus tard, Gabrielle se retrouvait de nouveau dans les bras de sa sœur, et elle laissa les larmes couler le long de ses joues.


 

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